Le comité des plaintes et de l'éthique de l'information rend sept décisions, la commission d'appel accueille un appel et maintient trois décisions



    MONTREAL, le 11 juill. /CNW Telbec/ - Lors de sa dernière réunion, le
comité des plaintes et de l'éthique de l'information (CPEI) du Conseil de
presse du Québec a rendu sept décisions. Une plainte a été retenue, deux
autres ont été retenues partiellement et quatre ont été rejetées. Ces
décisions sont toutes susceptibles d'être portées en appel dans les 30 jours
de leur réception par les parties.

    D2007-12-032 L'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement
    du Québec (APIGQ) c. André Pratte, éditorialiste en chef, et le quotidien
    La Presse

    L'APIGQ contestait la décision du quotidien La Presse, refusant de
publier sa réplique à l'éditorial de M. Pratte intitulé "40 ans de
négligence", paru le 19 octobre 2007, en marge du dépôt du rapport de la
Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde. Selon le plaignant,
l'éditorial en cause était inexact, imprécis et empreint d'un parti pris. De
plus, il entretiendrait des préjugés envers les employés syndiqués et
prêterait de fausses intentions à l'APIGQ.
    Le Conseil a d'abord examiné les griefs en regard de la précision et de
la partialité. Il a observé que les deux parties n'accordent pas la même
crédibilité aux éléments de conclusion de la Commission et n'en dégageaient
pas la même opinion. Par ailleurs, la version du plaignant contenait des
informations qui auraient pu être considérées comme pertinentes et qui
auraient sans doute pu apporter un éclairage supplémentaire à l'éditorial. La
déontologie du Conseil stipule cependant que le contenu des éditoriaux relève
de la discrétion de l'éditeur, qui est libre d'établir la politique du média
en ces matières et d'exclure les points de vue qui s'écartent de celle-ci,
sans qu'une telle exclusion puisse être considérée comme privant le public de
l'information à laquelle il a droit. Comme le plaignant n'a pas fait la
démonstration que l'absence de ces informations complémentaires portait
atteinte à l'exactitude et à l'impartialité de l'information, ce grief a été
rejeté.
    Le Conseil a aussi rejeté le grief de parti pris, en tenant compte non
seulement de la liberté reconnue aux éditorialistes, mais également du fait
que le quotidien La Presse avait publié, le même jour, un article
d'information donnant à plusieurs reprises la parole au plaignant.
    Le grief suivant voulait que l'éditorial en cause entretienne des
préjugés à l'égard des employés syndiqués et prête de fausses intentions à
l'APIGQ. L'analyse a permis d'établir que l'APIGQ est directement visée à
plusieurs endroits dans l'éditorial. Toutefois, le Conseil a pris en compte
plusieurs autres facteurs : que ce groupe n'était pas le seul à être visé par
les remarques de la Commission; que les jugements exprimés à l'endroit de
l'APIGQ ne sont pas ceux de M. Pratte, mais ceux de la Commission; que si
l'image de l'APIGQ a été entachée, ce ne serait pas du fait de leur mention
dans le quotidien, mais à cause de leur publication dans le rapport de la
Commission; et enfin, le fait que le plaignant ne précise pas où sont, dans le
texte, les "préjugés" et les "fausses intentions" qu'il dénonce, ce grief a
été rejeté.
    Le Conseil a rejeté la plainte de l'Association professionnelle des
ingénieurs du gouvernement du Québec et de son président, M. Michel Gagnon,
contre M. André Pratte et le quotidien La Presse.

