La violence par contamination : les agents correctionnels demandent une loi sur le prélèvement d'échantillons de sang

OTTAWA, le 28 sept. 2011 /CNW Telbec/ - Imaginez-vous que votre réalité de travail comprend le risque de vous faire projeter au visage une tasse d'excrément, d'urine, ou d'autres liquides organiques; de vous faire mordre, égratigner, ou cracher dessus; de vous faire piquer avec une seringue contaminée. Ces évènements sont d'incidence courante pour les agentes et les agents correctionnels fédéraux.

C'est à cause de cette réalité que le Syndicat des agents correctionnels (UCCO-SACC-CSN) demande que soit adoptée une loi fédérale pour le prélèvement d'échantillons sanguins. Il s'agit d'une loi que le Parti Conservateur a promis d'adopter il y a maintenant plus de 5 ans.

« Nous avons assez attendu, a déclaré Pierre Mallette, président national d'UCCO-SACC-CSN. Nos pénitenciers sont de plus en plus surpeuplés et dangereux. Il est temps d'agir. »

Ce phénomène prend de l'ampleur au sein de la population carcérale : les attaques contre des agentes et des agents correctionnels et d'autres membres du personnel dirigées au moyen de déchets ou de liquides organiques se produisent sur une base hebdomadaire, voir quotidienne, qu'il s'agisse de matières fécales, d'urine, de sperme, de sang ou de salive. Les agents correctionnels rapportent ce type d'attaque toutes les semaines, parfois plusieurs jours de suite.

Étant donné les taux astronomiques de maladies infectieuses parmi les détenus dans les pénitenciers fédéraux, ces attaques constituent potentiellement un danger mortel. On estime que la présence de l'hépatite C dans les pénitenciers fédéraux (17 % - 40 %) est de 20 à 50 fois supérieure de celle au sein de la population canadienne en général (0,8 %), alors que les taux de VIH sont de 5 à 40 fois supérieurs (1 % à 8 % par rapport à 0,2 %). (Source : Agence de santé publique du Canada, 2006).

« Les agents correctionnels considèrent les assauts livrés au moyen de déchets ou de liquides organiques infectés aussi graves qu'un assaut avec un instrument dangereux, » a dit Pierre Mallette.

Pour les détenus, cependant, il est clair que les attaques commises avec des liquides organiques sont une façon d'assaillir les agents sans devoir en subir les conséquences. Dans certains cas, les détenus utilisent ces attaques pour obliger la direction à les transférer d'une unité où se trouverait une menace ou dans l'espoir de fuir une dette de jeu ou de drogue.

« Ce genre d'assaut n'est pas moins dévastateur que si elle avait été attaquée par une arme conventionnelle. Il est certainement une façon efficace d'humilier et d'avilir la victime, » a observé Pierre Mallette.

Les agents correctionnels n'ont aucun moyen de savoir s'ils ont été exposés à une maladie mortelle. On leur donne la possibilité de participer à un protocole de traitement au moyen de médicaments (la prophylaxie post-exposition, ou PPE), qui entraîne des effets secondaires sérieux et débilitants, et de longues périodes d'absence du lieu de travail. Le tort causé à la victime sur le plan de sa vie familiale et de ses relations est énorme.

Dans bien des cas, le détenu n'a aucune maladie, ce qui élimine la nécessité de participer au traitement médical. Mais, à moins que le détenu se porte volontaire pour une analyse sanguine - un scénario peu vraisemblable -, les agents demeurent dans l'ignorance.

Pour ces raisons, UCCO-SACC-CSN presse le gouvernement du Canada d'adopter une loi sur le prélèvement d'échantillons de sang, qui irait dans le même sens que les lois déjà adoptées par plusieurs gouvernements provinciaux. Une telle loi exigerait que les détenus qui attaquent des membres du personnel du SCC avec des liquides organiques ou qui les contaminent autrement se soumet à une simple analyse sanguine qui révélerait leur état de santé. En soi, cette pratique aurait un effet dissuasif quant à l'utilisation malicieuse de liquides organiques par certains détenus.

SOURCE CSN

Renseignements :

Lyle Stewart, communications CSN, au 514 796-2066


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