Le comité des plaintes et de l'éthique de l'information rend neuf décisions



    MONTREAL, le 24 avril /CNW Telbec/ - Lors de sa dernière réunion, le
comité des plaintes et de l'éthique de l'information (CPEI) du Conseil de
presse du Québec a rendu neuf décisions. Quatre plaintes ont été retenues,
trois ont été retenues partiellement et une a été rejetée. Le Conseil a aussi
sévèrement blâmé un média pour non-collaboration au processus de plainte. Ces
décisions sont toutes susceptibles d'être portées en appel dans les 30 jours
de leur réception par les parties.

    D2005-12-031 André Christian Reeves c. Annie Gagnon, journaliste,
    l'émission "J. E." et le Groupe TVA

    M. Reeves déposait une plainte contre la journaliste Annie Gagnon,
l'équipe de l'émission "J. E." ainsi que le Groupe TVA, invoquant les motifs
suivants : le journalisme d'embuscade, le sensationnalisme, l'atteinte à la
réputation et à la vie privée, la partialité, les inexactitudes et le refus de
rectification avant la diffusion de l'émission "J. E." du 16 septembre 2005.
    Le premier grief analysé portait sur le processus de collecte de
l'information que le plaignant associait à du "journalisme d'embuscade". Après
avoir examiné le récit des parties, le Conseil en est arrivé à la conclusion
qu'il était légitime de tenter de recueillir à la caméra les explications du
plaignant. Par contre, en regard du reproche fait aux mis-en-cause de s'être
postés en observation à proximité de la résidence du plaignant, le Conseil a
rappelé que le recours à des procédés clandestins doit demeurer exceptionnel
et a estimé que les mis-en-cause auraient dû commencer par aller frapper à la
porte du plaignant, et tenter de l'interroger ou de solliciter une nouvelle
entrevue, avant de recourir à des procédés clandestins. Le grief a été retenu.
    Le plaignant déplorait ensuite qu'on ne lui ait pas permis de visionner
l'émission avant diffusion, afin qu'il donne ses explications et fasse
corriger des informations inexactes. A ce sujet, les médias et les
professionnels de l'information n'ont en aucun temps à soumettre leur
production journalistique à l'approbation d'une source avant diffusion.
    Le plaignant dénonçait aussi l'apparence de conflit d'intérêts entre Mme
Chantal Brossard, l'autre partie au litige faisant l'objet de l'émission,
Quebecor, le Groupe TVA, la journaliste Annie Gagnon et l'équipe de "J. E.".
Le Conseil en est venu à la conclusion que certains liens professionnels entre
Mme Brossard et quelques entreprises de Quebecor avaient effectivement
existés. Toutefois, le Conseil a estimé que le plaignant n'avait pas prouvé le
conflit d'intérêts ou la partialité de l'équipe de l'émission, ni la
"convergence" fautive avec le groupe de presse Quebecor. Le grief a donc été
rejeté; mais le Conseil a estimé qu'il aurait été plus transparent pour les
mis-en-cause, d'avoir fait part de la situation aux téléspectateurs.
    Le grief suivant visait des faussetés qui auraient été induites par des
termes utilisés par la journaliste. Après étude des documents au dossier, le
grief a été rejeté.
    Le plaignant reprochait aussi aux mis-en-cause d'avoir diffusé le
témoignage d'un avocat, spécialiste en droit d'auteur, pour donner plus de
crédibilité au reportage et diminuer la portée de son propre témoignage. Le
Conseil a constaté que Me Léger est reconnu au Québec comme une source
crédible, neutre et experte. La diffusion de ses propos respectait l'éthique
journalistique.
    Le plaignant considérait inadmissible que les mis-en-cause aient
rediffusé l'émission entre le 12 mai 2006 et le 30 juin 2006, sans respect
pour la plainte déposée au Conseil. La déontologie du Conseil indique qu'il
relève de la discrétion rédactionnelle des médias et des journalistes de
déterminer l'espace et le temps qu'ils accordent à la publication ou à la
diffusion des informations. Ce grief a été rejeté.
    Le Conseil a également émis une remarque concernant les délais, entre la
réception de la plainte et son traitement actuel par le CPEI, occasionnés par
les multiples échanges concernant les demandes d'anonymat du plaignant et par
la contestation de recevabilité qui en a découlé, auxquels se sont ajoutés des
délais pour obtenir copie intégrale de l'émission et les réactions finales des
parties. Sur ce dernier point, le Conseil a reproché à TVA son manque de
collaboration pour fournir dans des délais raisonnables copie de
l'enregistrement de l'émission.
    Au terme de cette analyse, même si la plainte n'a pas été retenue sur le
fond, et outre les réserves exprimées concernant l'absence de mention de liens
passés entre Mme Brossard et Quebecor, le Conseil déplore le procédé de
collecte de l'information à la résidence du plaignant et formule un reproche
formel sur les délais indus pour obtenir le matériel nécessaire à l'analyse de
la plainte. Par conséquent et sur les aspects identifiés précédemment, le
Conseil de presse retient la plainte de M. Christian Reeves contre la
journaliste Annie Gagnon, l'équipe de l'émission "J. E." et le Groupe TVA.

