Le comité des plaintes et de l'éthique de l'information rend huit décisions et la commission d'appel maintient cinq décisions



    MONTREAL, le 4 mars /CNW Telbec/ - Lors de sa dernière réunion, le comité
des plaintes et de l'éthique de l'information (CPEI) du Conseil de presse du
Québec a rendu huit décisions. Une plainte a été retenue, une autre a été
retenue partiellement et six ont été rejetées. Ces décisions sont toutes
susceptibles d'être portées en appel dans les 30 jours de leur réception par
les parties.

    D2007-06-093 Bernard Desgagné c. Michel Désautels, animateur,
    Marie-France Bélanger, journaliste et la Société Radio-Canada (SRC)

    La plainte concernait un reportage entendu à l'émission "Désautels", le
7 février 2007. Le reportage dénoncé portait sur l'enseignement de l'anglais à
partir de la première année au Québec. Outre les propos de l'animateur et le
contenu du reportage, la plainte dénonçait une opération de propagande qui
aurait été orchestrée par la SRC pour vanter les mérites du bilinguisme
officiel.
    Le plaignant formulait des reproches concernant la mise en contexte de la
question de l'enseignement de l'anglais en première année. A ce sujet, le
Conseil a observé qu'au-delà d'exposer sa vision personnelle des choses et de
prétendre que les questions occultaient des pans entiers de la réalité afin
d'obtenir des réponses favorisant l'unité canadienne, le plaignant ne
démontrait pas que l'absence de mise en contexte avait réellement faussé les
réponses recueillies dans les questions connexes au sondage. Or, comme c'est
l'usage au Conseil, il appartient au plaignant de démontrer les griefs qu'il
formule, faute de quoi ils sont rejetés.
    En regard du reportage, le plaignant reprochait à l'animateur de
l'émission d'avoir laissé sans réplique l'une des personnes interrogées, après
qu'elle ait comparé le bilinguisme des anglophones au Québec, au bilinguisme
des francophones du Québec, la laissant comparer des choses différentes sans
remettre en question ses propos. S'il est vrai que M. Désautels aurait pu
remettre en contexte les chiffres énoncés, il s'est avéré que ceux-ci
provenaient du recensement de 2001 et étaient exacts. Le grief n'a pas été
retenu.
    Le plaignant affirmait aussi que le reportage prenait appui sur des
données inexactes puisque le sondage cité était truqué. Dans l'amorce du
reportage, on utilisait le chiffre de "86 %", qui serait erroné. Dans un
dossier précédent (D2007-06-092), soumis au Conseil, il a été établi que ce
chiffre n'était pas exact, que les émissions où on a pris soin de faire ces
précisions au sujet du sondage n'ont pas été blâmées, et que seuls les
reportages qui les ont omises l'ont été. Or, dans le présent dossier, ce
chiffre n'a pas été mis en contexte et relativisé par l'animateur. Toutefois,
même s'il s'agit d'une inexactitude, cette information n'était pas le sujet du
reportage et n'était qu'accessoire dans le contexte. Aux yeux du Conseil, il
s'agissait d'un manquement mineur dans les circonstances.
    L'autre série de griefs visait l'opération de propagande qu'aurait
orchestrée la SRC pour vanter les mérites du bilinguisme officiel. A ce sujet,
l'usage au Conseil veut que les griefs soient non seulement énoncés, mais
aussi démontrés. Or, le plaignant ne démontre jamais que la SRC aurait
délibérément engagé un processus volontaire de persuasion clandestine de façon
à biaiser la réalité en regard du phénomène de la bilinguisation. Ce grief a
été rejeté.
    Il en va de même pour les griefs généraux adressés à la SRC, comme celui
voulant que les reportages de la SRC sur l'enseignement de l'anglais soient
bâclés, n'aillent pas au fond des choses et ne permettaient pas à la
population de comprendre les enjeux véritables.
    Sous réserve de l'inexactitude mineure détaillée plus haut, la plainte de
M. Bernard Desgagné contre l'animateur M. Michel Désautels, la journaliste,
Mme Marie-France Bélanger et la Société Radio-Canada a été rejetée.

