La part de marché des fournisseurs canadiens de pièces d'automobiles s'étiole alors qu'ils continuent de compter sur leurs clients traditionnels, selon un économiste de la Banque Scotia



    TORONTO, le 30 avril /CNW/ - Alors que les constructeurs d'automobiles
achètent à l'échelle mondiale, le secteur canadien des pièces d'automobiles
continue de penser à l'échelle locale et se concentre presque exclusivement
sur les marchés canadien et américain, selon le dernier rapport sur le secteur
mondial de l'automobile publié aujourd'hui par Etudes économiques Scotia.
General Motors, Ford et Chrysler comptent toujours pour près de 90 % de toutes
les expéditions des usines canadiennes de pièces d'automobiles, soit près du
double de la part de marché de 55 % qu'occupent les Trois Grands pour ce qui
est des ventes totales de véhicules au Canada et aux Etats-Unis.
    La valeur des pièces d'automobiles canadiennes dans chaque véhicule
construit en Amérique du Nord est passée d'un sommet de 2 019 $ en 2004 à
1 869 $ l'an dernier, une diminution de plus de sept pour cent. Les
fournisseurs de freins, de moteurs et de directions sont ceux qui subissent le
plus de pression, leur contenu par véhicule ayant perdu près de 20 % au cours
des deux dernières années, soit le double de la perte de l'ensemble du
secteur. En revanche, le rendement des sociétés se concentrant sur les sièges,
les transmissions et les groupes motopropulseurs, ainsi que, dans une moindre
mesure, l'emboutissage de métal, est à la hausse et leurs expéditions en 2006
surpassent le sommet atteint par l'ensemble du secteur il y a deux ans.
    "Le Canada compte sur plusieurs grandes sociétés de pièces d'automobiles
qui continuent de gagner des parts de marché, même dans le contexte turbulent
actuel", remarque Carlos Gomes, spécialiste du secteur automobile à la Banque
Scotia. "Par exemple, nous estimons que depuis l'an 2001, les deux plus
importants fournisseurs canadiens de pièces automobiles ont vu leur contenu
bondir de plus de 70 % dans les véhicules nord-américains et atteindre 880 $
par véhicule. Toutefois, au cours de la même période, le reste des
fournisseurs canadiens a vu son contenu décliner d'environ 10 %, tendance qui
s'est accélérée l'an dernier."
    Les expéditions de pièces d'automobiles canadiennes ont brusquement chuté
au cours des deux dernières années, un grave retournement après plus d'une
décennie de gains constants en fait de part du marché. Cette situation tire
son origine de la diminution de la production de véhicules par les Trois
Grands d'Amérique du Nord, de l'augmentation du dollar canadien - qui a grugé
le caractère concurrentiel de cette industrie - et de l'absence quasi totale
d'exportations vers les marchés émergents et à la croissance très rapide
d'Asie et d'Amérique latine. Il en résulte que, alors que la production
mondiale de véhicules a poursuivi sa croissance et atteint de nouveaux sommets
en 2006, la valeur des expéditions de pièces d'automobiles canadiennes a chuté
sous la barre des 30 milliards de dollars, leur niveau le plus bas depuis le
ralentissement économique de 2001.
    Une tendance semblable se dessine aux Etats-Unis, où les fournisseurs
américains remportaient moins de 60 % de leur propre marché en 2006, pour la
première fois de leur histoire. En revanche, aussi récemment qu'en 1999, les
fournisseurs américains se partageaient plus de 70 % de leur marché national.
Ce sont les pays où les salaires sont faibles qui affichent les meilleurs
gains sur ce marché, tout comme au Canada.
    "Malgré la récente migration de la production de véhicules vers le sud
des Etats-Unis, ce sont les Etats engagés depuis longtemps dans la production
automobile, soit le Michigan et l'Ohio, qui restent la destination de près de
la moitié de toutes les exportations de pièces d'automobiles canadiennes vers
les Etats-Unis", remarque M. Gomes. "Par conséquent, le contenu canadien des
véhicules construits dans le sud des Etats-Unis ne représente que le tiers du
contenu canadien des véhicules construits au Michigan."
    Pour ce qui est des ventes de nouveaux véhicules, après avoir entamé
l'année en lion, les ventes en Amérique du Nord ont ralenti au cours des deux
derniers mois. Aux Etats-Unis, les ventes ont perdu du terrain et se sont
chiffrées à 16,3 millions d'unités annualisées en mars alors que la moyenne
était de 16,6 millions d'unités au cours des deux premiers mois. Ce sont les
Trois Grands traditionnels, particulièrement Ford et General Motors, qui ont
perdu le plus de terrain. En revanche, les constructeurs asiatiques et
européens ont poursuivi leurs gains et Toyota a affiché des ventes records en
mars. Ses ventes ont en effet bondi de 19 % d'une année sur l'autre grâce,
entre autres, à la forte demande pour son hybride Prius.
    Des volumes plus faibles que prévu à General Motors l'ont poussée à
retrancher 15 000 unités additionnelles de son calendrier de production
nord-américain du deuxième trimestre. Les constructeurs prévoient maintenant
réduire leur production de véhicules au deuxième trimestre, au Canada et aux
Etats-Unis, à 13,8 millions d'unités annualisées alors qu'elle était de
14,3 millions d'unités pendant les premiers mois de 2007. Cette diminution
rappelle la faible production des derniers mois de 2006.
    En mars, les ventes canadiennes de véhicules ont perdu 0,3 % par rapport
à mars 2006. Cette diminution a été alimentée par un déclin de plus de 10 %
des ventes de General Motors. Par ailleurs, nous estimons que les ventes
totales annualisées ont été supérieures à 1,60 million d'unités pour le
cinquième mois consécutif, soutenues par des gains d'une année sur l'autre
supérieurs à 10 % en Alberta et en Saskatchewan. C'est en Ontario que les
ventes ont perdu le plus de terrain le mois dernier, soit 8 % comparativement
à l'an dernier. Cette chute est attribuable au ralentissement de la croissance
économique lié à la diminution des exportations vers les Etats-Unis,
destination de 60 % des produits fabriqués dans la province et de 86 % de
l'ensemble de ses exportations.

    Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie
des facteurs qui façonnent l'avenir du Canada et de l'économie mondiale,
notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change et
des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie, ainsi que
les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et gouvernementales.





Renseignements :

Renseignements: Carlos Gomes, Etudes économiques Scotia, (416) 866-4735,
carlos_gomes@scotiacapital.com; Bernard Boileau, Relations publiques, Banque
Scotia, (450) 420-4595, bernard.boileau@scotiabank.com

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