La profession enseignante de l'Amérique du Nord, du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Corée et des Antilles ajoute sa voix au choeur d'opposition aux jeux vidéo excusant l'intimidation



    OTTAWA, le 5 mars /CNW Telbec/ - Une coalition de huit organisations de
l'enseignement de l'Amérique du Nord des Antilles, du Royaume-Uni, de
l'Australie et de la Corée du Sud entreprend une démarche sans précédent pour
condamner l'intimidation et la cyberintimidation sous toutes leurs formes. La
levée de boucliers parmi des organisations de l'enseignement qui représentent
plus de quatre millions de travailleuses et de travailleurs du secteur de
l'enseignement et de l'éducation dans ces pays est provoquée par le lancement
de "Bully - Scholarship Edition".
    Cette coalition est dirigée par la Fédération canadienne des enseignantes
et des enseignants (FCE) et comprend la Centrale des syndicats du Québec
(CSQ), National Education Association (NEA) aux Etats-Unis, National Union of
Teachers (NUT) au Royaume-Uni, Scottish Secondary Teachers' Association (SSTA)
en Ecosse, Australian Education Union (AEU) en Australie, Korean Federation of
Teachers' Association (KFTA) en Corée et la Caribbean Union of Teachers dans
les Antilles.
    "Le personnel de l'éducation partout dans le monde s'inquiète
profondément de l'impact de la violence dans les médias, surtout lorsqu'elle
est commercialisée en tant que divertissement", soutient Fred van Leeuwen,
secrétaire général de l'Internationale de l'Education (IE), la fédération
syndicale mondiale qui représente le corps enseignant. "Il est clair que ces
jeux vidéo violents compromettent nos efforts pour créer des écoles
sécuritaires où les enfants peuvent se développer et apprendre sous le signe
du respect. En tant qu'enseignantes et enseignants, nous avons le devoir
professionnel de nous élever contre ce genre de comportement d'intimidation,
qu'il se produise dans la communauté, en salle de classe ou sur l'écran
d'ordinateur."
    "Les enseignantes et enseignants sont préoccupés par ce jeu vidéo
malveillant qui banalise et glorifie l'intimidation à l'école. Ils savent bien
qu'il n'est qu'un des milliers de jeux vidéo violents et agressifs sur le
marché, mais il n'en demeure pas moins que Bully touche de plus près le
personnel enseignant et les élèves", explique Emily Noble, présidente de la
FCE.
    "Nous avons été déçus d'apprendre la parution du jeu en 2006. Et nous
sommes consternés par le fait que cette nouvelle version serait plus réaliste
et mettrait en évidence de nouvelles méthodes pour harceler et intimider",
ajoute Angelo Gavrielatos, président de l'AEU.
    "Quel exemple de mauvais goût à montrer aux jeunes! Le jeu va à
l'encontre de tout notre travail en faveur de la civilité, de l'engagement
social et de la résolution pacifique des conflits", déclare Adolph Cameron,
président de la CUT.
    "A une époque où les médias attirent de plus en plus l'attention sur les
comportements d'intimidation et de cyberintimidation, la dernière des choses
dont nous avons besoin est un jeu vidéo qui provoque davantage de tels
comportements", affirme Reg Weaver, président de la NEA. "Après tout, chaque
enseignante ou enseignant a vu au moins une ou un de ses élèves reproduire ce
qu'il avait vu et regardé sur un écran vidéo.
    Des études ont montré que les jeunes qui regardent des émissions ou des
films violents ou jouent à des jeux vidéo violents ont tendance à imiter ce
comportement dans la vraie vie.

    
        - Selon une étude réalisée par l'UNESCO, presque la moitié (44 p.100)
          aussi bien des garçons que des filles décrivent un fort recoupement
          entre ce qu'ils perçoivent comme réalité et ce qu'ils voient à
          l'écran. Beaucoup d'enfants se trouvent dans un environnement où
          les expériences, tant réelles que médiatiques, corroborent l'idée
          que la violence est naturelle et qu'elle constitue la solution la
          plus efficace aux problèmes de la vie.

        - Selon l'organisme sans but lucratif Réseau Education-Médias (MNet),
          la violence dans les habitudes de jeu des jeunes atteint un niveau
          inquiétant. Une enquête du Réseau Education-Médias, intitulée Les
          Jeunes Canadiens dans un monde branché, a montré que 32 p.100 des 9
          à 17 ans s'amusaient à des jeux vidéo "tous les jours ou presque
          tous les jours" et que, de ce nombre, 60 p.100 classaient les jeux
          d'action et de combat parmi leurs préférés.