    D2007-06-094 Joel Vallières c. Félix Tremblay, journaliste et la station
    CFCM-TVA Québec

    M. Vallières portait plainte contre le journaliste Félix Tremblay, en
regard d'un reportage diffusé sur CFCM-TVA Québec, dans le cadre de l'émission
"Le TVA 18 heures" du 23 mars 2007. Il reprochait au journaliste d'avoir
présenté, à 48 heures des élections québécoises, un reportage portant sur la
décision du Directeur général des élections (DGE) d'interdire aux électeurs
d'aller voter sans dévoiler leur visage, dont la chute aurait été partiale et
manquerait de rigueur.
    Le Conseil s'est penché sur le contexte entourant le reportage en cause,
pour déterminer s'il pouvait relever une tentative de manipulation de
l'information de la part du média. Après analyse des éléments soumis à son
attention, le Conseil a conclu que l'information rapportée était d'intérêt
public et qu'elle était bien située dans le contexte électoral et que ce
serait faire un procès d'intention à la station que de l'accuser de
manipulation. Le Conseil n'a pas souscrit au jugement du plaignant selon
lequel les images choisies et leur traitement auraient favorisé un vote pour
l'ADQ et le visionnement du reportage n'a pas confirmé cette affirmation. Le
grief a été rejeté.
    Le Conseil a rejeté la plainte de M. Joel Vallières à l'encontre du
journaliste, M. Félix Tremblay et de la station CFCM-TVA Québec.

    D2007-06-095 John Woolfrey c. Le quotidien The Gazette

    M. Woolfrey portait plainte contre le quotidien The Gazette au sujet d'un
éditorial intitulé "Le Stud mustn't bar women", paru le 1er juin 2007. Le
plaignant reprochait l'utilisation de l'expression "manly meat market" pour
désigner le bar Le Stud et accusait le journal d'avoir publié de fausses
affirmations en utilisant cette expression, dans une intention d'entretenir
des préjugés à l'égard des personnes homosexuelles.
    Les premiers griefs portaient sur des manquements en regard de
l'exactitude de l'information puisque, selon le plaignant, l'éditorialiste
aurait utilisé une expression non appropriée pour désigner le bar montréalais
Le Stud, situé dans le Village gay. Pour ce dernier, l'expression apparaissait
impropre dans la mesure où le bar n'aurait jamais fait sa promotion sous le
qualificatif de "manly meat market". Selon lui, cette inexactitude en
engendrerait une autre et contrairement à ce que laisserait entendre
l'éditorialiste, la nature de l'établissement n'est dans ce cas pas du tout
évidente pour ses clients potentiels.
    Le Conseil a estimé que les informations apportées dans l'éditorial sont
exactes, dans la mesure où le bar Le Stud fait lui-même sa promotion par
l'expression "a manly meat market" sur Internet. Il n'était donc pas inexact
d'écrire, au sujet de cet établissement, "promoted as a truly "manly meat
market"". De même, l'éditorialiste n'indique pas que ces termes figurent à
l'extérieur du bar et qu'ils sont visibles aux clients. Pour ce qui est de
l'affirmation selon laquelle la nature du bar est tout à fait évidente, cette
opinion peut se justifier au vu des informations qui précédaient dans
l'éditorial. Le Conseil rappelle que les éditorialistes disposent d'une grande
latitude pour exprimer leurs opinions, pourvu qu'ils soient fidèles aux faits.
Ces premiers griefs ont été rejetés.
    Le plaignant formulait un deuxième grief, pour manquement en regard du
respect des groupes sociaux. Par l'utilisation de l'expression "manly meat
market", l'éditorialiste entretiendrait des stéréotypes concernant les
personnes homosexuelles et inciterait à "la haine" à l'encontre de cette
communauté. L'utilisation de l'expression dénoncée visait ici à définir
l'établissement Le Stud, conformément à la façon dont celui-ci fait sa
promotion sur Internet. Cette mention pouvait donc être jugée pertinente, et
n'appelait pas à la haine ou au mépris à l'égard des personnes homosexuelles.
Le grief a été rejeté.
    Le Conseil a rejeté la plainte de M. John Woolfrey contre le quotidien
The Gazette.

