L'Association médicale du Québec accueille favorablement plusieurs des recommandations du comité Castonguay



    MONTREAL, le 19 fév. /CNW Telbec/ - "Les principales recommandations
contenues dans le rapport Castonguay sont des avenues prometteuses pour régler
le problème de financement que connaît notre système de santé. Il est temps de
poser des gestes concrets afin de modifier de façon significative les modes de
financement et de prestation des services de santé. Le statu quo n'est plus
viable et le rapport Castonguay offre des pistes qui méritent d'être étudiées
attentivement."
    C'est en ces termes que le président de l'AMQ, le Dr Jean-Bernard
Trudeau, a réagi, de façon préliminaire, au rapport rendu public aujourd'hui
par le groupe de travail sur le financement de la santé. Le président de l'AMQ
a d'ailleurs souligné que plusieurs des recommandations reflètent la position
qu'a adoptée publiquement l'AMQ au cours des dernières années.

    L'évaluation de la performance

    Pour le président de l'AMQ, parmi toutes les recommandations, celles
touchant l'évaluation de la performance sont celles qui apparaissent les plus
prometteuses.
    "Il est indispensable de mettre en place les outils qui nous permettront
de mesurer la performance administrative et clinique de nos établissements,
commente le Dr Trudeau. Comment pouvons-nous nous améliorer et nous comparer
si nous ne savons même pas combien coûtent une intervention chirurgicale ou un
épisode de soins ? Nous devons évaluer l'efficience, l'efficacité et la
pertinence de nos activités cliniques afin de nous assurer que nous faisons
les bonnes choses, de la bonne manière."
    Le président de l'AMQ rappelle que l'amélioration de l'organisation
médicale constitue l'une des pistes privilégiées à explorer. "Un meilleur
travail en équipe, des communications plus efficaces entre les différentes
catégories de professionnels, mais aussi entre les omnipraticiens et les
spécialistes, le partage de l'information clinique sont autant de voies qu'il
faut examiner", souligne le Dr Trudeau. Dans un sondage Léger Marketing
commandé en 2006 par l'AMQ, 84 % des médecins québécois se disaient ouverts à
collaborer plus étroitement avec d'autres catégories de professionnels dans le
but d'améliorer les services aux patients.
    Sous réserve d'une analyse plus approfondie du contenu, le Dr Trudeau
tient à réagir de façon préliminaire à quelques-unes des recommandations du
rapport Castonguay.

    Mixité de la pratique médicale

    L'AMQ est d'accord avec la recommandation du groupe de travail de
permettre aux médecins de travailler à la fois dans le secteur privé et dans
le secteur public. Cette pratique doit toutefois être bien encadrée, afin que
soient préservés les efforts déployés au cours des dernières années en vue de
solutionner la pénurie de médecins.
    Selon le président de l'AMQ, il faut absolument agir face à la
sous-utilisation de certains spécialistes et augmenter la capacité du système.
"Dans certaines spécialités chirurgicales, la levée de la barrière étanche
entre la pratique publique et la pratique privée permettrait vraisemblablement
d'accroître le nombre d'interventions, sans avoir à investir dans les
infrastructures. Cela serait aussi un facteur de rétention non négligeable
pour les spécialistes formés à grands frais dans les facultés de médecine
québécoises."
    Le Dr Trudeau rappelle que dans un sondage Léger Marketing commandé par
l'AMQ et effectué auprès de la population du Québec en 2006, 90 % des citoyens
se disaient d'accord avec le fait que les médecins pratiquent à la fois dans
le secteur public et dans le secteur privé, à condition qu'un certain quota de
services dans le secteur public soit respecté.