    D2006-07-001 Timothy Clark c. Constance Boudreault, présidente et
    éditrice, et l'hebdomadaire The First Informer

    La plainte de M. Clark concernait quinze textes publiés par
l'hebdomadaire The First Informer, parus entre octobre 2005 et juin 2006. Il
soutenait que Mme Constance Boudreault serait en conflit d'intérêts. De plus,
il reprochait au journal de publier des informations inexactes et des lettres
de lecteurs non signées. Il invoquait que le journal s'acharnait indûment sur
lui, en écrivant des articles le concernant, sans jamais tenter d'obtenir sa
version des faits.
    Le Conseil a constaté que certains articles comportaient des erreurs qui
auraient pu être évitées par une simple vérification de la part des
mis-en-cause. En ce qui à trait à l'équilibre et à la rigueur de
l'information, le Conseil a relevé que dans plusieurs textes la vision du
plaignant n'était jamais exposée. Le grief a été retenu.
    Le Conseil a examiné l'éditorial, "Timothy Clark : A Wholly Inappropriate
Choice" et a considéré, en regard de la latitude reconnue aux éditorialistes
et des exigences de rigueur et d'exactitude, que le fait de critiquer le
pouvoir en place était acceptable, mais que le fait de cibler à répétition une
personne pour l'ensemble des décisions prises par l'ensemble des élus du
conseil municipal allait au-delà de la latitude reconnue aux éditorialistes.
Le grief a donc été retenu.
    M. Clark soutenait que Mme Boudreault serait en conflit d'intérêts, dû à
son implication au sein de divers organismes, en plus d'avoir écrit un article
sur sa fille. Le Conseil considère qu'il s'agit d'une situation de conflit
d'intérêts. Le grief a été retenu.
    Le plaignant mentionnait également les diverses fonctions de Mme
Boudreault au First Informer, ce qui nuirait à l'impartialité de
l'information. Sur ces points, les mis-en-cause n'ont apporté aucun
éclaircissement et le grief a été retenu. Le Conseil, dans une décision rendue
en décembre 2006, invitait l'hebdomadaire à clarifier sa structure
organisationnelle. Il a donc réitéré sa demande, en précisant qu'il serait
nécessaire de procéder à des modifications pour éviter toute confusion entre
les activités commerciales et le traitement de l'information.
    Au troisième point relevé, M. Clark reprochait au First Informer de
publier des commentaires, des éditoriaux et des lettres de lecteurs non
signés. En ce qui a trait aux lettres adressées à l'éditeur, le Conseil a
remarqué que, des cinq lettres soumises par M. Clark, quatre ne sont pas
signées et la 5e provenait du plaignant lui-même, qui n'avait pas demandé à la
faire publier. Bien que le fait d'habiter dans une petite communauté puisse
empêcher certaines personnes de s'exprimer, les lettres doivent être
identifiées du nom de leur signataire et de leur lieu de résidence. Les seules
exceptions à cette règle doivent tenir à des raisons impérieuses qui
empêcheraient la transmission, autrement, des informations ou des opinions
d'intérêt public. De plus, les médias doivent éviter que ces espaces
rédactionnels ne deviennent des tribunes pamphlétaires qui n'auraient d'autre
effet que de porter préjudice à certaines personnes. Le grief a été retenu.
    Finalement, le plaignant invoquait l'atteinte à sa réputation causée par
la publication des différents textes. Le rôle du Conseil n'est pas de
déterminer le degré d'atteinte à la réputation du plaignant; cela relève des
tribunaux. La décision du Conseil est prononcée dans un contexte d'éthique
journalistique seulement. Des quinze textes soumis par M. Clark, onze le
touchent de près ou de loin. Le Conseil a constaté que des inimitiés profondes
semblent s'être installées entre le plaignant et Mme Boudreault. Il est
apparu, à l'étude du dossier, que Mme Boudreault ne s'est pas prévalu de toute
la rigueur intellectuelle et professionnelle que lui impose sa profession.
    En raison des motifs relevés plus haut, le Conseil a retenu la plainte
sur les manquements en regard de l'exactitude, l'équilibre et l'exhaustivité
de l'information, le conflit d'intérêts, la signature des textes et le respect
de la réputation et blâmé la présidente, éditrice et journaliste, Mme
Constance Boudreault ainsi que l'hebdomadaire The First Informer.

