La CSN et le Conseil central de l'Estrie organisent une grande assemblée publique sur l'avenir du système de santé public au Québec le mardi 4 décembre à Sherbrooke



    SHERBROOKE, QC, le 4 déc. /CNW Telbec/ - La Confédération des syndicats
nationaux et le Conseil central de l'Estrie CSN invitent la population à une
grande assemblée publique sur l'avenir de notre système public de santé. Cette
assemblée se déroulera le mardi 4 décembre, à compter de 19 heures, à l'Hôtel
Delta de Sherbrooke, et réunira le Dr Réjean Hébert, professeur et doyen de la
Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'Université de Sherbrooke
ainsi que la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.
    Au cours des dernières semaines, de nombreuses voix se sont unies pour
défendre le système de santé public, et ce, à quelques semaines du dépôt du
rapport du Comité Castonguay qui doit faire des recommandations au
gouvernement sur le financement de notre système de santé, en février
prochain. La CSN est très inquiète compte tenu des prises de position du
président du groupe de travail, l'ancien ministre Claude Castonguay, en faveur
du privé.
    Le président du Conseil central des syndicats nationaux de l'Estrie,
Jean Lacharité, rappelle que la CSN mène depuis le début de l'automne une
campagne qui a pour thème : Le public, c'est la santé pour tout le monde!
"Nous croyons fermement que les solutions se trouvent à l'intérieur même du
système de santé public, d'affirmer M. Lacharité. Un projet pilote sur lequel
nous fondons beaucoup d'espoir est actuellement en cours dans la région et
devrait nous fournir des réponses concrètes."
    Ce projet sur l'organisation du travail réunit le Centre hospitalier
universitaire de Sherbrooke (CHUS), le CSSS-IUGS, le Centre de santé et de
services sociaux (CSSS) du Granit et une équipe de chercheurs universitaires.
Il s'agit d'une approche terrain, où les communautés stratégiques de base sont
interpellées. Les travailleuses et les travailleurs ainsi que les
organisations syndicales sont étroitement associés à toutes les étapes du
processus. "Les conclusions de ce projet pilote devraient nous amener à
modifier nos façons de faire pour devenir plus efficients dans nos pratiques
et améliorer les services de santé publics offerts à la population. La
réorganisation du travail viendra contrer la privatisation", croit
Jean Lacharité.

    Faire face au vieillissement

    "Pour faire face au vieillissement de la population, on a besoin plus que
jamais de renforcer le système public de santé", estime le Dr Réjean Hébert.
Pour lui, le vieillissement de la population est une opportunité de renforcer
le système de santé public en l'adaptant pour mieux dispenser des soins
continus et à long terme à une population aux prises surtout avec des maladies
chroniques. "Dans ce contexte, le système doit être centré autour du domicile
des personnes et prendre pour assise les soins à domicile et les soins de
première ligne."
    Le doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke croit
qu'un investissement majeur est nécessaire dans les soins à domicile pour
diminuer la pression sur l'hôpital et les institutions d'hébergement. "Les
services doivent être assurés peu importe le lieu de résidence de la personne
et une prestation de soutien à domicile basée sur les besoins doit être mise
en place. Pour éviter la fragmentation des interventions et assurer la
continuité des services, une intégration est nécessaire et il importe de
généraliser des modèles novateurs de coordination qui ont démontré leur
efficacité au Québec."

    NON à plus de financement privé

    La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, estime quant à elle que le
gouvernement doit prendre acte du large consensus en faveur du financement
public intervenu au Sommet de la santé du Collège des médecins, et ce, alors
qu'il a mis le groupe de travail Castonguay sur la piste du financement privé.
    Selon le dernier rapport sur les soins de santé de l'OCDE, le financement
privé représente 30 % au Québec et au Canada, alors que la contribution
publique atteint 70 %. Elle est de 73 % pour la moyenne des pays de l'OCDE.
"Lorsqu'on se compare aux autres, on se rend compte que le privé pèse plus
lourd chez nous qu'ailleurs. Dans certains pays, c'est un vent contraire à la
privatisation qui souffle. Plusieurs ont même accru la part de leur
financement public, parce qu'ils se rendent compte qu'un système public de
santé génère des économies appréciables sur les coûts", argue la présidente de
la CSN.
    "C'est un leurre de penser que l'introduction d'assurances privées
duplicatives réglera les problèmes d'accès", estime Claudette Carbonneau. Une
autre étude de l'OCDE démontre que l'introduction de l'assurance maladie
privée a eu pour effet d'augmenter les dépenses totales en santé, sans
toutefois diminuer les coûts des régimes publics. Plusieurs facteurs
contribuent à ce constat : les gens consomment davantage de soins et de
services ; le gouvernement exerce moins de contrôle sur les activités et les
prix montent en flèche ; la recherche de profits des cliniques privées et des
assureurs augmente les coûts ; les cas lourds demeurent aux frais du régime
public.
    De plus en plus de travailleuses et de travailleurs n'ont même plus les
moyens de se payer un régime d'assurance collective devenu trop coûteux. Chez
SSQ, la prime annuelle moyenne pour une assurance maladie comprenant les
médicaments est passée de 495 $ en 1996 à 1043 $ en 2006 : une augmentation de
111 % en dix ans. Cela laisse bien peu d'espace pour ajouter de nouvelles
protections.
    "Ouvrir la porte à de nouvelles assurances ne fera qu'augmenter la
pénurie de personnels. Les professionnel-les seront attirés par des cliniques
privées qui offrent des conditions plus avantageuses rendues possibles par la
capacité de payer de leur clientèle et par le fait qu'ils ne prennent que des
cas légers", de poursuivre la présidente de la CSN.
    L'injection d'argent frais dans le système public de santé et de services
sociaux est une condition essentielle pour que celui-ci assume efficacement sa
mission tout en améliorant l'accessibilité. La CSN croit qu'il faut élargir la
gamme des services offerts, particulièrement dans les soins de longue durée et
les soins à domicile. Elle est prête à faire le débat sur de nouvelles sources
de financement à condition que certains principes soient respectés dont la
progressivité en fonction des revenus et un apport équitable des individus et
des entreprises", de conclure la présidente de la CSN.

    La Confédération des syndicats nationaux compte plus de
300 000 travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail,
tant dans le secteur privé que dans le secteur public. Le Conseil central des
syndicats nationaux de l'Estrie (CCSNE) regroupe quelque 13 000 membres
répartis dans plus d'une centaine de syndicats.




Renseignements :

Renseignements: Jean Lacharité, président du Conseil central de
l'Estrie, (819) 570-6963; Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, bureau; (514) 598-2162, cellulaire: (514) 894-1326


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