Le CA du collège Edouard-Montpetit doit renoncer à instaurer des programmes en anglais



    MONTREAL, le 11 juin /CNW Telbec/ - Voici le texte de la déclaration
émise ce matin en conférence de presse par les organismes suivants :

    Le Mouvement Montréal français (MMf)
    L'Association générale des étudiants du collège Edouard-Montpetit
    (AGECEM)
    Le Syndicat des professeures et professeurs du collège Edouard-Montpetit
    (SPPCEM)
    Le Syndicat du personnel de soutien du collège Edouard-Montpetit (SPSCEM)
    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
    La Confédération des Syndicats nationaux (CSN)
    La Fédération des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ/CSN)
    La Fédération du personnel de soutien en éducation supérieure (FPSES/CSQ)
    Impératif français
    Le Mouvement national des Québécoises et des Québécois
    La Société nationale des Québécois du Richelieu-Saint-Laurent
    La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM)

    Alertées par le Syndicat des professeures et professeurs du Collège 
(SPPCEM), nous, organisations signataires de ce communiqué avons décidé
aujourd'hui de prendre la parole dans l'espoir que les membres du Conseil
d'administration du collège Edouard-Montpetit (qui seront réunis le 12 juin)
entendent notre message. Le Collège doit renoncer au projet d'instaurer des
programmes en anglais menant à un DEC et doit conserver intact le caractère
francophone de l'institution et de son école affiliée, l'Ecole nationale
d'aérotechnique (ENA). Il y va, pour nous, de la défense du caractère
francophone des institutions d'enseignement supérieur au Québec.

    Un processus de bilinguisation
    ------------------------------

    Même s'il n'est question pour l'instant que d'un programme en
aérotechnique (Maintenance d'aéronefs), nous savons en effet que le CA du
collège a donné le feu vert à sa direction, le 29 novembre 2005 pour demander
au ministère l'autorisation de dispenser en anglais tous les programmes
d'aérotechnique. Cet objectif a également été inscrit dans le Plan stratégique
du Collège 2006-2011. Si cette hypothèse se réalisait, compte tenu qu'il
s'agit de tous les programmes dispensés à l'ENA, c'est toute l'institution
elle-même qui entrerait dans un processus de bilinguisation. La situation est
d'autant plus préoccupante que la résolution du CA de 2005 mentionne également
un programme des techniques de la santé. Si bien qu'il est légitime de poser
la question : la direction du Collège envisage-t-elle de projeter l'image
d'une institution bilingue d'enseignement supérieur comme élément central de
"marketing" sur le marché de l'éducation?

    Il n'y a pas d'obligation
    -------------------------

    La direction du Collège justifie cette orientation en prétendant avoir
"une responsabilité", celle d'offrir cette formation en anglais sous prétexte
que le programme de Maintenance a été offert depuis 37 ans à la communauté
anglophone et que le John Abbott College a décidé de ne plus offrir ce
programme. S'il y a une responsabilité à cet égard, elle incombe au Ministère
et non au Collège Edouard-Montpetit. C'est au Ministère qu'il revient de fixer
les balises générales de développement du réseau, en matière linguistique tout
comme en regard de l'enrichissement de la carte des programmes.
    Les institutions francophones ne suppléent pas, jusqu'à maintenant, aux
programmes manquants dans les institutions anglophones ou à ceux que ces
dernières cessent de donner. Pourquoi cela changerait-il aujourd'hui? Les
programmes offerts en français ne sont pas tous dispensés également en
anglais. Le Ministère a mis sur pied deux réseaux d'enseignement distincts,
l'un en français, l'autre en anglais. Même si les programmes sont presque les
mêmes, il y a une étanchéité entre les autorisations de programmes et à moins
d'exception très particulière, tel le programme en tourisme partagé entre un
établissement francophone et un établissement anglophone, aucune institution
n'offre de l'enseignement simultanément dans les deux langues.
    La prétendue "responsabilité" dont se drape le Collège existe d'autant
moins que les jeunes anglophones "issus de la loi 101" sont parfaitement
capables de suivre leur formation en français, comme l'ont démontré les
étudiants de John Abbott College, qui venaient jusqu'ici terminer en français
à l'ENA leur troisième année de formation.

    Un impact majeur sur l'intégration et la francisation des nouveaux
    ------------------------------------------------------------------
    arrivants
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    Le collège Edouard-Montpetit a pour mission de se développer et d'offrir
tous ses programmes en français à des étudiants et étudiantes de toutes
origines ethniques et de diverses langues maternelles. Si certains éprouvent
des difficultés à étudier en français, il lui incombe non pas d'angliciser sa
mission, mais de leur fournir des cours d'appoint.
    Si le CA du collège Edouard-Montpetit poursuit sa démarche pour instaurer
des programmes en anglais, l'ensemble des intervenants du secteur de
l'éducation et de la promotion du français devront se mobiliser pour contrer
ce précédent dans la région montréalaise, où s'installent environ 85% des
nouveaux arrivants. L'accès au réseau collégial et universitaire n'étant pas
balisé par la Charte de la langue française, de plus en plus d'étudiants
allophones issus de l'école secondaire française choisissent de fréquenter le
cégep anglais. En 1990, les premiers "enfants de la Loi 101", les étudiants
allophones issus de l'école secondaire française, choisissaient de fréquenter
le cégep anglais dans une proportion de 27,1%. Depuis une dizaine d'années, le
choix de fréquenter un cégep anglais se situe au dessus de 40% chez ces
étudiants. Par contre, les étudiants allophones issus de l'école anglaise vont
à plus de 99% au cégep anglais.
    Récemment la Fédération des cégeps constatait que le nombre de demandes
d'admission dans les cégeps anglophones du Québec augmente plus vite que dans
l'ensemble des 48 cégeps du Québec. Entre 2000 et 2010, l'augmentation, dans
certaines institutions anglaises de Montréal, pourrait atteindre 35 %.
    De plus, la tentative d'angliciser le CEM est loin d'être un cas isolé.
Déjà l'Université du Québec à Montréal et l'Université de Montréal ont toutes
deux examiné la question des programmes en anglais pour finalement les
rejeter. Des programmes en anglais existaient à l'Université du Québec en
Outaouais (UQO), mais elle a finalement décidé d'abolir les programmes
d'études comprenant uniquement des cours en anglais.

    Un héritage à conserver, un caractère à affirmer
    ------------------------------------------------

    L'ENA s'est construite fièrement depuis 40 ans comme une institution
francophone technique de haut niveau, dans un milieu aéronautique largement
dominé par l'anglais. Elle a apporté une contribution non négligeable au vaste
effort de francisation des milieux techniques québécois. La langue de travail
au Québec étant le français, l'ENA doit préparer une main-d'oeuvre spécialisée
qui contribuera non pas à angliciser davantage le Québec, mais à le franciser.
Nous enjoignons donc le Conseil d'administration du Cégep Edouard-Montpetit,
dont relève l'ENA, d'avoir à coeur de conserver cet héritage et à ne pas faire
les premiers pas d'une démarche qui pourrait mener à l'effritement graduel du
caractère français de cette école et éventuellement du Collège. Il faut au
contraire réaffirmer la mission de l'ENA comme institution francophone,
appelée à rayonner internationalement dans le milieu aéronautique. Nous
invitons également la Ministre de l'Education à exprimer dès maintenant son
opposition à cette demande et son engagement à maintenir l'intégrité
linguistique des institutions d'enseignement supérieur au Québec.




Renseignements :

Renseignements: Patrick Sabourin, MMf, (514) 839-414

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Mouvement Montréal français

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