L'agitation politique fait grimper l'Indice Scotia des prix des produits de base

  • L'Arabie saoudite a repris son rôle de producteur d'appoint pour calmer les marchés mondiaux.

TORONTO, le 28 févr. /CNW/ - L'Indice des prix des produits de base de la Banque Scotia, qui évalue les tendances influant sur le prix de 32 des principales exportations canadiennes, a gagné 2,7 % d'un mois sur l'autre en janvier, progressant ainsi pour un septième mois consécutif. L'indice global est actuellement supérieur de 47,4 % à son niveau d'avril 2009, alors qu'il se trouvait dans un creux cyclique, et est à son niveau le plus élevé depuis septembre 2008.

« Dans l'ensemble, le prix des produits de base devrait encore augmenter légèrement en février. Toutefois, à la fin du mois dernier, le pétrole et les métaux précieux ont gagné du terrain au détriment des métaux de base, compte tenu de l'agitation politique qui règne en Libye, en Algérie et dans certaines régions du Moyen-Orient », a déclaré Patricia Mohr, vice-présidente d'Études économiques Scotia et spécialiste du marché des produits de base à la Banque Scotia.   

Indice des produits agricoles

L'indice des produits agricoles a dominé en janvier avec un bond de 5,5 % d'un mois à l'autre. Des gains ont été enregistrés de façon généralisée, spécialement dans les céréales et les oléagineux, le bétail (porc et bœuf) et le poisson. Les prix au comptant du canola (FAB Vancouver) - la culture la plus lucrative dans l'ouest du Canada - ont affiché le gain le plus marqué en glissement annuel (soit une hausse de 55,1 %), parallèlement à une forte demande mondiale d'huiles végétales (particulièrement en Chine et en Inde).

« L'augmentation soudaine des prix des produits agricoles à l'échelle mondiale dans la dernière année est attribuable à des conditions météorologiques défavorables, par exemple la sécheresse dans la région productrice de blé des 12 États de l'ancienne Union soviétique au printemps dernier et les inondations liées à La Niña dans le Queensland, en Australie - ordinairement le troisième exportateur de sucre au monde -, mais aussi à l'intensification de la concurrence pour des terres arables entre les cultures destinées à la production d'aliments et celles destinées à la production de carburant », a souligné Mme Mohr.

Selon le rapport, plusieurs campagnes agricoles pourraient devoir s'écouler avant que les stocks de maïs et de soja aux États-Unis, qui sont actuellement limités, puissent se reconstituer, en dépit de la plantation massive de maïs prévue aux États-Unis ce printemps et de prévisions météorologiques normales. Les marchés du blé devraient se resserrer davantage en 2011-2012 : la récolte de blé d'automne aux États-Unis s'annonce maigre, la culture du blé a été abandonnée au profit de celle du maïs et du soja sur certaines acres de terre aux États-Unis (en partie pour la production de biocarburants) et une sécheresse a récemment nui aux conditions de croissance en Russie. Les prix du bœuf pourraient grimper à un niveau record parallèlement à un déclin des troupeaux. À mesure que les prix montent dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, le prix des aliments au supermarché devrait aussi grimper au Canada et aux États-Unis.

Pétrole et gaz

Le sous-indice du pétrole et du gaz a affiché un déclin surprenant en janvier (-0,5 % d'un mois à l'autre), lequel est partiellement attribuable à la répartition du brut canadien sur un important pipeline d'exportation à cause de réparations, les stocks s'accumulant à Superior, au Wisconsin. En revanche, les prix du pétrole WTI - pétrole brut léger et non corrosif négocié au NYMEX - sont restés sensiblement stables en janvier, à 89,58 $ US le baril (en hausse par rapport à 78,38 $ US il y a un an).

Les prix devraient toutefois remonter au Canada en février et en mars, compte tenu du fait que le WTI et les prix du pétrole à l'échelle internationale ont récemment bondi. Le pétrole WTI a en effet grimpé à 97,88 $ US le 25 février (en hausse de plus de 11 $ US la semaine dernière). La réduction des exportations de la Libye, conjuguée à la crainte que l'agitation puisse s'intensifier en Algérie (un autre producteur notable de l'OPEP) et s'étendre éventuellement à d'autres pays du golfe Persique, a fait monter les prix. La volatilité s'est avérée extrême : le prix du WTI a franchi la barre des 103 $ US et celui du Brent a avoisiné les 120 $ US au cours de négociations intrajournalières la semaine dernière.

