Lauréats du prix Judith-Jasmin 2016

SAINT-SAUVEUR, QC, le 19 nov. 2016 /CNW Telbec/ - La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a dévoilé, aujourd'hui, les lauréats de la 41e édition du prestigieux prix Judith-Jasmin. Ce prix, remis lors de son congrès annuel, honore les meilleures oeuvres journalistiques de l'année au Québec, tous médias confondus.

Les gagnants sont :

Grand prix

Le grand jury décerne cette année le Grand prix Judith-Jasmin à Josée Dupuis et Emmanuel Marchand, de Radio-Canada, pour leur remarquable enquête intitulée « Abus de la SQ : les femmes brisent le silence » diffusée à l'émission Enquête en octobre 2015.

Le grand jury est composé des anciens présidents de la FPJQ. Il sélectionne un grand gagnant, parmi les lauréats de toutes les catégories.

Le mot du grand jury :

« D'une qualité exceptionnelle, ce reportage a créé une véritable onde de choc dans tout le pays. Le jury a bien entendu constaté qu'il a eu un grand impact, mais il a aussi été impressionné par les démarches suivies par les journalistes pour traiter un sujet aussi délicat, dans un contexte aussi difficile.

Il fallait sans aucun doute beaucoup de compassion et faire preuve de persévérance pour convaincre des femmes autochtones de parler à visage découvert des sévices qu'elles ont subis et des événements douloureux qu'elles ont traversés. Manifestement, Mme Dupuis et M. Marchand ont fait un long travail préalable pour gagner leur confiance, une confiance qu'ils n'ont jamais trahie. Ils leur ont montré qu'il y a des professionnels, dans la société, sur qui les personnes démunies peuvent compter pour faire entendre leur voix : les journalistes professionnels.

Leur reportage a ému tout le Québec. Le gouvernement québécois a débloqué six millions de dollars pour des programmes d'aide aux femmes autochtones de Val-d'Or. Le reportage a probablement accéléré la mise sur pied de la commission d'enquête sur la violence faite aux femmes autochtones au Canada, annoncée cet été. Les policiers de Montréal qui ont ensuite enquêté sur les agissements allégués de leurs collègues de la Sûreté du Québec (SQ) n'ont pas recueilli de preuves suffisantes pour que des accusations criminelles soient portées. Mais espérons que cela ne découragera pas les femmes autochtones de parler, et les journalistes de les écouter. »

Catégorie Enquête

Dans la catégorie Enquête, le prix Judith-Jasmin est attribué à Isabelle Hachey, de La Presse, pour son reportage « La véritable histoire du Schindler juif ».

Le mot du jury :

« Le jury salue la démarche exemplaire d'Isabelle Hachey qui est allée vérifier sur le terrain le rôle réel joué par celui qui se présentait comme un "Schindler juif" et avait réussi, au moment du reportage, à recueillir 875 000 $ pour financer ses activités. Des doutes avaient déjà été soulevés sur les activités de Steve Maman, mais seul un travail d'enquête systématique pouvait permettre d'en avoir le coeur net. Le jury a été impressionné par le degré de difficulté que posait cette enquête et par la force et la pertinence des témoignages recueillis auprès de réfugiés dans le Kurdistan irakien et auprès d'autorités politiques et policières en Irak et au Canada. La vérification des faits est à la base du métier de journaliste. Un travail mené avec rigueur, ténacité et audace. »

Le jury était composé de François Bourque, chroniqueur au Soleil, Monic Néron, chroniqueuse aux affaires judiciaires et criminelles au 98,5 FM, et Pierre Sormany, journaliste et éditeur à la retraite.

Catégorie Grand reportage

Dans la catégorie Grand reportage, le prix Judith-Jasmin est attribué à Chantal Lavigne, de Radio-Canada, pour son exceptionnel grand reportage « Le profit avant les vaccins », sur la crise du virus Ebola.

Le mot du jury :

« Par un travail de recherche impeccable, des témoignages variés et convaincants, un récit bien construit, ce reportage met en lumière l'écart entre les besoins en santé publique d'une population et la logique commerciale de l'industrie pharmaceutique. Un traitement critique mais équilibré et un regard tout à fait inédit sur la crise du virus Ebola. »

Le jury de pré-sélection était composé de Michel Auger, journaliste à la retraite du Journal de Montréal, Catherine Mauffette, directrice de l'information de Cogeco Nouvelles et Radio Circulation, et Madeleine Poulin, journaliste à la retraite de Radio-Canada.