    D2008-01-034 Haydar Moussa c. Richard Martineau, journaliste, et la
    société Canoe Inc. "Canoe"

    M. Moussa portait plainte pour des propos discriminatoires et
diffamatoires tenus à son endroit sur le blogue du journaliste Richard
Martineau, publié sur Canoe, le 13 septembre 2007, sous le titre "A bas les
partys de Noel". De plus, il déplorait le manque de contrôle ou de supervision
des propos provenant d'autres internautes.
    Au premier grief, le plaignant se disait traumatisé par les propos d'un
blogueur, qui le traitait notamment de "chameau". De son côté, Canoe précisait
qu'il a traité la plainte dès sa réception et que le commentaire a été retiré,
et rappelait que les propos n'étaient tenus ni par le journaliste ou par
Canoe, mais par un internaute sur lequel ils n'avaient pas de contrôle
immédiat. Bien que le Conseil reconnaisse que certains mots utilisés par les
internautes pouvaient être considérés comme de mauvais goût, il constate que
Canoe a rectifié son erreur, en retirant les propos dénoncés. Le grief a été
rejeté.
    Au deuxième grief, le plaignant reprochait le manque de contrôle ou de
supervision des blogues. A cet égard, Canoe mentionnait qu'il était difficile
d'exercer ce genre de contrôle et qu'il était impossible de vérifier chaque
commentaire, ce qui serait contraire à la nature d'un blogue qui
privilégierait la spontanéité et l'instantanéité. Or, les blogues
journalistiques sont soumis aux mêmes exigences d'authenticité, d'impartialité
et de qualité que tout autre type de traitement de l'information. Le Conseil a
recommandé à Canoe et à M. Martineau de prêter une attention particulière aux
propos tenus sur leurs blogues pour ainsi éviter que ce genre de tribune ne
devienne un lieu de diatribes qui n'auraient d'autre effet que de propager des
propos offensants. Il serait approprié que les diffuseurs de blogues
journalistiques se dotent de services d'un modérateur relevant du service de
l'information, comme il est conseillé de le faire dans les émissions de
tribunes téléphoniques, ce qui peut éviter des dérapages.
    Sous réserve de ce commentaire, le Conseil a rejeté la plainte de
M. Haydar Moussa contre M. Richard Martineau, journaliste, et la société
Canoe Inc.

    D2008-01-039 André Lachance c. Donald Jean, journaliste, et l'agence de
    presse Média Mosaique Montréal

    M. Lachance portait plainte contre Média Mosaique Montréal, dont les
contenus sont publiés sur Internet, et contre son journaliste, M. Donald Jean.
Il leur reprochait d'avoir publié, le 24 décembre 2007, deux articles portant
atteinte à son intégrité professionnelle et personnelle, en raison
d'allégations fausses, calomnieuses et malveillantes.
    La plainte portant essentiellement sur la virulence des propos tenus par
le journaliste en cause, il apparaissait important de déterminer le genre
journalistique des deux articles dénoncés. Après examen, le Conseil a constaté
que le vocabulaire et le ton utilisés dans ceux-ci appartenaient au
journalisme d'opinion. Le Conseil estime que le chapeau du premier article en
cause indique bien que ce texte s'inscrit dans ce genre journalistique. Ce
n'est toutefois pas le cas du deuxième texte, dont la nature n'était pas
clarifiée. Il y a donc manquement en matière d'identification des genres
journalistiques, permettant au public de ne pas être induit en erreur su la
nature de l'information qu'il croit recevoir. Le Conseil a retenu ce grief.
    Le deuxième grief était à l'effet que les textes en cause comportaient de
nombreuses allégations erronées. L'analyse des deux articles de M. Jean a
démontré que les propos de ce dernier manquaient d'exactitude et allaient plus
loin que le texte original de M. Lachance. Même si les articles en cause ont
été produits dans un contexte de journalisme d'opinion, ils dépassaient le
sens du texte original. Même si cette distorsion de l'information ne lui est
pas parue majeure, le Conseil a considéré qu'il s'agissait d'une inexactitude.
Le grief a été retenu.
    Le plaignant déplorait aussi que le journaliste ait travesti et orienté
les faits pour insinuer qu'il s'était servi de son texte "pour justifier
auprès de ses bailleurs de fonds l'urgente nécessité de subventionner ses
activités dans les pays du sud ou en Haiti". A ce sujet, le Conseil a conclu
que rien dans le texte de M. Lachance ne permettait de relier ces deux
éléments et que le journaliste n'indiquait aucun fait concret justifiant cette
accusation. Il a considéré qu'il s'agissait d'une information non établie et
d'un rapprochement tendancieux et a retenu le grief.
    L'examen du Conseil a ensuite porté sur les accusations concernant les
injures, les attaques personnelles et l'atteinte à l'image. Le Conseil a
relevé dans les deux articles plusieurs qualificatifs qui n'étaient pas
seulement des écarts de langage, mais des insultes envers le plaignant. Ayant
constaté un débordement injustifiable à la latitude permise par le journalisme
d'opinion, le Conseil a retenu le grief.
    Le dernier grief concernait la demande de rectification qui aurait été
refusée par la rédaction de Média Mosaique Montréal. Le Conseil a pris en
compte le fait que les mis-en-cause ont publié sur Internet, simultanément à
leurs deux articles, le texte original de M. Lachance et, qu'à la suite de sa
réaction, ils ont aussi rendue publique l'intégralité de sa demande de
rétractation. Le grief a été rejeté.
    Le Conseil a retenu partiellement la plainte de M. André Lachance contre
Média Mosaique Montréal et son journaliste M. Donald Jean.