    Modes de financement des établissements de santé

    Les hôpitaux constituent la principale source de dépenses de notre
système de santé. Or, le financement des hôpitaux est encore très largement
accordé sur une base historique. Un tel type de financement entraîne des
effets pervers majeurs. Les patients sont considérés comme autant d'occasions
de ponctionner un budget par définition limité et le rationnement devient un
mode de gestion.
    Selon le président de l'AMQ, il faut envisager un financement public axé
sur les patients, un régime où l'argent suit le patient. "Pour les cliniciens
et les gestionnaires, les patients doivent être considérés comme une source de
revenus et non comme une source de dépenses."
    L'AMQ est donc en faveur de mesures qui introduiraient des mécanismes de
marché qui susciteront l'émulation entre les établissements publics.

    Tarification assumée par les usagers

    Comme elle l'a fait dans le passé, l'AMQ rejette toute forme de "ticket
modérateur" que le médecin aurait l'odieux de mettre en application. A cet
égard, toute solution doit nécessairement passer par la fiscalité. Selon le
président de l'AMQ, la question qu'il faut se poser est de savoir si on
privilégie un financement provenant de la fiscalité générale, comme c'est le
cas présentement, on opte pour une fiscalité "ciblée", comme un fonds de santé
bien identifié.
    "Je suis convaincu qu'une majorité de citoyens serait d'accord pour
accroître sa contribution financière aux services sociosanitaires, à la
condition qu'ils aient l'assurance que les fonds ainsi recueillis soient
effectivement alloués à la santé et aux services sociaux et que leur
utilisation soit efficace", souligne le Dr Trudeau. Dans cette optique, l'AMQ
voit d'un bon oeil la création d'un fonds consacré à la santé.
    Le Dr Trudeau émet toutefois de sérieuses réserves sur la proposition de
permettre aux cliniques médicales de percevoir une cotisation annuelle auprès
des patients. "Quand on sait que 25 % des Québécois n'ont pas accès à un
médecin de famille, il faut accueillir avec beaucoup de prudence une mesure
qui pourrait devenir un frein à l'accessibilité. De toute évidence, il faudra
évaluer l'impact de cette mesure avant d'aller plus loin dans cette voie."

    La place du privé en santé

    En ce qui a trait à la place du secteur privé dans la prestation des
services de santé, l'AMQ est d'avis qu'elle est souhaitable dans la mesure ou
elle serait étroitement balisée et qu'elle se traduirait par une amélioration
de l'accessibilité des services.
    Quant à l'hypothèse de confier au secteur privé la gestion
d'établissements de santé, via un projet-pilote, le président de l'AMQ est
d'accord avec la proposition, mais considère qu'il faut d'abord agir sur les
conditions d'exercice de la gestion publique. "Ce qu'il faut remettre en
question, ce n'est pas le caractère public de la gestion des services de
santé, mais plutôt le carcan administratif dans lequel cette gestion
s'effectue. Si les paramètres actuels sont maintenus, le secteur privé plongé
dans la gestion d'établissements de santé publics se heurterait aux mêmes
contraintes que les gestionnaires actuels."

    L'Association médicale du Québec entend consulter ses membres au cours
des prochains jours sur les principaux enjeux soulevés dans le rapport
Castonguay et rendra publics les résultats de cette consultation.

    L'Association médicale du Québec est une organisation non syndicale qui
regroupe plus de 9 000 médecins omnipraticiens, spécialistes et résidents,
ainsi que des étudiants en médecine.
    Elle a pour mission de rassembler et soutenir les médecins du Québec afin
de garantir à la population québécoise des soins et des conditions de santé de
qualité.




Renseignements :

Renseignements: Pour toute demande d'entrevue, communiquez avec:
Caroline Couillard, Conseillère principale, Morin Relations Publiques, (514)
289-8688, poste 233, sans frais: 1 877 289-7007, Cell.: (514) 755-5729,
téléc.: (514) 289-0872, caroline@morinrp.com; Source: Robert Nadon, Directeur,
Affaires publiques et professionnelles, (514) 866-0660, 1-800-363-3932,
robert.nadon@amq.ca


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.