La Journée mondiale du livre et du droit d'auteur - "Le gouvernement est indifférent à l'état lamentable des bibliothèques scolaires" - M. Réjean Parent, président de la CSQ



    MONTREAL, le 23 avril /CNW Telbec/ - La Centrale des syndicats du Québec
(CSQ) profite une fois de plus de la Journée mondiale du livre et du droit
d'auteur pour dénoncer l'état lamentable dans lequel se trouve la majorité des
bibliothèques scolaires au Québec de même que le manque flagrant de personnel
qualifié pour conseiller les jeunes pour la lecture, supporter les enseignants
et s'assurer que les collections répondent aux exigences des nouveaux
programmes.
    Le président de la CSQ, M. Réjean Parent, soutient qu'il devient presque
décourageant de dénoncer année après année l'indifférence du gouvernement du
Québec et des commissions scolaires à l'égard de la pauvreté de nos
bibliothèques scolaires, sans que rien ne change.
    "Parmi les pays occidentaux, le Québec compte parmi les Etats qui
consacrent le moins de ressources, budgétaires et professionnelles, au
maintien et au développement de bibliothèques scolaires de qualité. Nous le
répétons et le déplorons chaque année, mais rien ne bouge, à la fois du côté
du gouvernement du Québec et des commissions scolaires, pour tenter de
corriger la situation de façon significative", précise M. Parent.

    Un mauvais message envoyé aux jeunes

    Le dirigeant syndical croit que la désuétude des bibliothèques scolaires,
tant pour le nombre de livres insuffisant ou vieillot que pour le manque de
personnel qualifié, projette l'image que le Québec est une société trop pauvre
pour investir dans une priorité aussi essentielle que la transmission du goût
de la lecture aux jeunes.
    "Ce n'est certainement pas avec des bibliothèques scolaires aussi
dégarnies que l'on va réussir à intéresser nos jeunes à la lecture. Dans un
monde où les communications par Internet sont devenues omniprésentes dans la
vie des jeunes, il est évident qu'en ne donnant accès à nos jeunes qu'à des
bibliothèques où les livres sont en nombre insuffisant et peu actuel, nous
renforçons auprès d'eux l'image que le livre est un outil de communication
dépassé", explique le président de la CSQ.

    Une situation qui entretient les inégalités sociales et scolaires

    M. Parent est d'avis qu'il est d'autant plus important que les jeunes
puissent avoir accès à un nombre suffisant de livres à l'école plusieurs
n'ayant pas un tel privilège à la maison.
    "Si l'on veut que les élèves provenant de milieux défavorisés aient droit
à une éducation de qualité et à la réussite autant que ceux venant des milieux
aisés, il faut qu'ils disposent de ressources suffisantes en livres pour
qu'ils puissent développer leurs compétences en lecture. A défaut de s'assurer
que nos écoles disposent de bibliothèques de qualité pouvant répondre à ces
besoins, le gouvernement et les commissions scolaires contribuent
indirectement à entretenir des inégalités sociales et scolaires qu'ils
prétendent, dans leurs discours officiels, vouloir abolir", dénonce le
président de la CSQ.

    Un service éducation essentiel pour la réussite

    M. Parent rappelle qu'un jeune à qui on a transmis le goût de la lecture
augmente par le fait même ses chances de réussite.
    "La maîtrise de la lecture et de l'écriture est un apprentissage qui
facilite l'acquisition de tous les autres apprentissages. Il ne faut donc pas
voir les bibliothèques scolaires comme un service éducatif optionnel dépendant
des budgets disponibles, mais il s'agit au contraire d'un service éducatif
complémentaire essentiel à la réussite éducative des élèves", mentionne le
dirigeant syndical.

    Une indifférence aux sérieuses conséquences

    Le président de la CSQ considère d'autant plus déplorable cette
indifférence des autorités gouvernementales et scolaires à l'égard du dossier
des bibliothèques scolaires que cela entraînera de sérieuses conséquences sur
les futurs citoyens que deviendront nos jeunes.
    "C'est en lisant des livres qu'on acquiert l'amour de sa langue, qu'on
développe sa curiosité et qu'on apprend à penser. Ce sont des acquis
essentiels chez un individu et il est extrêmement inquiétant de constater
qu'au Québec, on ne semble pas voir comme prioritaire la transmission de tels
acquis alors que c'est exactement tout le contraire dans la plupart des autres
pays occidentaux", fait part M. Réjean Parent.

    Réduction dramatique du nombre de professionnels

    Pour sa part, le président de la Fédération des professionnelles et des
professionnels de l'éducation (FPPE), affiliée à la CSQ, M. Jean Falardeau,
précise que les bibliothèques scolaires ne souffrent pas que d'un manque de
livres, mais également de ressources spécialisées.
    "En 2001-2002, nous comptions au Québec 80 ressources professionnelles
spécialisées, bibliothécaires et spécialistes en moyens et techniques
d'enseignement, pour l'ensemble des 70 commissions scolaires. En 2005-2006, ce
nombre avait été réduit à 45 personnes, soit même pas un professionnel par
commission scolaire. Donc, nos bibliothèques scolaires sont doublement
handicapées par le manque de livres et de ressources professionnelles pour
s'en occuper et conseiller les jeunes dans leurs lectures", démontre
M. Falardeau.

    Une attitude qui encourage la mort du livre

    Le président de la FPPE ajoute que la situation est d'autant plus
ridicule qu'il y a des commissions scolaires où l'on a acheté de nouveaux
livres pour les bibliothèques qui continuent de dormir dans des boîtes, faute
de disposer des ressources techniques nécessaires pour les classifier et les
placer sur les rayons. De plus, il n'y a pas de ressources professionnelles
suffisantes pour travailler avec le personnel enseignant afin de garantir que
les collections satisfont les besoins des nouveaux programmes, pour animer les
bibliothèques en donnant le goût de la lecture aux jeunes et pour assurer la
mise à jour des bibliothèques.
    "Dans l'état actuel des bibliothèques scolaires, la Journée mondiale du
livre et du droit d'auteur, soulignée sous l'égide de l'UNESCO, n'est
certainement pas une occasion de fête au Québec. Ca devrait presque
représenter une journée de deuil parce que la façon dont le gouvernement et
les commissions scolaires se comportent avec les bibliothèques est un
encouragement à la mort du livre auprès de nos jeunes", conclut le président
de la FPPE, M. Jean Falardeau.

    Profils de la FPPE et de la CSQ

    La Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du
Québec représente 21 syndicats regroupant 5900 membres répartis dans la
quasi-totalité des commissions scolaires du Québec, francophones, anglophones,
Crie et Kativik. Elle compte, parmi ses membres, différentes catégories de
personnel, dans les secteurs administratifs, pédagogiques et les services
directs aux élèves.

    La Centrale des syndicats du Québec représente près de 172 000 membres,
dont plus de 120 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant
dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la
santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la
culture, du communautaire et des communications.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Attaché de presse CSQ, Tél. cell.: (514)
237-4432


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