    D2006-08-010 David Lefrançois c. Patrick Campeau, chroniqueur et le
    magazine Sentier Chasse-Pêche

    M. Lefrançois portait plainte contre le magazine Sentier Chasse-Pêche et
le chroniqueur M. Patrick Campeau, concernant le manque d'indépendance entre
l'information et la publicité, les conflits d'intérêts et la
non-identification de publireportages. La plainte visait particulièrement deux
articles parus dans les numéros de mars et d'avril 2006.
    Le plaignant soutenait que M. Campeau se placerait en situation de
conflit d'intérêts, lorsqu'il signerait des articles d'information dans
lesquels il conseillerait certains produits spécifiques pour la pêche, vendus
par ses commanditaires. Il lui reprocherait également d'occuper plusieurs
fonctions incompatibles avec son rôle de chroniqueur. M. Campeau serait à la
fois pêcheur professionnel, commandité par de nombreuses compagnies, et
porte-parole pour ces compagnies, en paraissant régulièrement dans diverses
publicités, diffusées dans les pages du magazine. Bien que le Conseil ait noté
l'effort visible de M. Campeau pour informer le public de ses diverses
fonctions et sa bonne foi, cette situation risque de le placer en conflit
d'intérêts.
    Bien que conscient du secteur restreint et spécialisé dans lequel évolue
le magazine Sentier Chasse-Pêche, le Conseil a rappelé que cette publication
est soumise aux mêmes règles de rigueur que toute autre publication
journalistique. De plus, les collaborateurs extérieurs du magazine sont soumis
au même devoir de réserve et d'indépendance que l'équipe permanente. La
politique du magazine devrait être claire en ce sens. Cette politique
éditoriale devrait notamment prévoir d'informer le public, lorsque
l'information sur un produit est liée à un voyage gratuit ou à certains
privilèges accordés aux journalistes pour en faire l'essai.
    Le second grief exprimé par M. Lefrançois concernait la publicité
déguisée en information et la non-identification d'un publireportage. Le
Conseil a étudié attentivement le contenu de chacun des textes en cause et a
observé que parmi les articles de pêche suggérés par M. Campeau, la majorité
des produits présentés étaient distribués par ses commanditaires. De plus, le
Conseil a pu établir que, pour la majorité du matériel de pêche en question,
plusieurs compagnies offraient des produits destinés aux mêmes fins. Compte
tenu du nombre de produits mentionnés dans les articles et provenant de
commanditaires directs de M. Campeau, qui annoncent également dans le magazine
Sentier Chasse-Pêche, il était possible de conclure à une information à
caractère promotionnel. Le Conseil a considéré aussi que le ton positif de
chacun des textes appuyait cette impression de publireportages non identifiés.
Enfin, le Conseil a relevé que, dans la majorité des illustrations des
articles en cause, les logos de certains commanditaires du journaliste étaient
mis en évidence, ce qui créait également une confusion entre l'information et
la publicité au niveau de l'illustration. Ce grief a donc été retenu.
    Le Conseil a estimé que le travail de M. Campeau est présentement
assimilé à du journalisme et est soumis aux règles d'éthique journalistique.
S'il souhaite rédiger des chroniques à titre de pêcheur professionnel, M.
Campeau doit le spécifier clairement et préciser qu'il n'agit pas à titre de
journaliste, mais plutôt à titre d'expert dans le domaine de la pêche
professionnelle. Le Conseil a déploré la situation actuelle, mais a constaté
qu'elle pourrait être corrigée.
    Le Conseil a retenu la plainte de M. David Lefrançois à l'encontre du
journaliste M. Patrick Campeau et du magazine Sentier Chasse-Pêche, pour
manquements en regard de l'indépendance de l'information et de la publicité,
de l'indépendance des journalistes et du conflit d'intérêts. Le Conseil a
recommandé au magazine de se doter d'une politique claire en regard de
l'information et de la publicité.