Le jury de post-sélection était composé de Colette Brin, professeure de journalisme à l'Université Laval, Bernard Derome, journaliste, et Michaël Nguyen, journaliste au Journal de Montréal.

Catégorie Nouvelles - médias nationaux

Dans la catégorie Nouvelles - médias nationaux, le prix Judith-Jasmin est attribué à Sylvie Fournier, de Radio-Canada, pour la nouvelle sur l'Office national de l'énergie « TransCanada : des raccords problématiques ».

Le mot du jury :

« L'Office national de l'énergie savait depuis 2008 que des raccords en acier utilisés dans des pipelines au Canada ont une faible résistance à la rupture, mais il a attendu huit ans avant de demander des comptes à l'industrie. Or, la compagnie TransCanada exploite à elle seule plus de 1 400 de ces raccords problématiques, et c'est d'ailleurs la rupture de l'un d'eux qui est à l'origine d'une fuite dans un gazoduc survenue en 2013 en Alberta.

La journaliste a su repérer cette information parmi les milliers de pages de documents techniques rébarbatifs déposés sur le site web de l'Office, puis a réussi à la valider à l'aide d'une source bien au fait du dossier.

La nouvelle, diffusée à la veille des audiences sur le projet de pipeline Énergie Est, a alimenté les doutes sur la crédibilité de l'organisme et forcé à suspendre son processus d'audiences face à l'ampleur des protestations. »

Le jury était composé de Valérie Borde, journaliste indépendante, Jean-Luc Lorry, journaliste au Courrier de Saint-Hyacinthe, et Mylène Moisan, journaliste au Soleil.

Catégorie Nouvelles - médias locaux et régionaux

Dans la catégorie Nouvelles - médias locaux et régionaux, le prix Judith-Jasmin est décerné à Justine Mercier, du Droit, pour sa nouvelle « Un calvaire mortel à l'hôpital de Gatineau ».

Le mot du jury :

« Justine Mercier mérite selon nous le premier prix pour son reportage, qui présente le récit troublant des derniers jours d'un homme qui n'aurait pas dû mourir à l'hôpital. Le témoignage de la veuve a fait réagir la direction de l'hôpital, qui a demandé à un coroner d'enquêter. Dans son rapport rendu public quelques mois plus tard, celui-ci a confirmé les affirmations de la veuve, et du coup validé tout l'intérêt du reportage, en qualifiant l'urgence de l'hôpital de "pire du monde occidental". 

La journaliste a bien suivi son dossier au fil de ses développements. Elle nous a présenté le dossier avec rigueur et délicatesse. C'est du journalisme comme on doit l'enseigner à l'école : rigoureux, acharné, qui sert l'intérêt de la population et fait bouger les choses. »

Le jury était composé d'Olivier Bourque, journaliste à TVA, Isabelle Porter, journaliste au Devoir et David Santerre, journaliste à La Presse.

Catégorie Opinion

Dans la catégorie Opinion, le prix Judith-Jasmin est remis à Mario Girard, pour son texte « Jutra et les garçons », paru dans La Presse.

Le mot du jury :

« Le jury souligne le courage qu'il a fallu pour mettre en lumière la pédophilie de Claude Jutra, sachant la tempête et la controverse que ce déboulonnage provoquerait. Un travail d'autant plus méritoire qu'il levait en même temps le voile sur la complaisance avec laquelle on s'accommode encore aujourd'hui des abus sexuels de certaines de nos icônes. Le texte de Mario Girard, rédigé dans un style limpide et direct‎, a fait ce qu'on attend d'une bonne chronique : il offre matière à réflexion aux lecteurs, tout en ayant un grand impact sur la société. »

Le jury était composé de Alec Castonguay, journaliste à L'actualité, Kathryne Lamontagne, journaliste au Journal de Québec, et Pierre Tourangeau, journaliste à la retraite de Radio-Canada.

Catégorie Journalisme de service

Dans la catégorie journalisme de service, le prix Judith-Jasmin est remporté par Vincent Larouche et Simon Giroux, de La Presse, pour leur reportage « La Presse en Côte d'Ivoire : sur les traces des brouteurs ».

