Le Mouvement Montréal français interpelle les partis politiques



    MONTREAL, le 23 mars /CNW Telbec/ - Plusieurs intervenants, notamment
l'Union des Artistes, ont souligné que la culture a été largement absente du
débat électoral. Le Mouvement Montréal français constate quant à lui que la
question de la langue française est elle aussi presque complètement évacuée de
ce débat.
    Aucun des trois partis les plus susceptibles d'élire un grand nombre de
députés n'a jusqu'à maintenant pris d'engagement spécifique pour renforcer le
français dans les milieux de travail. Pourtant, le dernier recensement de
Statistique Canada a démontré que le français n'est toujours pas la langue
commune des milieux de travail linguistiquement mixtes. Moins de la moitié des
Québécois allophones travaillent le plus souvent en français.
    Il est essentiel que les entreprises de moins de 50 employés fassent
l'objet d'un processus de certification de l'Office québécois de la langue
française. Les entreprises de 10 à 49 employés regroupent le tiers de la
main-d'oeuvre au Québec, et une forte proportion de nouveaux arrivants dans la
région de Montréal.
    Dans les grandes entreprises, l'attribution des certificats de
francisation permet d'établir des conditions favorables, mais elle n'assure
pas la généralisation de l'usage du français, notamment dans les
communications orales. Ce sont les comités de francisation qui ont le rôle de
maintenir ces conditions et de s'assurer que le français est véritablement la
langue de travail dans l'entreprise. Il est donc crucial de revitaliser ces
comités car toutes les études montrent qu'une très faible proportion de ces
comités de francisation sont actifs et efficaces.
    Il faut également modifier les mécanismes de recours en cas d'exigence
injustifiée de bilinguismes dans les offres d'emploi. Les recours actuels sont
inopérants, notamment parce qu'un travailleur qui porte plainte se place dans
une situation fort délicate par rapport à son employeur ou futur employeur.
    Une amélioration du processus de francisation des entreprises ne peut
donner de résultats que si les travailleurs ont une bonne maîtrise de la
langue. A cet égard, les plateformes électorales de l'Action démocratique du
Québec, de Québec Solidaire et du Parti Québécois mentionnent vouloir
effectuer des améliorations aux services de francisation des nouveaux
arrivants, mais sans chiffrer ces engagements. Bien que le dernier budget
prévoie de nouvelles ressources pour les services de francisation, les
Libéraux ne se sont pas engagés à abolir les coupures qu'ils ont faites dans
les allocations pour la francisation des nouveaux arrivants! Ils proposent de
faire une campagne de promotion de la qualité du français auprès de ceux-ci.
Dans le contexte ou la croissance de la population dépend de plus en plus de
l'immigration, il est vital d'investir et de faire de la francisation un droit
fondamental.
    En outre, il est difficile d'inciter les entreprises à utiliser le
français comme langue commune au Québec si le gouvernement et ses organismes
ne le font pas eux-mêmes. Or, particulièrement à Montréal, tous les services
publics sont bilingues. "For English, press nine" nous disent d'entrée de jeu
les répondeurs du gouvernement. Cela contrevient pourtant à la Politique
linguistique gouvernementale qui, à l'article 3, mentionne que
"l'Administration favorise l'unilinguisme français dans ses activités afin de
refléter le fait que le français est à la fois la langue officielle et la
langue normale et habituelle de la vie publique". Même le Directeur général
des élections du Québec déroge actuellement à l'article 9 de cette politique
qui précise que "seule la version française d'un document d'information fait
l'objet d'une diffusion par envoi anonyme ou par publipostage.", tel que l'a
soulevé Impératif français.
    Si les partis politiques québécois n'ont pas même la volonté politique
d'appliquer rigoureusement ce qui reste de la loi 101, il est inquiétant de
s'imaginer jusqu'où ils iront pour acheter la paix linguistique.




Renseignements :

Renseignements: Patrick Sabourin, Communications, Mouvement Montréal
français, (514) 839-4140

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Mouvement Montréal français

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