    D2006-08-012 Alain Déry c. le quotidien Le Journal de Québec et La Presse
    Canadienne

    M. Alain Déry dénonçait le titre "Le spectacle Le seigneur des anneaux
quitte l'affiche après trois mois seulement" qui, selon lui, contenait des
inexactitudes en rapport avec l'article paru dans l'édition du 29 juin 2006 du
Journal de Québec, ainsi que le sous-titre "Le billet coûtait 120 $", qui
induirait le public en erreur.
    Les manchettes et les titres doivent respecter le sens, l'esprit et le
contenu des textes auxquels ils réfèrent. Dans le cas présent, bien que le
plaignant ne remettait pas en cause l'article de la Presse Canadienne, le
titre était extrait de l'amorce où se retrouvait aussi l'erreur. Il y était
mentionné que "L'imposante production Le seigneur des anneaux quitte l'affiche
à Toronto après trois mois de représentations". Les représentations ont débuté
en mars 2006 et l'article a été écrit en juin 2006, cela faisait trois mois.
Mais à la fin de l'article, il y est indiqué que "les représentations
prendront fin le 3 septembre", d'où la confusion.
    En regard du choix des titres coiffant les textes, la responsabilité
revenait au Journal de Québec. Le quotidien se devait d'être attentif pour ne
pas répéter l'erreur commise par la Presse Canadienne. Dans le présent cas, un
lecteur pouvait avoir des incertitudes, à la lecture du titre, sur le moment
de la fin des représentations du spectacle. Le grief a donc été retenu.
    Au grief concernant le sous-titre, M. Jean Roy de la Presse Canadienne,
soutenait qu'il est pratique courante, dans ce type de couverture, de
mentionner le prix le plus élevé. Après examen, bien que ce sous-titre pouvait
dissuader certains spectateurs, il n'en demeure pas moins qu'aucune erreur n'y
a été relevée. Ce grief a été rejeté.
    Si le Journal de Québec avait reconnu qu'une erreur s'était produite dans
le titre de l'article, un erratum aurait pu facilement corriger cette
inexactitude. Il est de la responsabilité des médias de trouver les meilleurs
moyens pour corriger leurs erreurs dans leurs productions journalistiques,
cela permet de remédier au tort causé. Comme l'erreur n'a pas été corrigée, le
grief a été retenu.
    Compte tenu des éléments exposés ci-haut, le Conseil de presse a retenu
la plainte de M. Alain Déry à l'encontre du Journal de Québec en regard du
manquement au choix du titre de l'article et au manque de rectification. De
plus, bien que le plaignant ne visait pas la Presse Canadienne dans sa
plainte, le Conseil a recommandé à cette dernière d'être plus vigilante dans
la formulation de ses amorces.

    D2006-08-013 Reflet de Société - Journal de la rue c. Jean-Claude
    Grenier, journaliste et le quotidien 24 heures