    D2007-06-096 Pauline Drouin c. Carole Pronovost, rédactrice en chef et
    l'hebdomadaire Le Journal de Chambly

    Mme Drouin, conseillère municipale de la Ville de Richelieu, portait
plainte contre l'hebdomadaire Le Journal de Chambly pour ne pas avoir publié
intégralement sa lettre d'excuses et pour l'avoir transformé en un article qui
comporterait plusieurs inexactitudes qui n'auraient, malgré sa demande, pas
été rectifiées. La plaignante estimait aussi que l'angle retenu pour l'article
laissait trop de place à l'émotion, au détriment des éléments factuels du
dossier.
    Pour la plaignante, l'article du journaliste Nicolas Dubois commentait
ses états d'âme de façon exagérée et inutile. A cet égard, le Conseil a
d'abord remarqué que le sujet de l'article était d'intérêt public. Toutefois,
le journaliste affirme que la plaignante l'aurait menacé de représailles s'il
publiait ses propos. Or, le Conseil a constaté que les citations attribuées à
Mme Drouin, à l'intérieur de l'article, ne démontraient absolument pas cette
affirmation. Le journaliste a donc prêté à la plaignante des intentions non
démontrées. Le grief a été retenu.
    Dans sa plainte, Mme Drouin mentionnait qu'à la suite de la publication
de l'article de M. Dubois, elle avait fait parvenir au journal une lettre
d'excuses destinées aux citoyens qui auraient été choqués par ses propos et
déplorait que celle-ci ne fût pas publiée intégralement, mais sous la seule
forme d'extraits dans le cadre de l'article de Mme Pronovost. Sans contester
le choix du format de publication des excuses de la plaignante, mais en
recommandant toutefois celui de la publication du document source, le Conseil
a conclu que l'article de la mise-en-cause, en rapportant la presque
intégralité des excuses formulées par la plaignante, satisfaisait aux
principes formulés dans son guide déontologique. Le grief a été rejeté.
    La plaignante affirmait en outre que l'article de Mme Pronovost
comportait des informations inexactes. Or, en raison des versions
contradictoires fournies par les parties, le Conseil n'a pu statuer sur ce
grief.
    Le Conseil a retenu partiellement la plainte de Mme Pauline Drouin à
l'encontre du journaliste, M. Nicolas Dubois et de l'hebdomadaire Le Journal
de Chambly.

    D2007-06-097 Giovanni (Wolfmann) Bruno c. Serge Chapleau, caricaturiste,
    André Pratte, éditorialiste en chef et le quotidien La Presse

    M. Bruno portait plainte contre Serge Chapleau pour manquements
déontologiques liés à des comportements discriminatoires ou racistes, dont
l'antisémitisme, en regard d'un sujet d'actualité, soit la rencontre de
M. Mario Dumont avec des représentants de la communauté juive, dans une
caricature publiée le 18 juin 2007, sous le titre "Mario Dumont courtisé par
la communauté juive". Le plaignant accusait aussi M. Pratte d'énoncer des
"faussetés et des demi-vérités" dans sa réponse au communiqué émis par le
B'nai Brith Canada.
    Concernant la caricature, M. Bruno reprochait à M. Chapleau un
comportement discriminatoire et antisémite. Le plaignant y dénonçait
l'association de la communauté juive à la communauté hassidique, qu'il a
représentée par M. Dumont avec des "traits défavorables, négatifs et
ridicules". De plus, selon le plaignant, les hassidiques ne représentent pas
toute la communauté mais constituent un groupe minoritaire.
    De l'avis des mis-en-cause, la caricature présentait M. Mario Dumont
comme personnage central et ne portait pas atteinte à la dignité, ni à
l'honneur de la communauté juive ou hassidique, mais traduisait plutôt en
image un choix politique de M. Dumont. La caricature est un mode d'expression
très particulier qui présente un personnage ou un événement de façon satirique
ou humoristique. Elle demande généralement une lecture qui ne s'arrête pas au
premier niveau. Bien que la caricature ait pu choquer le plaignant, celle-ci
ne contrevenait pas pour autant à la déontologie et M. Bruno n'a pas démontré
en quoi cette caricature serait antisémite. Au regard des principes
déontologiques, M. Chapleau pouvait exprimer son opinion sur un sujet
d'intérêt public par le biais d'une caricature satirique. Le grief a été
rejeté.
    Au deuxième reproche, le plaignant déplorait que M. Chapleau n'ait pas
ciblé un autre groupe de citoyens, alors que l'article auquel la caricature
référait ne ciblait pas que la communauté juive. Le Conseil ne saurait trop
répéter que le choix de traiter d'un sujet et le genre journalistique choisi
pour le faire, relève de la discrétion du média. Le grief a été rejeté.
    Au troisième reproche, M. Bruno dénonçait l'argument avancé dans la
réponse de M. Pratte au communiqué émis par le B'nai Brith Canada, à l'effet
que la caricature ne viserait pas la communauté juive mais bien M. Dumont. Le
plaignant estime que ce sont à la fois M. Dumont et la communauté juive qui
sont visés par la caricature. Le B'nai Brith a eu l'occasion de s'exprimer
dans les pages de La Presse à la suite de la publication de cette caricature
et, tel que reconnu par la déontologie du Conseil, M. Pratte pouvait répliquer
à cette lettre. De plus, aucune entorse déontologique n'a été constatée dans
le contenu de cette réplique. Le grief a été rejeté.
    La plainte de M. Giovanni (Wolfmann) Bruno à l'encontre du caricaturiste
M. Serge Chapleau, de l'éditorialiste en chef, M. André Pratte et du quotidien
La Presse a été rejetée.