Le mot du jury :

« En s'arrimant d'abord à un drame survenu près de chez nous, le suicide d'un jeune homme québécois victime d'une arnaque en ligne, Vincent Larouche et Simon Giroux sont partis à la rencontre des "brouteurs" en Côte d'Ivoire. Ils ont ainsi contribué à démystifier les coulisses de ces arnaques qui non seulement polluent les boîtes de courriel, mais peuvent avoir des conséquences tragiques. Ils ont su présenter l'envers du décor d'un point de vue technique tout en montrant les difficultés de la traque policière et les motivations personnelles des arnaqueurs. Le travail de terrain et les entrevues, autant en textes qu'en vidéos, ont permis de faire ressortir ces différents éléments. »

Le jury était composé de Florent Daudens, directeur de l'information numérique au Devoir, Christian Duperron, chef de nouvelles au Huffington Post Québec et Louise Gendron, journaliste principale à Châtelaine.

Catégorie Entrevue ou portrait

Dans la catégorie Entrevue ou portrait, le prix Judith-Jasmin est remis à Marco Fortier, Le Devoir, pour son article « Voyage au bout de la vie ».

Le mot du jury :

«"Voyage jusqu'au bout de la vie" représente, pour nous, un exemple de la puissance et de l'utilité des reportages de style portrait. On y apprend à connaître une vie, même si, dans ce cas-ci, celle-ci se retrouve fauchée. Des portraits comme celui-ci, il n'en existe pas beaucoup, et c'est ce travail exceptionnel que nous avons voulu souligner. »

Le jury de pré-sélection était composé de France Dauphin, journaliste à la retraite de Radio-Canada, Kevin Dougherty, journaliste indépendant, et Jean Roy, directeur de l'information à la retraite de la Presse Canadienne.

Le jury de post-sélection était composé d'Ingrid Peritz, journaliste-correspondante au Globe and Mail, Lise Ravary, chroniqueuse au Journal de Montréal, et Jeff Yates, journaliste au Journal Métro.

Catégorie Journalisme spécialisé (« beat »)

Dans la catégorie journalisme spécialisé (« beat »), le prix Judith-Jasmin est remis à Alexandre Shields, du Devoir, pour sa spécialisation en environnement.

Le mot du jury :

« Les trois articles d'Alexandre Shields démontrent sa grande expertise dans le domaine de l'environnement. De plus, il écrit de manière claire et concise. Il s'intéresse ici au fameux pipeline Énergie Est, de la compagnie TransCanada, entre autres, au fait que "le gouvernement contrevient à sa propre loi sur la qualité de l'environnement en n'obligeant pas TransCanada à se soumettre à une évaluation complète son projet de pipeline". Le travail de ce journaliste a de l'impact et contribue à renseigner la population sur cet enjeu capital et sur toutes les grandes questions environnementales. Il en est "le chien de garde" face au gouvernement et à l'industrie. Nous avons arrêté notre choix en tenant compte également de la volonté du Devoir de maintenir le "beat" environnement. »

Le jury de pré-sélection était composé d'Andrée Ducharme, journaliste à TVA, Guillaume Lavallée, ex-reporter international et professeur de journalisme à l'UQAM, et André Noël, journaliste d'enquête et auteur.

Le jury de post-sélection était composé de Michel Corbeil, journaliste à la retraite du Soleil, Josée Dupuis, journaliste à Radio-Canada, et Catherine Solyom, journaliste à The Gazette.

Prix Hommage

Le prix Judith-Jasmin Hommage, qui honore l'ensemble d'une carrière journalistique remarquable, est décerné cette année à Lise Bissonnette.

Entrée comme reporter au Devoir en 1974 pour couvrir l'éducation, elle a été correspondante parlementaire pour le quotidien, d'abord à Québec puis à Ottawa, ensuite éditorialiste et rédactrice en chef. Comme journaliste indépendante à la fin des années 1980, elle a contribué à L'actualité, au Globe and Mail et au Soleil.

En 1990, elle est nommée directrice du Devoir. Elle le quittera, tout comme le journalisme, en 1998, l'année où elle reçoit, par ailleurs, l'Ordre de la Pléiade de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Durant 11 ans, elle présidera la Grande Bibliothèque du Québec, qui deviendra sous sa gouverne la Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Lise Bissonnette est récipiendaire, notamment, de neuf doctorats honorifiques et de la Légion d'honneur du gouvernement français.

Récemment, elle est revenue à ses premières amours en acceptant de commenter l'actualité à l'émission Midi Info, diffusée à la Première Chaîne de Radio-Canada.

Le prix Judith-Jasmin Hommage vise à souligner la carrière d'un journaliste ayant marqué la profession au Québec. Il est choisi par les anciens présidents de la FPJQ.

 

SOURCE FEDERATION PROFESSIONNELLE DES JOURNALISTES DU QUEBEC

Renseignements : Caroline Locher, FPJQ, 514 522-6142 ou Caroline.Locher@fpjq.org

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www.fpjq.org

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