Le gouvernement Charest alloue un demi-milliard aux infrastructures carcérales - L'Association des services de réhabilitation sociale doute que ce soit la meilleure solution



    MONTREAL, le 7 fév. /CNW Telbec/ - Dans le but de remédier à la
surpopulation qui affecte les établissements de détention de la province, le
gouvernement Charest vient d'annoncer un investissement de 567 millions $. Ce
montant servira à construire quatre nouvelles prisons à Roberval, à Sept-Iles,
à Amos et en Montérégie, de même qu'à rénover les établissements de Montréal,
Québec et Sherbrooke. L'Association des services de réhabilitation sociale du
Québec (ASRSQ), si elle reconnaît la vétusté de certains établissements et un
important besoin de rénovations, considère toutefois que l'augmentation du
nombre de cellules n'est pas la meilleure façon de régler le problème de la
surpopulation. Au contraire, investir dans les infrastructures plutôt que dans
les programmes et les activités de réinsertion sociale pourrait même
compromettre la sécurité du public. D'ailleurs, il est étonnant que le
ministère de la Sécurité publique refuse de fournir certaines études sur
lesquelles il s'est basé pour arriver à la conclusion que davantage de
cellules étaient nécessaires. De plus, l'ASRSQ considère que de privilégier un
investissement dans les infrastructures plutôt que dans les activités de
réinsertion sociale pourrait même compromettre la sécurité du public.

    Surpopulation carcérale

    Depuis plusieurs années, les établissements de détention provinciaux sont
aux prises avec un important problème de surpopulation. C'est pour y remédier
que le gouvernement a annoncé ce matin un investissement majeur. Ce qui
étonne, toutefois, c'est le refus du ministère de la Sécurité publique à
fournir les données sur lesquelles il s'est basé pour arriver à la conclusion
que davantage de cellules étaient nécessaires.
    Selon l'ASRSQ - qui a déjà réuni un comité d'experts sur la question de
la capacité carcérale - deux facteurs expliquent le phénomène de surpopulation
: la surreprésentation des prévenus et la diminution drastique des remises en
liberté. L'an dernier, sur les 3556 places existantes, 1718 personnes étaient
en attente de leur procès, soit 48%. Entre 2000-2001 et 2005-2006, le nombre
de personnes en détention provisoire a augmenté de 34,5%. Il est dommage
qu'aucune réflexion n'ait lieu sur la problématique des prévenus. Nous croyons
qu'il existe des façons de désengorger les prisons à un moindre coût.
D'ailleurs, il importe de souligner que les ressources communautaires
pourraient être mieux utilisées. De plus, laisser certains prévenus non
dangereux en communauté leur permettrait de poursuivre des études ou conserver
un emploi et d'assumer leurs responsabilités vis-à-vis leurs familles.

    De moins en moins de sorties

    Malgré une diminution des admissions, la population carcérale moyenne
quotidienne a continué d'augmenter depuis une dizaine d'années. De plus, le
temps passé en incarcération est de plus en plus long, même s'il a été
plusieurs fois prouvé que cette pratique n'est bénéfique pour personne. En
2005-2006, les absences temporaires ont chuté de 69%, passant de 1069 à 317.
Il serait surprenant que les détenus soient plus dangereux qu'ils ne l'étaient
avant! Cette pratique nous amène d'ailleurs à questionner les pratiques
d'intervention en vigueur au sein des services correctionnels.
    Fait important, au Québec la criminalité est en baisse constante depuis
dix ans. Par ailleurs, la nouvelle Loi sur le système correctionnel du Québec
vise à assurer une meilleure protection du public par un resserrement des
critères d'admissibilité aux programmes de remise en liberté. Avec la mise en
vigueur de cette loi, les services correctionnels ont la responsabilité
d'évaluer la clientèle et de leur fournir un encadrement adapté à leurs
besoins, ce qui nous fait croire qu'on devrait voir bientôt une diminution des
besoins d'incarcération.

    Investir dans le béton

    Les mesures prises par le gouvernement Charest soulèvent plusieurs
interrogations. Malgré le fait qu'il est indéniable que les établissements
aient besoin de rénovations, investir une telle somme dans des infrastructures
plutôt que dans la prévention de la criminalité, ses problématiques
sous-jacentes et des mesures d'intervention visant la réinsertion sociale ne
s'avère pas une décision éclairée. Les 338 places additionnelles qui seront
disponibles amèneront des coûts importants. Sachant qu'un détenu coûte 160$
par jour à l'Etat, c'est presque 20 millions $ qui seront nécessaires chaque
année. La durée moyenne d'incarcération au provincial est d'environ un mois
alors que la peine maximale, de deux ans moins un jour. Tous ceux qui sont
détenus dans ces établissements seront donc, tôt ou tard, remis en liberté,
d'où l'importance d'axer les interventions sur la réinsertion sociale. Est-il
vraiment nécessaire de miser sur l'incarcération alors que d'autres solutions
existent et que la criminalité diminue sans cesse?

    Une prison pour délinquants sexuels

    11 millions de dollars seront consacrés à un établissement de détention
pour délinquants sexuels. L'endroit n'a pas encore été annoncé : tout porte
cependant à croire que la prison de Percé sera choisie, ce qui nous préoccupe
grandement. L'ASRSQ tient toutefois à saluer l'initiative de mettre (enfin!)
sur pied des programmes destinés aux délinquants sexuels. Par contre, il sera
important d'assurer une continuité en réinsertion sociale une fois la thérapie
terminée.

    A propos de l'ASRSQ

    L'ASRSQ regroupe 55 organismes communautaires à but non lucratif oeuvrant
auprès de personnes ayant des démêlés avec la justice. Parmi ces organismes
travaillant à la promotion de la prévention du crime par le développement
social, on retrouve des maisons de transition, des services d'employabilité,
des organismes de surveillance communautaire, des services spécialisés en
délinquance sexuelle, en santé mentale et en toxicomanie, des programmes de
travaux compensatoires, etc. L'ASRSQ supporte et encourage la participation
des citoyens dans la prise en charge des problèmes reliés à la justice.
    Pour plus d'informations sur l'ASRSQ, visitez notre site internet :
www.asrsq.ca




Renseignements :

Renseignements: Jennifer Cartwright, Agente aux programmes et aux
communications, ASRSQ, (514) 521-3733

Profil de l'entreprise

ASSOCIATION DES SERVICES DE REHABILITATION SOCIALE DU QUEBEC

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