Le gouvernement du Québec donne son appui conditionnel à la réouverture d'une mine d'amiante

La Société canadienne du cancer exhorte le gouvernement à revoir sa position

TORONTO, le 14 avril /CNW/ - La Société canadienne du cancer est profondément déçue par le fait que le ministre du Développement économique du Québec, Clément Gignac, ait annoncé hier un appui conditionnel à un projet susceptible d'entraîner la réouverture de la mine Jeffrey dans la ville d'Asbestos.

« Du point de vue de la santé publique, le gouvernement du Québec a pris la mauvaise décision, car toutes les formes d'amiante causent le cancer », souligne Paul Lapierre, vice-président des affaires publiques et de la lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. « Nous exhortons le ministre Clément Gignac à revoir sa position et à retirer cet appui. »

Selon des rapports des médias, le gouvernement du Québec a donné son accord de principe à la réouverture de la mine d'amiante Jeffrey. L'offre est conditionnelle à l'obtention d'un financement de 25 M$ d'un consortium d'investisseurs d'ici le 1er juillet. Le consortium, constitué de Balcorp Ltd. et associés, attendait que le gouvernement annonce s'il allait accorder une garantie de prêt de 58 M$ pour accroître les activités de la mine Jeffrey ce qui, selon lui, est essentiel à la relance de la mine. Le ministre Clément Gignac a dit que son annonce confirmait que le gouvernement du Québec continuera de soutenir l'industrie de l'amiante chrysotile.

Parmi les autres conditions se rattachant à l'appui conditionnel du gouvernement du Québec, mentionnons la contribution de 1,5 M$ par année pendant cinq ans de Balcorp Ltd., à partir de 2015, aux fins de diversification économique dans la région, plus le financement d'inspections annuelles des clients qui achètent de l'amiante de la mine Jeffrey pour s'assurer qu'ils respectent les mêmes normes sanitaires que celles du Québec.

La Société a prié le premier ministre Jean Charest de ne pas approuver la garantie de prêt de 58 M$ pour la mine Jeffrey. À l'échelle mondiale, environ 107 000 personnes meurent chaque année de maladies liées à l'exposition professionnelle à l'amiante. D'autres organisations sanitaires ont uni leurs voix à celle de la Société - notamment les directions régionales de santé publique du Québec et l'Association médicale canadienne - afin d'exhorter le gouvernement du Québec de ne pas appuyer la mine.

« Cette décision est en contradiction directe avec la lutte mondiale contre le cancer. L'épidémie de cancers liés à l'amiante, tant au Canada que dans le reste du monde, continuera de s'étendre », prévient M. Lapierre.

Bien que la Société soit déçue par l'annonce de l'appui conditionnel, M. Lapierre affirme que l'organisation est plus déterminée que jamais à poursuivre son travail dans ce dossier. « Nous n'allons pas baisser les bras. Nous savons que la population canadienne et les citoyens d'autres pays comptent sur nous pour protéger leur santé. Nous ne les laisserons pas tomber. »

La Société canadienne du cancer fait pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il prenne davantage de mesures contre l'amiante et s'est dite préoccupée par le fait que le gouvernement continue d'appuyer l'industrie de l'amiante au Canada.

La Société canadienne du cancer croit qu'on ne doit ménager aucun effort pour éliminer l'exposition à l'amiante et les maladies associées à l'amiante. La Société exhorte le gouvernement féd��ral à adopter une stratégie globale couvrant tous les aspects de la question de l'amiante, notamment en :

  • établissant immédiatement un calendrier ferme pour l'élimination progressive de l'utilisation et de l'exportation de l'amiante;
  • mettant sur pied un système national de surveillance pour faire le suivi de l'état de santé des personnes déjà exposées à l'amiante;
  • constituant un registre public des immeubles contenant de l'amiante;
  • fournissant un soutien de transition aux collectivités visées;
  • inscrivant l'amiante chrysotile sur la liste des produits chimiques soumis à la procédure de consentement préalable en connaissance de cause de la Convention de Rotterdam.

La Société canadienne du cancer combat cette maladie en faisant tout ce qu'elle peut pour prévenir le cancer, sauver des vies et soutenir les personnes qui en sont atteintes. Joignez le combat! Rendez-vous à combatpourlavie.ca pour découvrir comment vous pouvez aider. Pour en savoir plus sur le cancer, veuillez consulter notre site Web à l'adresse www.cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1-888-939-3333.

SOURCE Société canadienne du cancer (Bureau National)

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