    D2007-07-004 René Plante c. Guy Gilbert Sr, éditeur et l'hebdomadaire
    L'OEil Régional

    M. Plante portait plainte contre M. Gilbert Sr, éditeur, et
l'hebdomadaire L'OEil Régional, au sujet d'un éditorial intitulé "J'ai honte",
paru dans l'édition du 30 juin 2007. L'éditorialiste y déplorait le
comportement de quelques députés du Parti Québécois (PQ) qui avaient refusé de
se lever pour saluer des soldats des Forces armées canadiennes en visite à
l'Assemblée nationale en juin 2007. M. Plante formulait des griefs pour manque
de rigueur, d'impartialité et de pondération de l'information, ainsi que pour
des manquements en regard du droit de réplique des journalistes comme du droit
de réponse du public.
    En ce qui a trait aux griefs pour partialité, absence de pondération de
l'information et manque de rigueur, le Conseil a rappelé que l'éditorial
appartient au genre du journalisme d'opinion qui accorde aux professionnels de
l'information une grande latitude dans l'expression de leurs points de vue,
commentaires, opinions, prises de position, critiques, ainsi que dans le choix
du ton et du style qu'ils adoptent pour ce faire. Ainsi, il ne pouvait être
reproché à un éditeur son manque d'objectivité ou son style dans le cadre de
cet éditorial. Les griefs ont été rejetés.
    Le plaignant considérait aussi comme un abus de pouvoir la réplique que
M. Gilbert Sr a adressée à M. Pierre Curzi, député du PQ, qui avait effectué
une mise au point dans l'édition de l'hebdomadaire consécutive à celle dans
laquelle fut publié l'éditorial en cause. Le droit de réponse des journalistes
est une pratique reconnue dans la presse. Il doit être exercé promptement,
avec discernement, dans le plein respect des personnes, et les journalistes ne
doivent pas s'en servir pour dénigrer, insulter ou discréditer les personnes
faisant l'objet de leur réplique. L'éditorialiste affirmait de nouveau dans sa
réplique à M. Curzi, les opinions qu'il avait exprimées dans son éditorial,
sans tomber dans l'insulte. Le Conseil a estimé qu'il n'a pas contrevenu aux
principes éthiques au sujet du droit de réponse des journalistes. Le grief a
été rejeté.
    Enfin, le plaignant dénonçait l'absence de publication de lettres de
lecteurs dans les éditions suivantes de l'hebdomadaire alors que, selon lui,
le débat suscité par les propos de l'éditorialiste justifiait la diffusion des
opinions du lectorat. Le Conseil n'a pas retenu ce grief, un média n'ayant pas
l'obligation de publier les lettres des lecteurs, mais a invité L'OEil
Régional à se conformer à des pratiques encourageant l'expression des opinions
des lecteurs et ce tout au long de l'année.
    Sous réserve de ce dernier commentaire, le Conseil a rejeté la plainte de
M. René Plante contre M. Guy Gilbert Sr et l'hebdomadaire L'OEil Régional.

