La Francophonie syndicale interpelle les chefs d'Etat et de gouvernement des pays francophones réunis au Sommet de Québec



    MONTREAL, le 16 oct. /CNW Telbec/ - Les représentants de la Francophonie
syndicale provenant d'Afrique, d'Europe, d'Haiti et d'Amérique ont adopté une
déclaration transmise au XIIe Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des
pays francophones, qui se tient du 17 au 19 octobre à Québec. La Francophonie
syndicale a adopté cette déclaration à l'issue d'un forum qui s'est tenu à
Montréal, les 14, 15 et 16 octobre.
    Les participantes et participants à la rencontre syndicale constatent que
la situation économique et sociale dans l'espace francophone est loin de
s'être améliorée malgré les engagements pris par les dirigeants du monde
francophone au Xe Sommet de Ouagadougou en 2004. Chômage et extrême pauvreté
sont toujours le lot de populations entières, particulièrement en Afrique et
dans certaines zones des Amériques comme en Haiti.
    Pour Claudette Carbonneau, présidente de la CSN, François Vaudreuil
président de la CSD, et René Roy, secrétaire général de la FTQ, organisations
hôtes de la rencontre syndicale : "Cette situation incombe en partie à la
responsabilité des pays riches, qui n'ont jusqu'ici pas respecté leur
engagement en matière de coopération et de solidarité internationale".
    Certains chefs d'Etat et de gouvernement du Sud n'ont pas su non plus
mettre en oeuvre de véritables politiques de développement économique et
social au profit de leur population notamment l'engagement pris dans la
Déclaration de Ouagadougou sur l'Emploi.
    La crise énergétique et alimentaire et ses conséquences aggravantes sur
les populations des pays en développement est essentiellement due à la
quasi-absence d'une gouvernance de la mondialisation et aux spéculations
financières au niveau planétaire. Cette situation érode le pouvoir d'achat des
travailleuses et des travailleurs et rend aujourd'hui, les denrées de première
nécessité et les produits de consommation courante difficilement accessibles à
une partie importante des populations du Sud.
    Les participantes et participants réclament que les dirigeants politiques
de la francophonie prennent les moyens pour solutionner de manière durable la
crise énergétique et alimentaire actuelle par la conclusion d'accords de
coopération justes et équitables, fondés sur le respect mutuel entre pays du
Nord et du Sud. Ils demandent aussi aux chefs d'Etat d'intervenir auprès des
institutions internationales (Banque mondiale, FMI, OMC) afin que soit
garantie la primauté des droits humains et syndicaux dans la définition ou
l'établissement des règles financières et commerciales. Il est certainement
temps d'en finir avec l'économie du laisser-faire et promouvoir une politique
de justice sociale et de développement durable.
    Mamounata Cissé, Secrétaire générale adjointe de la CSI et porte-parole
de la Francophonie syndicale, demande aux chefs d'Etat et de gouvernement de
"contribuer aux efforts mondiaux afin de combattre les effets du chaos
financier qui règne actuellement et éviter une récession mondiale menaçant
l'emploi dans le monde entier avec de graves conséquences sur les couches les
plus vulnérables notamment les femmes et les jeunes dans les pays les plus
pauvres".
    La Francophonie syndicale estime qu'il est impératif, voire urgent, que
soit mise en oeuvre une véritable politique internationale afin de construire
un autre modèle de mondialisation fondé sur l'élimination de la pauvreté,
l'égalité et la solidarité des peuples et l'amélioration des conditions de vie
et de travail des populations de l'espace francophone. Cette politique
internationale doit viser la mise en oeuvre du programme de l'Organisation
internationale du travail (OIT) pour le travail décent, la pleine réalisation
des objectifs du millénaire fixés par les Nations-Unies d'ici 2015 ainsi que
le respect par les pays industrialisés de l'objectif minimum fixé par les
Nations-Unies d'allouer 0,7 % de leur PIB à l'aide au développement, et ce, en
dépit de la crise financière.
    La Francophonie syndicale demande également que les dirigeants oeuvrent
de façon responsable vers la construction d'accords qui protègent les
communautés les plus vulnérables et l'environnement.
    Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays francophones doivent aussi
s'engager à annuler la dette des pays du Sud et utiliser les fonds libérés
pour renforcer les politiques de développement durable. Une telle politique
doit associer de près les organisations de la société civile, notamment le
mouvement syndical qui porte des solutions alternatives.
    Les chefs d'Etat et de gouvernement des pays francophones doivent
prioriser la question migratoire en mettant en oeuvre des programmes
favorisant la libre circulation des personnes dans les pays du Sud comme du
Nord, l'insertion économique, sociale et culturelle des travailleuses et
travailleurs migrants, tout en garantissant leurs droits fondamentaux au
travail et la formation.
    Sur ce chapitre les participantes et les participants dénoncent le refus
de certaines représentations diplomatiques au Nord comme au Sud de délivrer
des visas d'entrée aux représentantes et représentants syndicaux invités à des
rencontres interrégionales et internationales.
    La Francophonie syndicale demande aux chefs d'Etat et de gouvernement de
ne conclure des Accords de Partenariat Economique (APE) que s'ils garantissent
l'intégration économique régionale et le respect des droits sociaux.
    Les chefs d'Etat et de gouvernement doivent s'engager à oeuvrer pour la
paix, la prévention et le règlement des conflits ainsi que l'application des
règles démocratiques face à la situation qui prévaut dans certains pays de la
francophonie : Mauritanie, Tchad, Guinée, République démocratique du Congo
etc.
    Mody Guiro, Président de l'organisation régionale africaine de la
CSI-Afrique, a souligné que "les chefs d'Etat et de gouvernement, l'Union
Africaine et les institutions internationales, doivent soutenir efficacement
l'établissement de règles démocratiques garantissant la tenue d'élections
libres et des mécanismes d'imputabilité ou de reddition de compte auxquels
doivent être soumises les personnes élues".
    La Francophonie syndicale demande le renforcement du rôle de l'OIF en la
dotant de suffisamment de ressources dans sa coopération optimale avec les
ONG/OSC dont les syndicats pour la réalisation des missions définies par les
chefs d'Etat et de gouvernement.

    La Francophonie syndicale représente 15 millions de travailleuses et de
travailleurs de 96 organisations syndicales des pays francophones affiliés à
la Confédération syndicale internationale (CSI). Cette dernière représente
168 millions de travailleuses et travailleurs de 311 organisations nationales
dans 155 pays à travers le monde.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, CSN, (514) 894-1326; Denise Gagnon,
FTQ, (514) 598-8985; Jacques Désy, CSD, (514) 231-1273


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