La FTQ et le SCEP se présentent à reculons au Sommet sur la forêt - "Les concessions, ça ne marche pas à sens unique. Les travailleurs en ont assez de faire les frais de la crise dans le secteur forestier"- Michel Arsenault, président de la FTQ



    QUEBEC, le 10 déc. /CNW Telbec/ - Devant l'intransigeance des
représentants de l'industrie, le plus important syndicat du secteur forestier
au Québec, le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier
(SCEP-FTQ) et la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
ont sérieusement remis en question ces derniers jours leur participation aux
travaux du Sommet sur la forêt qui débute plus tard aujourd'hui.

    Pas de sortie de crise sur le dos des travailleurs

    "Pour nous, l'avenir de la gestion de nos forêts passe par la
stabilisation et la valorisation des emplois dans le secteur. Et pour
atteindre cet objectif, la Loi sur les forêts doit être harmonisée avec le
Code du travail, ce que l'industrie refuse d'envisager", a expliqué Michel
Arsenault, président de la FTQ, qui fait valoir par ailleurs que la FTQ estime
important de faire valoir son point de vue sur toutes les tribunes.
    "Nous allons dire aux différents intervenants, et particulièrement aux
employeurs, qu'il n'y aura pas de sortie de crise sur le dos des travailleurs.
Nous avons peu de prise sur la force du dollar canadien, sur les coûts
énergétiques, sur le dumping étranger ou encore sur le processus des
fusions/acquisitions d'entreprises dans le secteur de la forêt.
    "Mais nous n'allons certainement pas abdiquer sur le droit des
travailleurs de se syndiquer et de négocier librement, sur le maintien
d'emplois de qualité, sur la nécessité d'aider les travailleurs âgés. Et nous
ne prenons certainement pas pour argent comptant les larmes versées par les
compagnies, à grands frais de publicité dans les médias, sur le sort des
travailleurs et de leurs familles", a ajouté le président de la FTQ.

    Fin de non recevoir de l'industrie aux demandes syndicales

    "Tout au long des réunions de travail que nous avons tenues dans les
derniers mois, nous avons appuyé plusieurs des demandes des autres
intervenants dont notamment la demande de l'industrie afin d'obtenir des
règles favorisant la consolidation des usines. Mais quand est venu le moment
de discuter des priorités syndicales, on nous a présenté une fin de non
recevoir", a déploré pour sa part Renaud Gagné, vice-président du SCEP pour le
Québec . Pourtant, le syndicat avait pris soin de diluer sa demande initiale
afin de présenter une position de compromis.
    Les modifications légales recherchées par le syndicat visent à mieux
encadrer le droit à la syndicalisation. En effet, non seulement des milliers
de travailleurs membres du SCEP ont perdu leur emploi dans ce secteur par le
passé, mais en plus, le syndicat n'arrive pas à maintenir les accréditations
syndicales qu'il obtient.
    "Depuis 2005, nous avons déposé 14 requêtes en accréditation pour des
travailleurs sylvicoles et aujourd'hui, aucun des employeurs visés n'est
encore en activité. Les compagnies sont dissoutes et souvent elles reprennent
leurs activités sous un nouveau nom. Ca n'a pas de bon sens", a dénoncé Renaud
Gagné.

    De bonnes conditions de travail et une main-d'oeuvre plus stable

    C'est pourquoi le SCEP et la FTQ demandent que la Loi sur les forêts soit
harmonisée avec le Code du travail afin que le détenteur d'un contrat
d'approvisionnement et d'aménagement forestier (CAAF) ou encore le mandataire
désigné dans les unités d'approvisionnement forestier (UAF) soit reconnu comme
employeur présumé.
    "Actuellement, les conditions de travail en forêt font en sorte que le
taux de rétention des travailleurs est extrêmement faible. En modifiant les
lois afin de permettre aux travailleurs de se syndiquer, de maintenir leur
accréditation et de se doter de bonnes conditions de travail, on se donnerait,
du même coup, une main-d'oeuvre plus stable et plus qualifiée. Ca permettrait
aussi de développer de meilleures possibilités d'emplois dans les régions qui
sont déjà durement affectées par la crise forestière", ont conclu MM Arsenault
et Gagné.

    Besoin d'une certification forestière reconnue

    Pour le SCEP-FTQ, l'avenir de la ressource forestière passe par la mise
en place d'une certification forestière reconnue mondialement (certification
réclamée par le syndicat depuis plusieurs mois). "Cette certification aurait
pour effet de rassurer la population qui croit que l'on massacre les forêts,
ce qui n'est absolument pas le cas", a expliqué M. Gagné. Mais le succès de
l'implantation de cette certification repose obligatoirement sur la
disponibilité d'une main d'oeuvre stable et qualifiée, ce qui n'est pas
possible sans l'harmonisation des lois.
    Le SCEP est le plus important syndicat au Québec dans le secteur des
pâtes et papiers, de la scierie et de l'exploitation forestière. La FTQ est la
plus grande centrale syndicale québécoise avec plus de un demi-million de
membres.




Renseignements :

Renseignements: Louis Cauchy, FTQ, (514) 235-3996; Marie-Andrée
L'Heureux, SCEP, (514) 916-7373; Source: FTQ et SCEP


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