    D2008-02-044 Le Regroupement indépendant des conseillers de l'industrie
    financière du Québec (RICIFQ) c. Claire Harvey, journaliste et rédactrice
    en chef, Option consommateurs et le magazine Protégez-Vous

    Le RICIFQ portait plainte contre Mme Claire Harvey, journaliste pour
l'association Option consommateurs et le magazine Protégez-Vous, concernant le
dossier d'enquête sur les conseillers financiers paru dans l'édition du
19 septembre 2007 et intitulé "L'incompétence règne - la moitié échoue". Le
plaignant reprochait à Option consommateur, qui a réalisé le dossier
d'enquête, et au magazine Protégez-Vous, qui l'a publié, d'avoir manqué de
pondération dans sa présentation de l'information. Il regrettait le choix de
fixer subjectivement une note de passage à 66 %, ce qui aurait eu pour effet
de faire échouer la moitié des conseillers enquêtés et déplorait également le
sensationnalisme du titre "La moitié échoue", qui découlait directement du
choix de la note de passage, de même que les titres et sous-titres de la page
d'ouverture du dossier qui incitaient les lecteurs à la méfiance. Enfin, il
reprochait au magazine Protégez-Vous d'avoir fait des généralisations.
    L'analyse a permis d'établir que le choix d'une note de passage a été
réalisé conjointement par Option consommateur, le magazine Protégez-Vous et un
professionnel de la finance. Le Conseil a précisé qu'il s'agissait d'un choix
relevant de la liberté rédactionnelle sur lequel il ne peut porter de
jugement. Il a constaté, en outre, que le titre "La moitié échoue" découlait
des conclusions relatives à ce choix méthodologique et que des précisions
détaillées étaient proposées aux lecteurs, au moyen d'une colonne explicative,
à la page précédant la compilation des notes obtenues par les conseillers
financiers. Le grief a été rejeté.
    En ce qui a trait au choix du titre, "L'incompétence règne", et du
sous-titre de la première page du dossier d'enquête, "Toutes les institutions
financières s'engagent à faire une analyse approfondie de votre cas", le
Conseil remarque que ceux-ci étaient précédés par un en-tête portant la
mention "Enquête - 39 conseillers" et a conclu que cette disposition
permettait aux lecteurs de comprendre que les conclusions ne s'appliquaient
que dans le cadre de cette enquête. Enfin, l'analyse a permis de démontrer que
l'affirmation "L'industrie fait face à un défi considérable. Ne devrait-elle
pas faire le ménage en ses murs?" constituait une généralisation,
n'intervenant toutefois qu'au terme du dossier d'enquête de plusieurs pages.
Ces griefs ont été rejetés.
    Le RICIFQ reprochait aussi aux mis-en-cause d'avoir manqué de rigueur
dans le cadre de ce dossier d'enquête, notamment dans le choix des compétences
des conseillers financiers évalués et en présumant que ces derniers n'étaient
pas en mesure de donner des conseils objectifs à leurs clients, puisqu'ils
sont rémunérés en fonction de la vente de produits. Le plaignant regrettait
enfin que le dossier d'enquête, dans sa globalité ait laissé entendre aux
lecteurs que l'incompétence règne parmi les conseillers financiers. Or,
l'analyse du Conseil a permis de démontrer que les mis-en-cause ont fait le
choix de critères d'évaluation axés sur la mesure de la qualité du service
rendu au client. Compte tenu de la mission de la publication, le Conseil a
conclu que les critères retenus permettaient d'évaluer les conseillers
financiers selon le mandat que s'étaient conjointement donné Option
consommateur et le magazine Protégez-Vous. En ce qui a trait au manque
d'objectivité des conseillers financiers, puisque ces derniers sont en partie
rémunérés par les ventes qu'ils réalisent, le Conseil estime que l'affirmation
selon laquelle ils ne seraient pas totalement objectifs envers leur clientèle
restait dans les limites permises par la déontologie. Enfin, concernant
l'impression qui serait laissée aux lecteurs que l'incompétence règne parmi
les conseillers financiers, le Conseil est plutôt d'avis que le dossier
d'enquête appelait les lecteurs à la prudence en leur rappelant qu'ils doivent
faire preuve de vigilance dans le choix de leur conseiller financier;
impression qui découlait des résultats de l'enquête. Les griefs ont été
rejetés.
    Le Conseil a rejeté la plainte du Regroupement indépendant des
conseillers de l'industrie financière du Québec contre la journaliste,
Mme Claire Harvey, et le magazine Protégez-Vous.