    D2007-07-007 Transat A.T. inc. c. Carl Langelier, journaliste et la
    chaîne spécialisée Canal Argent et le Groupe TVA

    Le groupe Transat A.T. inc. portait plainte contre le reportage du
journaliste Carl Langelier, diffusé sur les ondes de Canal Argent le 17 avril
2007, pour avoir rapporté des informations fausses et trompeuses, avoir dérogé
au principe d'équité et d'impartialité, ainsi que pour avoir induit le public
en erreur en lui laissant l'impression que la compagnie Transat A.T. était
responsable de la faillite du voyagiste Vacances Maestro. Le plaignant
ajoutait que le reportage s'appuyait en partie sur du matériel inexact.
    Le plaignant reprochait au journaliste de ne pas avoir précisé que
l'enquête du Bureau de la concurrence à laquelle il faisait référence dans son
reportage référait à des événements qui n'étaient nullement en lien avec la
faillite de Vacances Maestro. Il reprochait aussi à M. Langelier d'avoir
affirmé que l'Office du tourisme de Québec avait subventionné Air Transat afin
que celle-ci ajoute des départs depuis la ville de Québec, alors que cette
information était inexacte. Enfin, le groupe Transat déplorait le manque de
mise en contexte du reportage qui, selon lui, ne permettait pas au public de
cerner avec justesse les raisons de la faillite de Vacances Maestro.
    L'analyse a permis de démontrer qu'en plus d'avoir omis de faire les
précisions nécessaires concernant l'enquête du Bureau de la concurrence, ce
qui a eu pour conséquence de donner l'impression que celle-ci avait un lien
avec la faillite de Vacances Maestro, M. Langelier a présenté une information
imprécise en parlant des "subventions" qui avaient été accordées à la
compagnie Air Transat, puisqu'il s'agissait en réalité d'un partenariat entre
l'Office du tourisme de Québec et le transporteur aérien. Les griefs ont été
retenus.
    En ce qui concerne le manque de mise en contexte, le Conseil a conclu que
le mandat du journaliste n'était pas de présenter au public les raisons de la
faillite de Vacances Maestro mais que, dès lors que M. Langelier rapportait
les accusations du président de Vacances Maestro à l'égard d'Air Transat, il
devait veiller à ne pas endosser le point de vue de celui-ci dans son
reportage.
    Le groupe Transat reprochait par ailleurs au journaliste de ne pas avoir
cherché à recueillir son point de vue, alors qu'il était un acteur à part
entière de la nouvelle. Le plaignant regrettait également que M. Langelier
n'ait pas proposé au public une analyse du plan d'affaires de Vacances Maestro
faite par un expert. Si le Conseil a conclu que le journaliste n'avait pas
l'obligation de contacter un expert dans le cadre de son reportage, dès lors
qu'étaient diffusées les accusations du président de Vacances Maestro, à
l'encontre d'Air Transat, M. Langelier se devait de présenter le point de vue
de la compagnie dans son reportage. Le grief a été retenu.
    Le Conseil a retenu la plainte du Groupe Transat A.T. inc. à l'encontre
du journaliste M. Carl Langelier et de la chaîne spécialisée Canal Argent du
Groupe TVA.

    D2007-08-009 Benoît Piché c. Isabelle Dorais, journaliste et la station
    de télévision TVA-Sherbrooke