    M. Raymond Viger, rédacteur en chef du magazine Reflet de Société -
Journal de la rue, portait plainte contre M. Jean-Claude Grenier et le journal
24 heures, concernant un article paru le 15 août 2006, sous le titre "Une
stratégie qui sera inefficace", aux motifs d'avoir plagié un article paru sur
le site Internet de Radio-Canada, d'avoir omis d'en mentionner la source, d'y
avoir ajouté des informations inexactes et ne pas avoir effectué une
rectification satisfaisante.
    Au grief d'avoir plagié un article de Mme Ariane Desrochers, en comparant
les articles de M. Grenier et de Mme Desrochers, le Conseil a observé qu'ils
étaient très ressemblants, tant au niveau du contenu que de la structure et de
la formulation. Aussi, M. Grenier n'a apporté aucun contenu original,
différent de celui de Radio-Canada, et le Conseil a estimé qu'il l'a plagié.
    La rédaction de 24 heures a publié un rectificatif le 8 décembre 2006 :
"Cet article avait été inspiré d'un reportage d'Ariane Desrochers de la radio
de Radio-Canada". L'usage en pareil cas est de considérer que, même si la
rectification ne peut jamais réparer complètement le préjudice causé par
l'erreur d'un journaliste, elle peut libérer les mis-en-cause d'un blâme. Le
Conseil a toutefois considéré que celle-ci constituait une reconnaissance
d'une faute de non- attribution d'une information, mais qu'elle était
insuffisante quant au plagiat. Le grief relatif au rectificatif a donc été
retenu.
    Pour toutes ces considérations, le Conseil a retenu partiellement la
plainte de M. Raymond Viger contre M. Jean-Claude Grenier et le journal 24
heures, aux motifs de plagiat et de rectificatif insatisfaisant.

    D2006-08-014 Reflet de Société - Journal de la Rue c. le quotidien Le
    Journal de Montréal

    Le bimensuel Reflet de Société - Journal de la Rue portait plainte contre
le quotidien Le Journal de Montréal, concernant la une de l'édition du mardi
15 août 2006 intitulée "Un élève sur 5 a un couteau ou une arme à feu, ARMES A
L'ECOLE". Le plaignant reprochait au journal et à son pupitreur d'avoir
utilisé un titre sensationnaliste et disproportionné qui ne représenterait ni
les résultats de l'enquête sur les armes, ni le contenu de l'article du
journaliste M. Marco Fortier.
    Le plaignant contestait la publication, à la une, d'un titre qui
présenterait une interprétation erronée des résultats d'une enquête sur les
armes dans les écoles, ce qui contribuerait à ajouter un caractère
sensationnaliste à la nouvelle et à perpétuer une crainte démesurée chez le
public. Les manchettes et les titres doivent respecter le sens, l'esprit et le
contenu des textes auxquels ils renvoient. Après examen, le Conseil a pu
constater que le titre de la une présentait certaines inexactitudes en regard
des résultats de l'étude sur la violence chez les jeunes. Ainsi, si l'étude
permettait de constater que 18,7 % des jeunes garçons montréalais interrogés
avaient affirmé avoir déjà apporté une arme à l'école, cela ne signifiait pas
qu'ils sont généralement armés à l'école. De plus, l'article sur lequel se
base la une du journal précise que les armes les plus susceptibles de se
retrouver à l'école sont le couteau, le gaz irritant et les bâtons servant à
la pratique des arts martiaux, mais que 2,2 % des élèves montréalais
affirmaient avoir déjà apporté un fusil à la polyvalente. De ce fait, le fusil
ou les armes à feu se retrouvaient en proportion nettement moindre que les
autres armes apportées dans les écoles par les jeunes hommes. De plus, la
méthodologie de cette étude ne prenait pas en compte les filles qui auraient
pu changer à la baisse le pourcentage d'élèves ayant apporté des armes à
l'école si elles avaient été prises en compte. Pour ces raisons, le Conseil a
retenu le grief.
    Le Conseil a donc retenu la plainte de Reflet de Société - Journal de la
Rue contre le quotidien Le Journal de Montréal, concernant le manque
d'exactitude et d'intégrité dans la présentation de l'information à la une du
quotidien.