    D2008-02-046 Marie-Eve Courchesne, directrice de l'information, et le
    bihebdomadaire Courrier Laval c. Yves Poirier, journaliste, et l'émission
    "Le TVA 18 heures"

    Le Courrier Laval, contre M. Yves Poirier, journaliste pour le réseau
TVA, lui reprochant d'avoir repiqué les conclusions d'une enquête exclusive au
bihebdomadaire sur le rejet du contenu de fosses septiques dans la rivière des
Milles Iles à l'est de Laval et ce, sans en avoir mentionné la provenance.
    Après analyse, le Conseil a constaté qu'une seule information présentée
dans le cadre du reportage de M. Poirier ne se retrouvait pas dans les
articles publiés la veille par le Courrier Laval. Par conséquent, le Conseil a
conclu que le journaliste n'a pas utilisé les informations que fournissaient
le journal comme point de départ à un reportage comportant des éléments
d'analyse ou des compléments d'informations, mais bien comme point d'arrivée.
Le journaliste avait donc l'obligation de faire mention de la provenance de
celles-ci, soit une étude payée par le Courrier Laval, afin de ne pas laisser
aux téléspectateurs l'impression erronée que le réseau TVA avait découvert la
nouvelle annoncée à l'ouverture du bulletin. Le grief a été retenu.
    Le plaignant reprochait également au réseau TVA de ne pas avoir diffusé
un erratum au reportage de M. Poirier, dans le cadre de l'édition ultérieure
du "TVA 22 heures", et de n'avoir fait les rectifications nécessaires sur le
site Internet Canoe que le lendemain de la diffusion. En regard de la faute
commise par le journaliste et précédemment identifiée, le Conseil est d'avis
que le réseau TVA se devait d'accéder à la demande de réparation initialement
formulée par la plaignante. Or, le directeur du service de l'information de
TVA et LCN a proposé à la plaignante d'effectuer cette correction uniquement
si celle-ci acceptait de partager avec le réseau TVA la primeur de la suite
des articles sur la rivière des Milles Iles à paraître dans le Courrier Laval
la semaine suivante, ce que le Conseil déplore. Ainsi, bien que la mesure
consistant à publier un rectificatif sur le portail du réseau, là où
l'information demeurait disponible, pouvait permettre de réparer le tort
causé, le Conseil a conclu que TVA aurait aussi dû rectifier son erreur lors
du bulletin de nouvelles, tel que proposé initialement à la plaignante. Le
grief a été retenu.
    Le Conseil a retenu la plainte de Mme Marie-Eve Courchesne, directrice de
l'information pour le Courrier Laval, et blâmé M. Yves Poirier, journaliste,
et les réseaux TVA et LCN.

