L'avis du CSE sur les projets pédagogiques particuliers au secondaire - Des constats souvent justes, mais des solutions parfois utopiques



    MONTREAL, le 19 avril /CNW Telbec/ - Le dernier avis du Conseil supérieur
de l'éducation sur les projets pédagogiques particuliers contient un certain
nombre de constats que les syndicats de l'éducation peuvent partager sans
réserve, mais les solutions préconisées pour remédier aux problèmes soulevés
semblent parfois relever de la pensée magique et suscitent un scepticisme
certain sur leur pertinence.
    C'est l'essentiel du message que la Centrale des syndicats du Québec,
conjointement avec deux de ses regroupements de l'éducation, la Fédération des
syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et la Fédération des professionnelles et
professionnel de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) avaient à livrer aujourd'hui
en réaction à cet avis.

    Des constats heureux

    Pour Johanne Fortier, de la FSE, le Conseil supérieur de l'éducation a
raison d'attirer l'attention sur les écueils qui guettent le foisonnement de
l'offre pour les projets particuliers. Leur caractère trop souvent sélectif
favorise l'exclusion et le rejet des jeunes qui avaient manifesté leur
intérêt, mais dont la candidature n'a pas été retenue. L'écrémage des classes
ordinaires au profit des projets sélectifs a un effet négatif bien réel,
d'autant qu'il est jumelé, selon la FSE, à une intégration de plus en plus
lourde d'élèves en difficulté. La concurrence est aussi déloyale entre l'école
publique et l'école privée qui ne fait pas sa part dans l'intégration des
élèves en difficulté. "Nous sommes heureux que le Conseil supérieur de
l'éducation partage ces constats et notre analyse de la situation, ajoute
Mme Fortier, mais nous ne croyons pas que la réforme de l'éducation, en soi,
ou la différenciation de l'enseignement constituent des façons efficaces de
régler les problèmes."

    Des constants moins heureux... même inquiétants

    Réjean Parent, président de la CSQ, souligne que ce sont plus que des
dérives qui guettent la multiplication des projets particuliers sélectifs. "Ce
n'est pas de risques dont il est question, mais bien plutôt d'effets pervers
bien réels et observables que nous dénonçons et qui ont de graves conséquences
sur l'égalité des chances de réussite à l'école", mentionne M. Parent.
    Le président de la CSQ déplore également que le CSE se soit attardé à
considérer la diversification pédagogique vers le haut, pendant que vers le
bas on procède à une intégration tous azimuts des élèves, à un tel point que
l'on assiste à une perte de sens de la classe ordinaire. "La classe ordinaire
est de plus en plus affectée par cette volonté d'intégration à tout prix et
l'on ne prend malheureusement pas le temps d'évaluer les conséquences de cette
façon de faire", déplore M. Réjean Parent.
    Une recommandation fait particulièrement réagir le président de la FPPE,
M. Jean Falardeau, soit celle disant qu'il faut réaffirmer et soutenir
publiquement et politiquement la mission sociale et la mission d'intégration
de l'école secondaire et lui donner les moyens de remplir cette mission. "Cela
est possible uniquement à la condition que les enseignants reçoivent l'appui
de professionnels de l'éducation en nombre suffisant, ce qui est loin d'être
le cas présentement", déplore M. Falardeau.

    D'importantes mises en garde

    La CSQ, la FSE et la FPPE tiennent également à apporter un bémol sur
l'affirmation du CSE voulant que les orientations ministérielles favorisant
l'intégration des élèves à risque, des élèves handicapés et des élèves en
difficulté d'adaptation ou d'apprentissage soient un puissant facteur
d'hétérogénéité scolaire. "Ce n'est plus vrai si l'on a auparavant exclu les
meilleurs élèves de la classe comme c'est trop souvent le cas actuellement. En
agissant ainsi, on rabaisse malheureusement le niveau de la classe au
détriment des autres élèves", expliquent les trois dirigeants syndicaux.
    Même crainte lorsque le CSE omet les orientations de la réforme d'une
diversification avec orientation vers l'emploi immédiatement après la deuxième
secondaire. Les représentants syndicaux craignent que cela ait un impact
négatif sur la classe et les élèves, un impact qui est sous-estimé par le CSE.
    Les présidents de la CSQ, de la FSE et de la FPPE sont également
sceptiques sur la volonté de privilégier l'axe local dans la gestion et la
régulation de l'offre de projets pédagogiques particuliers. Ils croient plutôt
que le ministre de l'Education doit continuer à assumer ce rôle majeur. Quant
à l'orientation proposant de miser sur la complémentarité des deux réseaux
d'enseignement, public et privé, les leaders syndicaux croient qu'il faut
prendre le temps de bien mesurer les impacts possibles d'une telle approche.

    Rejet unanime et ferme du concept de douance

    En terminant, les dirigeants syndicaux dénoncent d'une seule voix la
proposition du CSE d'offrir des services adaptés aux élèves reconnus comme
étant doués. "Nous rejetons fermement un tel concept de douance qui frise
l'eugénisme. Il faut plutôt trouver des façons pour aider chaque élève à tirer
le maximum de sa fréquentation de l'école publique. L'école va mieux réussir
et sera meilleure si c'est l'école de tout le monde et que tous peuvent
s'entraider", concluent-ils.

    Profil de la CSQ

    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente 175 000 membres,
dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant
dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la
santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la
culture, du communautaire et des communications.

    Profil de la FSE

    La Fédération des syndicats de l'enseignement est affiliée à la Centrale
des syndicats du Québec. Elle est formée de la plupart des syndicats
d'enseignantes et enseignants de commissions scolaires du Québec. Elle négocie
en cartel avec l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du
Québec, son pendant vis-à-vis des commissions scolaires anglophones. Elle
compte près de 70 000 membres.

    Profil de la FPPE

    La FPPE est affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). Elle
est constituée de 21 syndicats affiliés représentant environ 5 700 membres
répartis dans la majorité des commissions scolaires francophones, anglophones,
Crie et Kativik du Québec.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse CSQ, cell.: (514)
237-4432; Jean Laporte, Attaché de presse FSE, cell.: (418) 563-7193


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