    D2006-09-015 Association raelienne des minorités sexuelles - ARAMIS c.
    Roger-Luc Chayer, rédacteur en chef, François-Robert Lemire, éditeur et
    la revue mensuelle Le Point

    La plainte de M. Damien Francoeur, représentant l'Association raelienne
des minorités sexuelles (l'ARAMIS), concernait un article intitulé "Exécutions
d'adolescents homosexuels en Iran - Processus d'une enquête raelienne bâclée"
qui faisait état d'une enquête effectuée par Le Point quant à la valeur de
l'information transmise à l'intérieur d'un communiqué de presse qu'il
attribuait aux raeliens et concluait à une manipulation d'information. Les
principaux griefs soulevés par le plaignant concernaient le manque de
vérification, à l'utilisation de sources d'informations douteuses, à la
diffusion d'informations inexactes et au refus d'un droit de réponse. Le
plaignant reprochait aussi au mis-en-cause d'avoir fait preuve de partialité
et de discrimination, et d'avoir discrédité l'ARAMIS.
    D'abord, ayant observé que l'article mis en cause est à la limite entre
l'information et l'opinion, le Conseil a invité Le Point à identifier plus
clairement les genres journalistiques de ses articles.
    Le plaignant considérait que l'article du Point comportait des
inexactitudes quant à l'origine du communiqué de presse, associant erronément
l'ARAMIS et le mouvement raelien. Le mis-en-cause soutenait que le communiqué
ne venait pas de l'ARAMIS mais du site www.raeliangay.org. Or, il appert que
ce site Internet est celui de l'ARAMIS international. Bien que liés, l'ARAMIS
et le mouvement raelien sont deux entités différentes. Le Conseil a toutefois
considéré cette inexactitude comme mineure dans le contexte de l'article. Le
grief a été rejeté.
    M. Francoeur estimait aussi que l'article contenait des informations
inexactes, concernant les motifs d'exécution des adolescents iraniens. Les
deux parties soutenaient des thèses contradictoires issues de deux sources
différentes. Pour appuyer son argumentation, Le Point donnait l'exemple d'un
reportage de la BBC. Or, ce reportage spécifie que les motifs d'exécution ne
sont pas clairs et fait état de la version des associations pour les droits
des homosexuels et de celle du gouvernement iranien. Pour sa part, l'article
du Point nie la première version et prend parti pour la seconde. Le grief pour
inexactitude de l'information a donc été retenu. Puisque l'article n'est pas
identifié comme du journalisme d'opinion, Le Point aurait dû rapporter les
deux versions sans prendre parti.
    Le plaignant reprochait aussi au Point de ne pas avoir contacté l'ARAMIS.
Or, le communiqué de presse de l'ARAMIS, qui constitue son point de vue
officiel, a été repris dans l'article. Ainsi, les griefs concernés ont été
rejetés.
    Le plaignant reprochait ensuite au mis-en-cause de lui avoir refusé un
droit de réplique. Le Conseil a constaté que Le Point s'est doté d'une
politique à cet égard et qu'il a agit en conformité avec celle-ci. Cette
politique serait à l'effet qu'avant de publier une réplique, il aurait fallu
s'assurer du statut de l'ARAMIS, de l'identité de M. Francoeur et de son
statut au sein de cette association et que cela n'aurait pas été possible.
Toutefois, un droit de réplique aurait dû être accordé à M. Francoeur,
puisqu'il est clair, selon le site www.raeliangay.org, qu'il est le président
de l'ARAMIS Canada et que cette association existe bel et bien. Ce grief a
donc été retenu.
    M. Francoeur accusait Le Point d'avoir qualifié l'ARAMIS de "sectaire",
alors qu'elle n'est pas une association religieuse. Or, ce n'est pas l'ARAMIS
que Le Point a qualifié ainsi, mais les raeliens. Dans la mesure où le
mouvement raelien est considéré comme sectaire dans de nombreux pays et que ce
mot est largement répandu dans les médias pour le caractériser, l'utilisation
de ce terme pour qualifier la source du communiqué était raisonnable, d'autant
plus que l'ARAMIS est une association raelienne. Ce grief n'a donc pas été
retenu.
    M. Francoeur considérait que Le Point avait fait preuve de partialité et
avait discrédité l'ARAMIS. Il appert que Le Point a vérifié l'information,
comme il aurait vérifié n'importe quelle information issue d'un groupe qui
défend ses propres intérêts. Ces griefs ont donc été rejetés.
    Pour l'ensemble de ces considérations, le Conseil a retenu partiellement
la plainte de M. Damien Francoeur contre MM. Roger-Luc Chayer, François-Robert
Lemire et la revue Le Point, pour manque de vérification ayant entraîné la
diffusion d'informations inexactes et pour refus d'un droit de réplique.