        - Selon une étude publiée en 2003 dans Psychological Research in the
          Public Interest, la musique, les émissions de télévision, les films
          et les jeux vidéo violents augmentent les risques de comportements
          agressifs et violents à court et à long terme.

    "Dans le passé, l'intimidation n'avait lieu que dans la cour d'école ou le
quartier, et les jeunes se sentaient protégés contre l'intimidation dans leur
foyer. La situation a changé, avec l'utilisation accrue du courrier
électronique, des sites Web, de la messagerie instantanée, des sites de
réseautage personnel, des bavardoirs et de la messagerie textuelle.
Aujourd'hui, l'intimidation s'est transformée en cyberintimidation qui étend
maintenant ses tentacules hideux jusque dans les foyers", précise Steve
Sinnott, président de la NUT.
    La recherche révèle que des jeunes pratiquent la cyberintimidation vu le
caractère anonyme de la sphère virtuelle. "Les effets psychologiques
dévastateurs de l'intimidation à la fois verbale et sociale sont même encore
plus profonds en ligne parce que la victime souvent ne sait pas qui la harcèle
et que bon nombre de personnes peuvent en secret être témoins de
l'intimidation ou se prêter à cette activité", explique Ann Ballinger,
présidente de la SSTF.
    "L'absence de signaux visuels non verbaux dans le monde non physique
d'Internet fait qu'il est difficile pour les auteurs et auteures d'évaluer
comment les autres reçoivent leurs actions. Lorsqu'on ne peut pas percevoir
l'effet de ses actions sur les autres, il est difficile de ressentir de
l'empathie", ajoute Kim Dong-suk, porte-parole de la KFTA.
    "L'intensification du phénomène d'intimidation et de cyberintimidation
nuit au milieu d'apprentissage et d'enseignement. Les enseignantes et
enseignants voient de première main les effets néfastes de l'intimidation sur
la capacité des élèves à apprendre et à se développer. Trop de gens subissent
tout au long de leur vie les effets de la discrimination, du harcèlement, de
la victimisation et de la violence dont ils ont été la proie à l'école",
explique pour sa part Réjean Parent, président de la CSQ.
    "C'est ainsi que la cyberintimidation est devenue un sujet de
préoccupation pour le personnel enseignant et ses organisations. C'est ainsi
que nous, membres d'une coalition de la profession enseignante, nous opposons
fermement à toute forme de promotion ouverte du comportement d'intimidation et
de la violence, comme le jeu vidéo "Bully : Scholarship Edition". A une époque
où la composition des classes est tellement diverse et complexe, un jeu comme
celui-là cible les élèves ayant des difficultés d'apprentissage ou encore des
problèmes sociaux et comportementaux. Il n'aide en rien à la promotion de
relations positives. Nous gardons à l'esprit l'intérêt des enfants de nos pays
respectifs. Nous encourageons les magasins de détail à refuser de vendre ce
jeu de mauvais goût et nous incitons également les parents à bannir ce jeu de
leur foyer", conclut Emily Noble, présidente de la FCE.

    Toutes les organisations de l'enseignement mentionnées ici adhèrent à
l'Internationale de l'Education, la fédération syndicale mondiale qui
représente 30 millions de travailleurs et de travailleuses du secteur de
l'enseignement et de l'éducation dans 171 pays et territoires.
    




Renseignements :

Renseignements: Canada: Francine Filion, directrice des Communications,
FCE, (613) 232-1505; Québec: Marjolaine Perreault, attachée de presse, CSQ,
(514) 235-5082 (mobile); Luc Allaire (514) 356-8888; Etats-Unis: Cynthia
Swann, NEA, (202) 833-4000; Antilles: Corbin Hinds, agent des relations
publiques, CUT, (246) 422-4686, (246) 436- 6139; Angleterre: Caroline Cowie,
contact médiatique, NUT, 44-20-7388-6191; Ecosse: Ann Bellinger, présidente,
SSTA; David Eaglesham, secrétaire général, SSTA, 0131 313 7300; Australie:
Susan Hopgood, secrétaire fédéral, AEU, 61-0-39693-1800; Corée du Sud: M. Kim
Dong-suk, porte parole de la KFTA, 82-2-570-5531


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