Le climat de récession tire à sa fin selon les économistes de Desjardins - Les probabilités penchent davantage pour une reprise graduelle



    LEVIS, QC, le 18 juin /CNW Telbec/ - Le pire de la tempête économique et
financière semble bel et bien passé ! Celle-ci a fait bien des dégâts sur son
passage et, avant que nous puissions retourner à un rythme normal, il faudra
nettoyer, réparer et reconstruire. Il est donc difficile d'imaginer que la
reprise sera aussi vigoureuse que ce qu'on a l'habitude de connaître après une
période de crise. C'est la conclusion tirée par les économistes du Mouvement
des caisses Desjardins dans leurs plus récentes prévisions économiques,
publiées aujourd'hui.
    "Des secteurs de l'activité économique comme la finance, l'immobilier,
l'automobile et la forêt ont été fortement malmenés. Il faudra du temps pour
recoller les morceaux. Même si le creux sera atteint à l'automne 2009, il
faudra patienter au moins jusqu'à l'automne 2010 avant de revenir au niveau de
production d'avant la récession et d'amorcer alors une réelle phase
d'expansion", a déclaré le vice-président et économiste en chef de Desjardins,
M. François Dupuis.

    Une reprise irrégulière à travers le Canada

    Le Québec, entré en récession à la fin de 2008, s'en tire mieux que
l'Ontario et l'ouest du pays. Peu dépendant du secteur automobile et moins
orienté vers les matières premières, il résiste davantage à la détérioration
de la conjoncture économique mondiale. L'accélération des investissements
publics, amorcée avant le début de la récession, aide également le Québec à
traverser la crise. "Même si les dommages sont relativement moins importants
qu'ailleurs, la récession est tout de même assez sévère. La baisse de 1,1 % du
PIB réel en février en témoigne", a pour sa part souligné le directeur et
économiste en chef adjoint de Desjardins, M. Yves St-Maurice.
    Malgré des désordres structurels moins aigus au Canada, il reste que le
pays possède un fort lien de dépendance envers son voisin du sud. Le marché
immobilier ne s'est cependant pas écroulé autant qu'aux Etats-Unis, et le
système bancaire a plus facilement traversé la crise des liquidités. En
revanche, la chute des prix du pétrole a eu des effets de richesse négatifs
importants dans certaines régions, les exportations se sont effondrées et
l'avenir du secteur automobile demeure sombre. Il devient clair que la reprise
économique au Canada se fera à un rythme lent, semblable à celui des
Etats-Unis. Le PIB réel canadien diminuera de 2,6 % en 2009 pour remonter de
1,7 % en 2010, estiment les économistes de Desjardins.
    L'économie des provinces évoluera donc inégalement, en fonction de leur
structure industrielle. Les provinces de l'Ouest, de même que
Terre-Neuve-et-Labrador sont davantage soumises aux soubresauts des prix de
l'énergie. L'Alberta, qui a enregistré une décroissance de sa production en
2008, après la diminution des prix du pétrole, affichera une baisse de son PIB
réel de 2,8 % cette année pour rebondir de 2,5 % en 2010.
    L'Ontario, lié étroitement aux Etats-Unis et à l'industrie automobile,
subira une baisse de production de 3,4 % en 2009 pour ne récupérer que 1,3 %
en 2010. Ce résultat contraste avec le Québec qui affichera une décroissance
de 1,7 % en 2009, suivie d'une remontée de 1,4 % en 2010. En ce moment, le
Québec tire avantage de sa structure économique différente. La
Colombie-Britannique se démarquera en 2010 avec un PIB réel en hausse de 3,0
%, une conséquence directe de la tenue des prochains Jeux olympiques d'hiver.

    La reprise mondiale devra s'appuyer sur les Etats-Unis

    Après avoir encaissé une chute brutale de 1,7 % en 2009, l'économie
mondiale connaîtra une croissance de 2,5 % en 2010, alors que le FMI considère
qu'un résultat de 3 % indique un environnement planétaire de récession. La
croissance prévue des pays industrialisés ne sera que de 1,1 % en 2010 et de
3,9 % pour les pays en voie de développement.
    Toujours selon les économistes de Desjardins, les Etats-Unis restent
l'élément déclencheur de la reprise mondiale. "Ils sont au coeur des échanges
commerciaux et financiers dans le monde et il faudra plus qu'une récession
pour changer cette évidence. Il est donc peu probable que l'économie de la
planète émerge indépendamment des Etats-Unis, d'autant plus que les échanges
commerciaux internationaux ont explosé au cours des dernières décennies",
ont-ils précisé.
    Les Etats-Unis se dirigent lentement vers une reprise économique à
l'automne, mais celle-ci ne sera pas éblouissante : une hausse du PIB réel de
1,4 % en 2010, après une baisse anticipée de 3 % en 2009.