Pour calmer les marchés mondiaux du pétrole, l'Arabie saoudite a repris son rôle de fournisseur d'appoint, haussant sa production à plus de 9 millions de barils par jour pour compenser la réduction des exportations de la Libye. « Le monde est beaucoup mieux préparé à affronter une crise de l'approvisionnement pétrolier aujourd'hui qu'il ne l'était au milieu de l'année 2008, lorsque les prix du pétrole WTI avaient atteint le sommet vertigineux de 147,90 $ US dans le contexte d'une forte demande mondiale et de la diminution de la capacité excédentaire de l'OPEP », a fait valoir Mme Mohr. « L'Arabie saoudite a engagé des investissements considérables pour accroître sa capacité de production dans les dernières années : la capacité excédentaire du pays est d'au moins 3,5 millions de barils par jour et peut entrer en production en 30 jours. Il est intéressant de souligner que l'Arabie saoudite produit la plus grande partie de la capacité excédentaire de l'OPEP, soit au moins 71 %, exception faite de l'Irak. La stabilité de l'approvisionnement pétrolier de l'Arabie saoudite est donc d'une importance capitale. » Les prévisions de prix pour le pétrole WTI ont été revues légèrement à la hausse pour 2011 et 2012, soit à 97 $ US et à 100 $ US, respectivement, de manière à rendre compte de l'augmentation de la prime de risque associée aux prix mondiaux du pétrole. 

Métaux et minéraux

L'indice des métaux et des minéraux a poursuivi sa progression en janvier avec une hausse de 3,9 % d'un mois à l'autre. La vigueur générale des métaux de base, l'explosion des prix du charbon à coke dur de qualité supérieure et la hausse des prix de l'uranium ont largement contribué au repli temporaire du prix des métaux précieux (or et argent).

« Sur les marchés de la potasse, les perspectives pour la prochaine année sont extrêmement positives en ce qui a trait à la demande et aux prix, étant donné que la hausse du prix des cultures incitera les agriculteurs à étendre plus d'engrais », a indiqué Mme Mohr. « Les livraisons mondiales de potasse en 2011 pourraient grimper jusqu'à 55 à 60 millions de tonnes, le contexte n'ayant pratiquement jamais été aussi favorable à l'épandage d'engrais ».

Les producteurs de l'Ouest canadien peuvent également s'attendre à une montée des prix des contrats pour le charbon à coke dur de qualité supérieure, qui pourrait passer de 225 $ US la tonne au quatrième trimestre de l'exercice financier japonais 2010 (de janvier à mars) à un nouveau record de 330 $ US au premier trimestre de l'exercice financier japonais 2011. Les inondations dans le Queensland ont contribué à réduire les expéditions et à restreindre considérablement l'approvisionnement sur les marchés asiatiques.

Indice des prix des produits forestiers

L'indice des prix des produits forestiers a lui aussi affiché une croissance de 2,5 % d'un mois à l'autre en janvier. Cette progression a été dominée par la hausse des prix du bois d'œuvre et des panneaux OSB et par une croissance des prix des contrats pour le papier SC-A (utilisé dans les magazines, les catalogues et le publipostage). Les prix de la pâte kraft blanchie de résineux de l'hémisphère nord ont continué à faire bonne figure.

« Les prix du bois d'œuvre, tout en restant volatiles, continuent de reprendre de la vigueur malgré le nombre limité de mises en chantier aux États-Unis, qui était de seulement 596 000 unités annualisées en janvier », a conclu Mme Mohr. « L'augmentation des importations chinoises de bois d'œuvre canadien, surtout de la Colombie-Britannique, est le principal facteur à l'origine de la reprise du marché. »

Études économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.

SOURCE Banque Scotia - Rapports Economiques

Renseignements :

Patricia Mohr, Études économiques Scotia, 416-866-4210, pat_mohr@scotiacapital.com;
Patty Stathokostas, Relations avec les médias, Banque Scotia, 416-866-3625, patty_stathokostas@scotiacapital.com

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