La privatisation en santé est une impasse - "Les solutions sont là, sous nos yeux, dans le système public" - Henri Massé, président de la FTQ



    MONTREAL, le 4 nov. /CNW Telbec/ - Les syndicats du secteur privé de la
Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dont plus des
trois quart des 540 000 membres oeuvrent au sein d'entreprises privées mettent
en garde contre la dérive inquiétante vers la privatisation dans le débat sur
le système de santé québécois et ses effets pervers sur les coûts de
production et même sur la compétitivité des entreprises.
    Cette privatisation qui se traduit par l'ouverture en toute illégalité et
en toute impunité de cliniques privées et qui se traduira à court terme par
une inflation incontrôlable du coût des assurances collectives constitue
d'ailleurs une importante épine au pied des employeurs et des travailleurs
américains.

    Apprendre des déboires de nos voisins du Sud

    "C'est très inquiétant que ce débat se fasse avec des oeillères et qu'on
n'apprenne pas des déboires de nos voisins du Sud alors que 47 millions
d'américains n'ont aucune couverture d'assurance en santé. Il s'en est ajouté
2 millions pour la seule année dernière. Pourquoi nous dirigerions nous vers
cette impasse?", a questionné le président de la FTQ, Henri Massé.
    Rappelons que même les trois grands de l'automobile ont reconnu qu'un
système de santé public réduisait de façon sensible le coût du travail.

    Augmentation inquiétante des coûts d'assurance

    "Les assurances collectives sont déjà un sujet sensible aux tables de
négociation, alors qu'elles augmentent en moyenne de 10 % annuellement.
Imaginez si elles doivent désormais couvrir les chirurgies. Nous nous
préparons des conflits majeurs alors qu'une étude de la firme Morneau Sobeco
prévoit qu'en 2013, l'assurance collective (santé et invalidité) représentera
14 % de la masse salariale", a averti pour sa part le secrétaire général de la
FTQ, René Roy.

    Les solutions sont là, sous nos yeux, dans le système public

    "Depuis l'arrêt Chaoulli de la Cour suprême, en juin 2005, on s'est
penché très sérieusement sur les pratiques et sur nos pratiques dans le
système de santé public. Avec un peu d'imagination et de courage politique, ça
saute aux yeux que les solutions aux problèmes des listes d'attente,
d'accessibilité, de qualité des soins passent par un sérieux brassage des
façons de faire.
    "Pourquoi par exemple un orthopédiste ne peut-il pas communiquer
directement avec un physiothérapeute un diagnostic qui servira à établir une
stratégie de réadaptation? Il y a au moins trois intermédiaires entre lui et
le physiothérapeute.
    "Pourquoi un rendez-vous médical pour se faire dire que tout va bien à la
suite de tests? Pourquoi ne pas revoir en profondeur les actes délégués des
médecins aux infirmières, des infirmières aux infirmières auxiliaires et aux
préposés? Pourquoi ne pas former du personnel spécialisé pour assister les
anesthésistes en bloc opératoire? Et la liste pourrait être longue", a fait
valoir Michel Arsenault, directeur québécois des Métallos.

    Optimiser l'utilisation des blocs opératoires

    "C'est carrément indécent qu'un médecin spécialiste ne puisse opérer que
six heures par semaine en bloc opératoire en raison d'une organisation du
travail et des horaires déficiente. Régler ce seul problème contribuerait à
réduire de façon significative les listes d'attente et permettrait d'optimiser
l'utilisation des équipements", a indiqué Michel Ouimet, vice-président
exécutif Québec du Syndicat canadien des communications , de l'énergie et du
papier (SCEP-FTQ).

    Revoir toute la chaîne et pas seulement un maillon

    "Il faut avoir le courage de revoir le fonctionnement de toute la chaîne
des soins et pas seulement un maillon. C'est ce que nous allons faire valoir
demain au sommet organisé par le Collège des médecins. On est conscients que
ça va en irriter certains mais nous sommes convaincus qu'il faut passer par là
et on est prêts à faire notre part. Si on n'agit pas dans ce sens, on va
glisser vers la privatisation, ce qui ne règlera pas le problème, ni sur les
coûts encore moins sur l'accès.
    "Même si certains promoteurs de la privatisation se défendent de vouloir
importer le modèle américain, dans les faits, lorsque la porte sera grande
ouverte au privé, c'est exactement vers là qu'on se dirige", a ajouté Henri
Massé.

    Le système public de santé comme avantage concurrentiel

    "Lorsqu'on bénéficie d'un avantage concurrentiel depuis longtemps, comme
le système public de santé développé depuis 50 ans, on a tendance à ne plus le
voir ou à le prendre pour acquis. Tous vont y trouver leur compte dans le
renforcement de ce système, les travailleurs comme les entreprises", ont
conclu les dirigeants syndicaux.

    La FTQ est la plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un
demi-million de membres.




Renseignements :

Renseignements: Louis Cauchy, (514) 235-3996; Jean Laverdière, (514)
893-7809; Source: FTQ


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.