    D2008-02-048 Marie-Claude Montpetit c. David Santerre, journaliste, et le
    quotidien Le Journal de Montréal

    Mme Montpetit portait plainte contre le Journal de Montréal et le
journaliste David Santerre pour avoir publié, en date du 12 février 2008, un
article traitant de son acquittement qui aurait mis en doute son innocence.
Pour la plaignante, le quotidien aurait, durant la couverture de son procès,
entretenu le préjugé selon lequel elle était coupable.
    La plaignante reprochait d'abord à M. Santerre de ne pas avoir accordé
autant d'importance à son acquittement qu'à son inculpation et à sa mise en
accusation. Elle ajoutait que tous les articles traitant de son procès et
publiés dans le Journal de Montréal, à l'exception du dernier, comportaient
une photographie d'elle, ce qui aurait ajouté à leur caractère
sensationnaliste. Après examen de la couverture journalistique du procès de
Mme Montpetit, le Conseil a constaté que le Journal de Montréal a traité ce
dossier à quatre reprises entre novembre 2004 et février 2008. Il constate que
tous ces articles faisaient sensiblement le même nombre de mots, mais que
seuls les trois premiers comportaient une photographie de Mme Montpetit. Le
Conseil est conscient que l'utilisation des photographies est une technique
permettant de capter l'attention du public. Toutefois, compte tenu de la
liberté rédactionnelle du quotidien et du fait que la photo contenait en soi
très peu d'information, puisqu'elle représentait la plaignante de profil, au
format portrait et sans expression particulière, le Conseil a conclu que
l'ajout d'une photographie n'a pas donné plus d'importance aux articles qui ne
traitaient pas de l'acquittement de la plaignante. Le grief a été rejeté.
    Mme Montpetit soutenait aussi que le journaliste aurait dû attendre un
jugement public par écrit avant de rédiger son article, puisque celui-ci ne
serait pas conforme au jugement et aurait laissé au public l'impression que la
plaignante était coupable. Or, l'enregistrement du verdict prononcé le
11 février 2008 a donné au Conseil la preuve que le jugement écrit n'a pas été
rendu disponible le jour même, mais le Conseil a constaté que la lecture qui
fut faite de celui-ci est identique au jugement écrit. Ainsi, au-delà du fait
que M. Santerre pouvait choisir de publier son article le lendemain de
l'énoncé du verdict, l'analyse du contenu de celui-ci, corroboré par
l'enregistrement, a permis de démontrer que M. Santerre a fidèlement
retranscrit les propos du juge. L'analyse des précédents articles en cause n'a
pas, non plus, permis au Conseil de relever d'entrave à la présomption
d'innocence de Mme Montpetit. Le grief a été rejeté.
    La plaignante regrettait, en outre, que le journaliste ait omis un
certain nombre d'informations dans son article. Or, le choix des faits et des
événements rapportés relève de la discrétion des organes de presse et des
journalistes. Le Conseil a conclu que le M. Santerre n'avait pas l'obligation
d'inclure les informations mentionnées par la plaignante dans son article,
d'autant plus que celles-ci étaient d'ordre secondaire quant à la nature du
sujet traité. Le grief a été rejeté.
    Quant au quatrième reproche à l'effet que le mis-en-cause aurait refusé
d'entendre et de tenir compte de la version des faits de Mme Montpetit, le
journaliste n'avait, pour unique obligation, que de rapporter le point de vue
des deux parties, tel qu'exposé lors du procès et devant le juge. L'analyse a
permis au Conseil de constater que le mis-en-cause n'a rapporté dans son
article que les chefs d'accusation portés contre la plaignante sans entrer
dans les détails. Le journaliste n'était donc pas tenu de faire le détail de
la défense de cette dernière. Le grief a été rejeté.
    En cinquième grief, la plaignante déplorait que M. Santerre ait fait
mention de ses antécédents judiciaires concernant une infraction relative à la
Loi sur le tabac, alors que ceux-ci n'étaient pas en lien avec la cause jugée.
Les antécédents judiciaires de la plaignante étaient présentés sous la mention
"Autre affaire" et faisaient référence à un verdict prononcé le 5 février
2008. Compte tenu du fait que l'article de M. Santerre portait sur
l'acquittement de Mme Montpetit, la mention d'une condamnation antérieure ne
venait nullement attenter à la présomption d'innocence de cette dernière, dont
la cause venait d'être jugée. Il aurait toutefois été souhaitable qu'il ne
soit pas traité de deux affaires différentes au sein d'un même article. Sous
réserve de ce commentaire, le Conseil a rejeté le grief.
    Le Conseil a rejeté la plainte de Mme Marie-Claude Montpetit contre
M. David Santerre, journaliste, et le Journal de Montréal.

