La CSN demande au gouvernement de remettre en question le choix de Claude Castonguay à la tête du groupe de travail sur la santé



    MONTREAL, le 13 juin /CNW Telbec/ - La CSN estime que Claude Castonguay
n'a pas la neutralité requise pour diriger une vaste réforme du système de
santé au Québec. "Il s'agit d'une nomination qui n'a pas l'indépendance
nécessaire et qui place ces travaux dans l'antichambre du lobby des assurances
et du business de la maladie", a déclaré la présidente de la CSN, Claudette
Carbonneau, dans un discours devant le conseil confédéral, la plus haute
instance entre les congrès.
    Pour la CSN, le processus enclenché par le gouvernement est biaisé. "On
connaît déjà les positions que M. Castonguay mettra au jeu. Il prône
l'abolition de la cloison étanche qui sépare les régimes public et privé en
révisant la Loi canadienne de la santé, rien de moins ! Contrairement à ce que
prétend la ministre des Finances, il ne s'agit pas d'un comité non partisan et
apolitique."
    La CSN interpelle le gouvernement pour qu'il remette en question le choix
d'un porte-parole qui affiche publiquement un antisyndicalisme primaire.
"Claude Castonguay a pointé la syndicalisation comme étant un des deux
principaux problèmes du système de santé québécois. Ce n'est pas en faisant
des réformes sur le dos des personnes qui donnent les soins qu'on va réussir à
régler les problèmes", d'ajouter Claudette Carbonneau.
    S'il veut un débat serein, le gouvernement minoritaire de Jean Charest
doit non seulement remettre en question la nomination de Claude Castonguay,
mais aussi revenir sur sa décision de créer un groupe de travail sur le
financement de la santé. Il doit respecter l'engagement pris à la clôture de
la Commission parlementaire sur le document "Garantir l'accès" et rendre
possible un réel débat public sur toutes ces questions, avec des hypothèses
fouillées, qui permettront à la population de faire des choix éclairés.

    Décision du BIT : le gouvernement doit se conformer

    A la lumière du jugement de la Cour suprême, qui reconnaît le lien
intrinsèque entre le droit d'association garantie par la Charte canadienne et
le droit de négociation, la présidente de la CSN a, par ailleurs, réitéré son
appel au gouvernement du Québec en vue qu'il se conforme aux recommandations
du Bureau international du travail (BIT) concernant le projet de loi 142
(loi 43), qui a imposé les conditions de travail aux salarié-es du secteur
public québécois, et les lois 7 et 8 qui ont désyndiqué des travailleuses et
des travailleurs.
    Dans le cas de la loi 43, le BIT demande au gouvernement de retirer
toutes les mesures répressives, revoir avec les parties concernées le régime
de négociation de manière à prévoir un véritable mode de solution des
différents et finalement revoir, sans plus attendre, la question salariale en
s'appuyant au besoin sur une étude indépendante.
    "Le gouvernement et les partis d'opposition doivent donner suite à cette
décision. Nous vivons dans une société de droit et le coup de force du
gouvernement lors des dernières négociations du secteur public est tout à fait
inacceptable", a déclaré la présidente de la CSN.
    La présidente de la CSN invite de façon particulière la ministre
Monique Jérôme-Forget à plus de respect devant l'instance qu'est le Bureau
international du travail. Répondant à une question de l'opposition péquiste,
la ministre a tourné en ridicule le BIT. "La présidente du Conseil du trésor
ne semble pas faire la différence entre une organisation tripartite de l'ONU,
spécialisée sur le travail, et une assemblée générale de syndicat qui
dénoncerait par réflexe toute atteinte au droit de grève ! Elle y est même
allée de ses conseils, invitant le BIT à s'intéresser à l'Europe avant de s'en
prendre au Québec qu'elle considère champion des droits des travailleurs."
    Quant au projet de loi adéquiste qui veut obliger les travailleurs des
sociétés de transport à maintenir les services essentiels à un niveau de 80 %
en cas de conflit, il est tout à fait inacceptable. "Ce projet de loi
constitue une autre atteinte aux droits fondamentaux et rompt l'équilibre du
rapport de force qui existe entre les parties depuis plus de 20 ans au Québec.
Nous le combattrons avec vigueur ", a averti Claudette Carbonneau. La CSN
appelle le gouvernement et l'opposition péquiste à s'y opposer.

    Retour sur la crise du budget

    Revenant sur la crise entourant l'adoption du budget, la présidente de la
CSN a estimé que Mario Dumont a commis l'erreur stratégique de
l'intransigeance. "Comme un enfant mécontent qui tape du pied et qui ne
revient pas de sa colère, Mario Dumont brillait par son absence. Il a refusé
d'exercer ses responsabilités, se comportant comme si l'opposition officielle
avait affaire à un gouvernement majoritaire. Le chef de l'ADQ est meilleur
pour allumer les feux que pour les éteindre."
    "Jean Charest, lui, a réussi à imposer son budget même si 70 % des
Québécoises et des Québécois ne voulaient pas de baisses d'impôts. Drôle de
façon d'exercer la démocratie que de privilégier ses intérêts personnels à
l'encontre de l'intérêt public pour préserver son leadership et acheter des
votes. Lorsqu'on sait que 9 % seulement des contribuables gagnent plus de
75 000 $, on comprend que ce n'est pas la classe moyenne qui va bénéficier de
ce budget, mais la classe qui a les moyens", de poursuivre Claudette
Carbonneau.
    Dans son discours, la présidente de la CSN a, en outre, dénoncé
l'attitude du premier ministre Stephen Harper qui refuse toujours de se
conformer au protocole de Kyoto.
    Elle a finalement rappelé que trois conflits de travail perdurent dans
les rangs de la CSN avec les 129 travailleurs du cimetière
Notre-Dame-des-Neiges à Montréal, en lock-out, les onze salarié-es de la
Garderie Nichouette de la région de Québec-Chaudière-Appalaches, en grève
générale illimitée, et les quatre salarié-es de la municipalité de
Saint-Paulin, toujours en grève, et ce, depuis plus de trois mois.

    La Confédération des syndicats nationaux compte plus de 300 000
travailleuses et travailleurs de tous les types de milieux de travail, tant
dans le secteur privé que dans le secteur public.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, directrice du Service des
communications de la CSN, (514) 598-2162, cellulaire: (514) 894-1326


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.