Le dossier du Canada sur les droits des Autochtones mis en cause au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies



    OTTAWA, le 4 févr. /CNW Telbec/ - La communauté internationale a envoyé
un message fort disant que le Canada doit faire davantage pour défendre les
droits de la personne des populations autochtones.
    Le 3 février, dans le cadre du nouveau processus d'Examen périodique
universel (EPU), le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a examiné
le dossier du Canada relativement aux droits de la personne.
    Sur les 45 Etats dont les représentants ont pris la parole pendant la
séance de trois heures, 30 ont soulevé des questions à propos des droits des
peuples autochtones. Certaines des recommandations les plus vigoureuses sont
venues de pays qui ont traditionnellement joint leur voix à celle du Canada en
matière de promotion des droits de la personne.
    Le Royaume-Uni, par exemple, a recommandé que le Canada accorde "la plus
grande priorité" à la résolution des "inégalités fondamentales" qui existent
entre les populations autochtones et non autochtones, y compris "en réglant
les revendications territoriales et en conciliant gouvernance et autonomie."
    Les gouvernements de la Norvège et du Danemark ont exhorté le Canada à
réexaminer son opposition à la Déclaration des Nations Unies sur les droits
des peuples autochtones de 2007. Le représentant norvégien a déclaré : "Nous
estimons que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples
autochtones est unique en tant que cadre de travail universel pour améliorer
l'exercice des droits existants des peuples autochtones dans tous les pays du
monde."
    Le gouvernement de la Norvège a également demandé "des rapports et des
analyses statistiques détaillés sur l'ampleur et la nature de la violence à
l'endroit des femmes autochtones afin qu'une stratégie nationale puisse être
mise sur pied en consultation avec des représentants de la population
autochtone en vue de réagir à la gravité de ce problème."
    La Suisse a exprimé sa préoccupation sur la lenteur des procédures quant
à la résolution des revendications territoriales des Autochtones et sur les
concessions exigées par le gouvernement comme conditions au règlement des
réclamations. Elle a exhorté le Canada à "redoubler d'efforts" pour résoudre
les litiges territoriaux et améliorer les mécanismes pour y arriver.
    Le Canada a également été mis en cause au sujet des droits des
populations autochtones par des Etats avec lesquels il a des liens économiques
étroits. Le gouvernement des Philippines a posé cette question : "Existe-t-il
une législation spécifique couvrant les activités minières sur des territoires
revendiqués par des communautés autochtones ? A ce sujet, quels sont les
mécanismes en place pour résoudre les litiges possibles entre des sociétés
privées, le gouvernement local, le gouvernement fédéral et les communautés
autochtones?"
    Faute de temps, vingt-trois Etats n'ont pu faire entendre leur voix. Ils
ont soumis des questions et des recommandations par écrit. C'est ainsi que la
Zambie a recommandé que le Canada "s'emploie à revoir sa position à l'égard de
la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, en
accord avec les principes de la coopération internationale et de la protection
du système international des droits de la personne dans son ensemble."
    Le Canada a omis de consulter les organisations des peuples autochtones
et les groupes locaux de défense des droits de la personne avant de soumettre
son rapport au Conseil des droits de l'homme. Il est recommandé d'effectuer
ces consultations dans le cadre du processus d'EPU. Malheureusement, il n'a
pas été dit clairement dans le rapport du Canada ou à la séance d'hier que le
Canada avait omis de tenir ces consultations, ce qui a conduit certains Etats
à féliciter le Canada pour les avoir tenues.
    "Le gouvernement collabore avec les communautés autochtones pour se
mettre d'accord sur les priorités", a déclaré John Sims, sous-ministre de la
Justice, au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. "Les difficultés
sont énormes. Les enjeux auxquels nous faisons face sont de grande ampleur et
nombre d'entre eux sont techniquement très complexes, mais nous progressons
sur plusieurs fronts : l'éducation, l'entrepreneuriat, le développement
économique, les revendications territoriales, l'eau potable et beaucoup
d'autres." Les organismes des peuples autochtones et les groupes de défense
des droits de la personne demandent au Canada de prendre au sérieux les
recommandations de l'EPU et de s'engager de manière constructive avec les
peuples autochtones et la société civile pour assurer leur mise en oeuvre.
    Le rapport du groupe de travail EPU du Conseil sera publié le jeudi 5
février. Le gouvernement du Canada aura jusqu'en juin pour y répondre.
    Il est possible d'écouter des enregistrements vidéo de la séance et de
consulter les documents s'y rapportant sur :
    http://www.un.org/webcast/unhrc/archive.asp?go=090203.




Renseignements :

Renseignements: Assemblée des Premières Nations: Don Kelly,
Communications, (613) 241-6789, poste 334, dkelly@afn.ca; Gina Cosentino,
Relations avec le gouvernement et affaires internationales, Bureau du Chef
national, (613) 241-6789, poste 356, gcosentino@afn.ca; Amnistie
internationale Canada: Beth Berton-Hunter, Responsable des relations avec les
médias, Amnistie internationale Canada, (416) 363-9933, poste 32, (416)
904-7158 (cell.); Canadian Friends Service Committee: Jennifer Preston, (416)
920-5213; Inuit Tapiriit Kanatami: Stephen Hendrie, Directeur des
communications, (613) 277-3178, (cell.), hendrie@itk.ca; Inuit Circumpolar
Council (Canada): Corinne Gray, (613) 563-2642; KAIROS: Initiatives
canadiennes oecuméniques pour la justice: Ed Bianchi, Coordonnateur du
programme Droits des Autochtones, (613) 235-9956; Association des femmes
autochtones du Canada: Celeste McKay, (613) 858-7070 (cell.); Femmes
autochtones du Québec: Ellen Gabriel, (450) 632-0088, poste 228


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