    D2008-02-049 Le Cabinet du maire et du comité exécutif de la Ville de
    Montréal c. Michel Jean, journaliste, l'émission "J.E." et le Groupe TVA

    Le Cabinet du maire et du comité exécutif de la Ville de Montréal portait
plainte contre le journaliste Michel Jean au sujet d'un reportage intitulé
"Rats à Montréal", diffusé dans le cadre de l'émission "J.E.", le 11 janvier
2008, sur les ondes de TVA. Le plaignant reprochait aux mis-en-cause d'y avoir
diffusé des informations inexactes, incomplètes, déséquilibrées et d'avoir
laissé croire à l'inaction des autorités municipales pour endiguer les
infestations de rats à Montréal.
    Le plaignant déplorait d'abord certains propos inexacts tenus par le
journaliste qui affirmait, au cours du reportage, "aucun fonctionnaire n'a
également été autorisé à nous parler", après avoir mentionné le refus du maire
de Montréal d'accorder une entrevue à "J.E." sur la gestion du réseau
d'aqueducs et d'égouts par la Ville. Si aucune entrevue n'a été réalisée avec
le maire ou l'un des fonctionnaires de la Ville pour diffusion dans le cadre
du reportage, la recherchiste de l'émission "J.E." a néanmoins obtenu des
informations sur le sujet auprès de plusieurs fonctionnaires municipaux. Il
était alors inexact d'affirmer qu'aucun fonctionnaire n'avait été autorisé à
parler aux représentants de l'émission. Le grief a été retenu.
    Le plaignant reprochait ensuite aux mis-en-cause d'avoir fourni une
information incomplète sur la dératisation et la gestion par la Ville du
réseau d'aqueducs et d'égouts de Montréal, ce qui aurait eu pour effet de
laisser penser au public que les autorités municipales négligeaient le
problème. Si certaines informations apportées par le plaignant n'ont pas été
introduites dans le reportage, il apparaît parallèlement que le journaliste a
exposé le montant des investissements engagés par la Ville dans la réfection
du réseau d'aqueducs et d'égouts, ceux-ci étant en constante augmentation
entre 2006 et 2008, ce qui contribuait à illustrer les initiatives de la Ville
en ce domaine. Dans le contexte de la réalisation de ce reportage, le
journaliste s'est vu refuser des entrevues devant caméra avec des responsables
de la Ville, qui constituaient l'une des parties intéressées au dossier.
Néanmoins, les mis-en-cause ont fait intervenir un chercheur, un ingénieur, un
spécialiste en dératisation et se sont appuyés sur des sources statistiques
fiables, dont le site Internet de la Ville de Montréal, couvrant ainsi ce
sujet de manière équilibrée. Ce grief a été rejeté.
    Le plaignant indiquait enfin que les mis-en-cause avaient reproché
publiquement au maire de Montréal d'avoir refusé de leur accorder une
entrevue, en montrant des images de plusieurs de ses apparitions publiques.
Dans la mesure où cette information était exacte, les mis-en-cause étaient en
droit de mentionner, dans leur reportage, le refus du maire de leur accorder
une entrevue sur la question. Le Conseil a constaté que le journaliste n'a pas
tronqué les faits en signalant que le maire avait participé à plusieurs
événements publics. Toutefois, il estime que le parallèle établi entre ces
participations du maire et son refus d'accorder une entrevue était
tendancieux. Le grief a été retenu.
    Le Conseil a retenu partiellement la plainte de M. Richard Thériault,
directeur de l'administration et des communications du Cabinet du maire et du
comité exécutif de la Ville de Montréal, contre M. Michel Jean, journaliste
pour l'émission "J.E.", et le Groupe TVA.