    Il ne faut pas sous-estimer les problèmes structurels

    L'euphorie récente sur les marchés s'appuie en grande partie sur l'espoir
de voir la croissance économique bondir au cours des prochains mois. Elle
semble toutefois aussi exagérée que le pessimisme qui avait envahi la planète
l'automne dernier en prédisant une inévitable dépression à la saveur des
années 30. "Les sursauts des marchés boursiers, des prix du pétrole, du dollar
canadien et des taux d'intérêt ne devraient pas se poursuivre. Les prochains
mois seront plus calmes, quoiqu'il y ait des possibilités de correction au
cours de l'été", a déclaré M. Dupuis. Ce dernier estime que ce n'est qu'à
l'automne, lorsque les assises de la reprise économique se seront consolidées,
que les marchés pourraient avoir une seconde poussée d'optimisme, atténuée par
la persistance de problèmes structurels fondamentaux de l'économie américaine
et, à certains niveaux, mondiaux.
    Les crises vécues - hypothécaire, de liquidités ou économique - ont
laissé de profondes blessures. Les marchés immobiliers aux Etats-Unis et en
Europe ont été fortement endommagés et le déséquilibre persiste. Le système
financier mondial est engagé dans une longue convalescence et le bilan des
institutions financières est encore contaminé par des actifs toxiques. Au même
moment, les pertes sur prêts s'accumulent. Les producteurs automobiles sont en
pleine déroute, non seulement aux Etats-Unis, mais partout dans le monde. Il
faudra du temps, de la patience et beaucoup de sacrifices avant de rebâtir une
industrie automobile prospère qui cadrera mieux avec les objectifs de
développement durable. Plus près de nous, le secteur de la forêt et toute
l'industrie qui gravite autour, comme le bois d'oeuvre et les pâtes et
papiers, sont en péril.
    "Dans ce contexte, la reprise pourra difficilement être éclatante", a
renchéri M. St-Maurice. L'enthousiasme reviendra cependant en fin d'année,
poussant les prix du pétrole à près de 78 $ US le baril après une correction
possible durant l'été. Ceux-ci devraient se maintenir en moyenne à ce niveau
en 2009. Le S&P\TSX affichera à la fin de l'année une hausse d'environ 20 %,
alors que celle du S&P 500 sera de 8 %. L'an prochain, leurs rendements
respectifs seront de 11 % et de 14 %. Le dollar canadien, influencé par les
prix du pétrole, se maintiendra autour de 0,90 $ US d'ici la fin de l'année et
rejoindra la parité en deuxième moitié de 2010.

    Les banques centrales peuvent-elles lâcher prise ?

    "Sur ce point, la réponse est claire : non ! Au contraire, elles doivent
poursuivre leurs efforts", insiste M. Dupuis. Le système financier
international est encore fragile, exigeant une grande vigilance de la part des
autorités monétaires. Aux Etats-Unis, comme la Réserve fédérale (Fed) ne peut
plus agir du côté des taux directeurs, elle devra poursuivre et même bonifier
sa politique quantitative pour favoriser la relance et éviter que l'économie
ne retombe subitement. Compte tenu de l'évolution du marché obligataire, la
Fed poursuivra donc son programme d'achat d'obligations fédérales.
    Quant à la Banque du Canada, elle surveille l'évolution des indicateurs
économiques avant de passer à des actions non traditionnelles, ce qui serait,
pour l'instant, étonnant. "Le plus important, toutefois, est que les marchés
soient assurés que les banques centrales sont toujours prêtes à réagir
promptement à tout bouleversement", ont conclu les économistes de Desjardins.
    Pour plus de renseignements, consultez la revue <a href="http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/previsions/financieres_trimestrielles/">Prévisions économiques et
financières, Eté 2009, Etudes économiques, Mouvement Desjardins</a>
(<a href="http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/previsions/financieres_trimestrielles/">http://www.desjardins.com/fr/a_propos/etudes_economiques/previsions/financier
es_trimestrielles/</a>) sur le www.desjardins.com.

    A propos de Desjardins

    Le Mouvement des caisses Desjardins, avec un actif de l'ordre de 160
milliards de dollars, est le plus important groupe financier coopératif au
Canada et le huitième en importance dans le monde. S'appuyant sur la force de
son réseau de caisses au Québec et en Ontario, ainsi que sur l'apport de ses
filiales dont plusieurs sont actives à l'échelle canadienne, il offre toute la
gamme des produits et services financiers à ses 5,8 millions de membres et
clients - particuliers et entreprises. Le Mouvement des caisses Desjardins
c'est aussi le regroupement d'expertises en gestion de patrimoine, en
assurance de personnes et de dommages, en service aux entreprises de toutes
tailles, en valeurs mobilières, en gestion d'actifs, en capital de risque
ainsi que des modes d'accès virtuels sécuritaires, à la fine pointe de la
technologie, dans un concept d'offre intégrée unique au Canada. L'un des plus
importants employeurs au pays, il mise sur la compétence de ses 42 000
employés et l'engagement de ses 6 300 dirigeants élus. Pour en savoir plus,
consultez le site www.desjardins.com.




Renseignements :

Renseignements: à l'intention des journalistes uniquement): Hélène
Lavoie, Conseillère Information et Relations de presse, (514) 281-7275,
1-866-866-7000, poste 7275; François Dupuis, Vice-président et économiste en
chef, (514) 281-7000, 1-866-866-7000, poste 7322; Yves St-Maurice, Directeur
et économiste en chef adjoint, (514) 281-7000, 1-866-866-7000, poste 7009


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