    D2006-09-018 Francesco Arcadi c. Michel Auger, journaliste et le
    quotidien Le Journal de Montréal

    M. Francesco Arcadi portait plainte contre deux articles du journaliste
Michel Auger, du Journal de Montréal, publiés les 9 avril et 22 juin 2006,
alléguant qu'ils contenaient des informations inexactes provenant de sources
anonymes, ce qui aurait porté atteinte à sa vie privée et à sa réputation.
    Le plaignant soutenait d'abord que l'information à l'effet qu'il serait
associé au milieu criminel est fausse. Il affirmait n'avoir jamais fait
l'objet d'accusation criminelle qui serait susceptible de le relier à M. Vito
Rizutto, à son entourage et/ou à la perpétration d'un crime. Les mis-en-cause
rétorquaient qu'ils ont publié des informations d'intérêt public sur la base
d'informations crédibles et vérifiées.
    Le Conseil a considéré que les informations publiées étaient d'intérêt
public. Le journaliste introduit, dans presque tous les cas, sa source avant
de faire ses affirmations. Pour le Conseil, comme ces informations provenaient
de différentes sources et que celles-ci se sont avérées pertinentes par la
suite, il n'y avait pas lieu de retenir ce grief. Toutefois, la déontologie
recommande aux journalistes qui s'appuient sur des sources anonymes ou
confidentielles, de mentionner au public que les informations recueillies
l'ont été sur des bases confidentielles. A cet égard et à la lumière des
derniers événements, soit l'arrestation récente de M. Arcadi qui avec 90
autres accusés devra répondre à près de 1000 chefs d'accusation, en plus du
faible argumentaire du représentant du plaignant, le Conseil n'a pu que
conclure que le journaliste pouvait avoir foi en ses sources afin de publier
son information.
    Le Conseil a donc rejeté la plainte de M. Francesco Arcadi à l'encontre
du journaliste M. Michel Auger et du quotidien Le Journal de Montréal.

    D2006-09-020 Conférence régionale des élu(e)s - Gaspésie-Iles-de-la-
    Madeleine c. Frédérick Boulay, animateur et journaliste, Jacques Vallée,
    directeur et la Radio du Golfe, CFMV-FM

    M. Bertrand Berger, président de la Conférence régionale des élu(e)s -
Gaspésie-Iles-de-la-Madeleine, déposait une plainte à l'endroit de l'animateur
et journaliste M. Frédérick Boulay et de la Radio du Golfe, CFMV-FM,
concernant les émissions "Les petits matins du Grand Littoral", des 5 et 6
septembre 2006. Le plaignant reprochait au journaliste et animateur d'avoir
manqué de rigueur et d'exactitude dans ses propos et d'avoir fait montre de
sensationnalisme dans le traitement de l'information, ce qui aurait eu pour
effet de porter atteinte à sa réputation.
    La station CFMV-FM, la Radio du Golfe a refusé de collaborer avec le
Conseil de presse, ce qui est contraire à la ligne de conduite adoptée
habituellement par les médias et va à l'encontre de la responsabilité qu'ils
ont de répondre publiquement de leurs actions. Le Conseil insiste sur
l'importance pour tous les médias de participer aux mécanismes
d'autorégulation qui contribuent à la qualité de l'information et à la
protection de la liberté de presse. Cette collaboration constitue un moyen
privilégié pour eux de répondre publiquement de leur responsabilité d'informer
adéquatement les citoyens. Le Conseil déplore vivement que la direction de la
station n'ait pas, une nouvelle fois, répondu de ses actes journalistiques. Ce
refus a empêché le Conseil d'obtenir l'enregistrement des émissions mises en
cause et ainsi d'établir si la station radiophonique avait ou non commis les
manquements évoqués par le plaignant.
    En conséquence et vu la récidive des mis-en-cause, le Conseil de presse a
blâmé sévèrement la direction de CFMV-FM, la Radio du Golfe, et son
journaliste-animateur, M. Frédérick Boulay, pour leur manque de collaboration.
    Le texte intégral des décisions ainsi qu'un résumé des arguments des
parties en cause peuvent être consultés au www.conseildepresse.qc.ca, à la
section "Décisions du Conseil".




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818; SOURCE: Marie-Eve Carignan, responsable des
communications, Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818

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