    M. Piché portait plainte contre la journaliste Isabelle Dorais et la
station de télévision TVA-Sherbrooke pour avoir utilisé sans consentement des
images et des propos de sa fille de 16 ans, sous des prétextes trompeurs. Le
reportage visé par la plainte a été diffusé à l'émission "Le TVA 18 heures
Estrie", le 18 juillet 2007.
    La déontologie du Conseil indique que les médias devraient s'abstenir de
donner suffisamment de détails susceptibles de permettre l'identification de
jeunes stigmatisés, que ce soit comme victimes, tiers innocents ou parce
qu'ils vivent des difficultés personnelles graves.
    Le plaignant expliquait que sa fille avait été la cible de sarcasmes
provenant de personnes qui l'avaient reconnue à l'occasion du reportage. Or,
le visionnement du reportage montrait que les mis-en-cause avaient pris des
précautions pour respecter la règle de l'anonymat : le tournage se faisait de
dos; les visages n'étaient jamais visibles; le reportage utilisait plusieurs
images d'autres jeunes filles pour diversifier les plans; les extraits sonores
des deux jeunes filles étaient brefs et ne contenaient pas d'information
personnelle. Le grief n'a donc pas été retenu. Le Conseil estime toutefois
qu'il aurait été souhaitable que les mis-en-cause aillent encore plus loin
dans ces précautions, notamment en transformant les voix des jeunes filles
mineures interrogées, compte tenu du sujet du reportage.
    En ce qui a trait au grief pour l'utilisation d'un témoignage sans
consentement ou sous des prétextes trompeurs, il n'a pas été retenu par le
Conseil. Ce dernier a estimé qu'au-delà de formuler ces accusations, le
plaignant n'a ni contredit ni réfuté la réponse des mis-en-cause voulant que
ce soit la jeune fille qui ait donné librement et volontairement son
témoignage, en étant consciente du sujet et du contexte dans lequel il était
traité.
    Le plaignant déplorait aussi que le reportage ait juxtaposé erronément
des séquences créant une image préjudiciable à sa jeune fille, et
particulièrement d'avoir fait suivre les commentaires de cette dernière par
des images plutôt explicites d'une jeune femme qui offre ses charmes à un
"client". Après examen, le Conseil a observé que les informations de la
journaliste manquaient de précision dans une séquence précédant celle où la
jeune fille utilise les mots "Moi j'étais naive, puis je l'ai fait". Bien que
la jeune fille précise qu'il n'est "jamais arrivé d'affaires dangereuses", une
mise en contexte plus précise permettant de la distancer de tout acte
légalement ou moralement questionnable aurait été utile. Malgré cette réserve
le grief n'a pas été retenu, compte tenu de ce dernier commentaire émis par la
jeune fille et rapporté dans le reportage.
    Enfin, en ce qui a trait au grief pour sensationnalisme adressé aux
mis-en-cause, le Conseil n'a pas souscrit à cette opinion du plaignant,
estimant que ni les images, ni les propos de la jeune fille n'ont été
juxtaposés immédiatement aux images de comportement répréhensible comme celles
de la danseuse nue. De plus, ni le ton, ni le contenu du reportage ne
donnaient à penser que la journaliste était mue par une recherche de
sensationnalisme. Ce grief n'a pas été retenu
    Le Conseil a rejeté la plainte de M. Benoît Piché contre la journaliste
Isabelle Dorais et la station de télévision TVA-Sherbrooke mais a déploré une
déficience dans la mise en contexte et l'absence de modification de la voix de
la fille du plaignant.

    Décisions de la commission d'appel

    Lors de sa dernière réunion, la commission d'appel du Conseil de presse a
rendu 5 décisions dans les dossiers suivants :

    
    - D2007-02-065 Guy Gendron, journaliste; Jean-Luc Paquette, réalisateur;
      Monique Dumont, chef recherchiste et l'émission "Zone Libre Enquêtes"
      c. Dany Bouchard, journaliste et Le Journal de Montréal
    - D2007-02-062 Sarto Landry c. Jean Laroche, journaliste et Le Journal
      de Québec
    - D2007-02-066 Micheline Cabot c. The Gazette
    - D2007-02-067 Ahmed Bensaada c. La Presse
    - D2007-03-070 Robert Barberis c. André Pratte, éditorialiste en chef
      et La Presse
    

    La commission a maintenu toutes les décisions rendues par le comité des
plaintes et de l'éthique de l'information.

    Le texte intégral des décisions ainsi qu'un résumé des arguments des
parties en cause peuvent être consultés au www.conseildepresse.qc.ca, à la
section "Les décisions redues par le Conseil".




Renseignements :

Renseignements: Nathalie Verge, secrétaire générale, Conseil de presse
du Québec, (514) 529-2818; SOURCE: Marie-Eve Carignan, responsable des
communications, Conseil de presse du Québec, (514) 529-2818

Profil de l'entreprise

Conseil de presse du Québec

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