    Décisions de la commission d'appel

    Lors de sa dernière réunion, la commission d'appel du Conseil de presse a
rendu 4 décisions en matière d'éthique journalistique. Ces décisions sont
finales.

    La commission a maintenu les décisions rendues par le CPEI dans les
    dossiers suivants :

    
    - D2007-03-079 René Biron c. Luc Larochelle, chroniqueur et La Tribune
    - D2007-05-086 Bernard Desgagné c. Julie Miville-Dechêne, journaliste et
      la Société Radio-Canada
    - D2007-07-004 René Plante c. Guy Gilbert Sr, éditeur et L'Oeil Régional
    

    L'appel suivant a été accueilli :

    D2007-06-096 Pauline Drouin c. Nicolas Dubois, journaliste et Le Journal
    de Chambly

    Mme Drouin, conseillère municipale de la Ville de Richelieu, portait
plainte contre l'hebdomadaire Le Journal de Chambly pour ne pas avoir publié
intégralement sa lettre d'excuses et pour l'avoir transformé en un article qui
comportait plusieurs inexactitudes qui n'ont, malgré sa demande, pas été
rectifiées.
    Le CPEI a retenu partiellement la plainte de Mme Drouin à l'encontre du
journaliste, M. Nicolas Dubois, et de l'hebdomadaire Le Journal de Chambly,
pour motif d'exagération et d'avoir prêté à la plaignante des intentions non
démontrées. Le Journal de Chambly a porté la décision en appel.
    La commission d'appel a accueilli l'appel, estimant d'abord que c'est à
bon droit que le CPEI s'est penché sur le contexte entourant la plainte de
Mme Drouin et a ainsi porté son attention sur l'article de M. Dubois.
Toutefois, compte tenu de la mention spécifique de la plaignante à l'effet
qu'elle ne portait pas plainte contre le journaliste, mais bien contre la
directrice de l'information du Journal de Chambly, le CPEI n'aurait pas dû
retenir de grief contre M. Dubois. L'appel a été retenu sur ce point.
    La commission a estimé que le comportement du journaliste dans ce dossier
était conforme à la déontologie journalistique.

    Le texte intégral des décisions ainsi qu'un résumé des arguments des
parties en cause peuvent être consultés au www.conseildepresse.qc.ca, à la
section "Les décisions redues par le Conseil".




Renseignements :

Renseignements: Marie-Eve Carignan, responsable des communications,
Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818

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Conseil de presse du Québec

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