La réforme scolaire - Des directives du ministre contestées par les commissions scolaires



    QUEBEC, le 12 mars /CNW Telbec/ - Les réponses que le ministre Jean-Marc
Fournier avait fournies le 20 décembre dernier à la Centrale des syndicats du
Québec (CSQ) et à sa Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) avaient
le mérite, à l'analyse, de constituer un pas dans la bonne direction, dans
l'esprit de "réformer la réforme", mais les deux organismes syndicaux avaient
raison de craindre pour leur mise en oeuvre dans les réseaux. Une
contre-directive de la Fédération des commissions scolaires est venue dans les
jours suivants contester au ministre son droit de prendre certaines décisions.
    Dans une lettre à large diffusion dans le réseau de l'éducation,
Pâquerette Gagnon, directrice générale de la Fédération des commissions
scolaires du Québec et Susan Tremblay, présidente de l'Association des
directeurs généraux de commissions scolaires, affirment, que "rien ne permet
d'affirmer que le régime pédagogique permettrait au ministre de faire une
telle annonce. Une application textuelle du régime ne permet pas d'autoriser
un redoublement à la fin de la première année d'un cycle au primaire". On sait
que la question du redoublement, devenue absolument exceptionnelle avec la
réforme, à la fin du primaire, ou seulement à la fin d'un cycle, était au
coeur des préoccupations syndicales.
    Le 20 décembre, dans ses réponses à la CSQ et à la FSE sur la réforme
scolaire, le ministre Fournier avait écrit : "Il est possible de prolonger
d'une année la durée du primaire, pour qu'un élève puisse reprendre, en tout
ou en partie, ce qu'il n'a pas déjà maîtrisé dans son parcours scolaire, et
ce, à la fin d'un cycle, ou en cours de cycle." Le sous-ministre devait
transmettre cette décision aux autres acteurs du réseau dans les jours
suivants.
    La Fédération des syndicats de l'enseignement avait donc tout à fait
raison, dans La Dépêche FSE du 23 février, de craindre que les décisions du
ministre, qui "sont un pas dans la bonne direction... seront probablement
sujettes, dans certains milieux, à des tentatives visant à en limiter la
portée". Le ministre a beau affirmer que ces questions sont en voie d'être
réglées, il reste que la majorité des commissions scolaires rejettent son
interprétation sur le redoublement, comme la FSE vient de le vérifier de façon
systématique. Selon Johanne Fortier, présidente de la Fédération des syndicats
de l'enseignement, "rien ne justifie la fronde de la Fédération des
commissions scolaires qui n'a ni la légitimité ni de raison logique de
contester les directives du ministre, surtout sur la question du redoublement,
alors que tout le monde ou presque trouvera normal de s'assurer qu'un élève a
les acquis nécessaires pour poursuivre son parcours scolaire, à moins de
vouloir favoriser à tout prix la fuite en avant".
    Par ailleurs, sur la question des services aux élèves en difficulté, des
discussions entamées depuis quelques semaines avec le Cabinet du ministre
permettent de croire qu'il sera possible, dans un forum approprié, de discuter
non seulement des modalités d'intégration de ces élèves dans les classes
ordinaires, mais aussi des limites à cette intégration et de la philosophie
qui la sous-tend. La FSE rappelle que l'intégration obligatoire de l'élève en
difficulté ne doit pas constituer une contrainte excessive, qu'elle vise à
faciliter son insertion sociale et ne porte pas atteinte de façon importante
aux droits des autres élèves. Or, les enseignantes et enseignants témoignent
que cet équilibre entre les droits des uns et des autres est souvent rompu et
qu'il faut en prendre acte.
    Globalement sur la question de la réforme de l'éducation, la FSE et la
CSQ évaluent qu'un retour en arrière est utopique et non souhaitable. Elles
ont développé depuis le début une attitude critique visant à sauvegarder ce
qui se devait de l'être et à éliminer ce qui constitue des dérives. Elles ont
formulé, le 6 décembre, sept propositions pour "réformer la réforme" qui ont
reçu dans l'ensemble des réponses favorables du ministre de l'Education. On
peut consulter le résumé de ces propositions et des réponses fournies sur le
site de la FSE au http://www.fse.qc.net dans la section "La réforme dans tous
ses états", et en particulier La Dépêche FSE du 23 février 2007.
    A quelques heures du débat des chefs, la FSE sentait utile de faire le
point sur la question de la réforme de l'éducation, de façon non partisane
mais très intéressée. Pour la présidente Johanne Fortier, le débat doit se
continuer "sur les principales et véritables questions qui restent en litige :
l'évaluation des apprentissages, le bulletin comme outil clair de
communication aux parents, la capacité de faire le point à chacune des années
sur le cheminement des élèves, y compris le redoublement au besoin, les
services aux élèves en difficulté avec les contraintes réelles que
l'intégration sans service impose et la place des connaissances dans les
apprentissages. Et les enseignantes et enseignants doivent pouvoir continuer à
faire valoir leur point de vue qui devra être pris en compte.

    Profil de la FSE

    La Fédération des syndicats de l'enseignement est affiliée à la Centrale
des syndicats du Québec. Elle est formée de la plupart des syndicats
d'enseignantes et enseignants de commissions scolaires du Québec. Elle négocie
en cartel avec l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du
Québec, son pendant vis-à-vis des commissions scolaires anglophones. Elle
compte près de 70 000 membres.




Renseignements :

Renseignements: Jean Laporte, Attaché de presse de la FSE, (418)
563-7193


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