La CSMB à la Commission Bouchard-Taylor : un positionnement ouvert



    MONTREAL, le 27 nov. /CNW Telbec/ - Dans son mémoire présenté à la
Commission Bouchard-Taylor, la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB)
met de l'avant une réflexion et un positionnement ouverts, au-delà des
perceptions. Elle y témoigne d'un quotidien harmonieux et d'une approche
construite en matière d'accommodement. L'école montréalaise étant directement
interpellée dans la mise en oeuvre des mesures d'accueil et d'intégration des
diverses communautés culturelles, la CSMB souhaite que les travaux de la
Commission Bouchard-Taylor permettent de dégager des principes et des valeurs
en mesure d'appuyer les institutions québécoises.
    La CSMB profite de la tenue de la Commission pour affirmer le caractère
essentiellement harmonieux du quotidien des quelque 45 000 élèves et
12 000 employés de ses 87 établissements, une réalité qui s'est trouvée
occultée par quelques cas fortement médiatisés. La quasi-totalité des demandes
d'harmonisation se règlent ainsi à l'intérieur même des écoles et des centres.
De fait, pour l'ensemble de cette vaste communauté éducative, seule une
vingtaine de demandes de nature religieuse se trouvent annuellement référées
aux services juridiques de la Commission scolaire; deux ou trois conduisent à
des démarches juridiques d'accommodement raisonnable.

    Une approche construite à la recherche de consensus mutuellement
    consentis

    Au fil des ans, la CSMB a développé à cet égard une approche construite.
Cette dernière prend appui sur le cadre juridique de l'accommodement
raisonnable tout en s'inspirant de l'approche citoyenne, dans un esprit
d'objectivité, d'ouverture mutuelle et de recherche de consensus. Les acteurs
aux prises avec une problématique y sont invités à donner préséance aux
éléments factuels plutôt que de laisser les perceptions, la confusion et
l'aléatoire dominer. Ainsi, un demandeur d'accommodement doit formuler sa
demande en établissant l'existence de la pratique en jeu, la sincérité de sa
croyance et la manière dont la règle en place nuit à la pratique en jeu.
L'analyse rigoureuse de faits favorise l'élaboration de consensus mutuellement
consentis. Au nombre des éléments considérés se trouvent inclus la
vulnérabilité, la socialisation et le développement des jeunes élèves. La CSMB
ne banalise pas l'existence de cas complexes, voire extrêmes. Elle déplore
toutefois leur dramatisation, en grande partie appuyée sur des perceptions et
une interprétation erronée du concept d'accommodement raisonnable. D'autant
que de telles lectures alimentent les craintes et inquiétudes (au regard de la
diversification croissante de la société québécoise, de l'émergence de
certaines radicalisations religieuses, de la place du religieux dans l'espace
public, etc.) présentes dans la société comme à l'école.

    Conjuguer cultures d'origines et culture québécoise

    A titre d'institution publique dont la mission est d'instruire,
socialiser et qualifier des élèves dans le respect du principe d'égalité des
chances, la CSMB tient à transmettre son parti-pris en faveur d'une approche
interculturelle d'intégration, conjuguant les éléments de cultures d'origines
aux éléments de la culture québécoise, dans le respect des valeurs d'une
société d'accueil. Dans le contexte actuel, caractérisé par des changements
opérés sur fond de mondialisation et d'internationalisation, les
établissements scolaires montréalais dépassent toutefois quotidiennement leur
mission première, afin d'embrasser une vocation "communautaire". C'est en
effet l'école qui presque immanquablement accompagne les néo-Québécois dans la
recherche de repères au sein de leur nouvelle société. A une tâche déjà lourde
s'ajoute ainsi une responsabilité de facto complexe, pour laquelle le réseau
de l'éducation dispose de peu de moyens et peu de ressources.

    En conclusion de son mémoire, la CSMB estime :

    
    -   que les travaux de la Commission doivent donner lieu à l'élaboration
        d'une démarche fondée sur des balises référentielles claires
        témoignant d'un consensus social;

    -   que la Commission doit inviter le gouvernement québécois à affirmer
        les caractéristiques, principes et valeurs qui animent le Québec;

    -   que la primauté du français doit servir d'agent d'attraction et
        d'intégration à la société québécoise;

    -   que la promotion du patrimoine culturel et historique du Québec doit
        servir d'assise à l'intégration des nouveaux arrivants et de leurs
        enfants;

    -   qu'il n'y a pas lieu de proscrire de l'espace public les signes et
        manifestations d'origine religieuse, en ce qu'ils relèvent davantage
        du patrimoine et de la culture que de la confessionnalité, mais qu'il
        importe de formuler à cet égard un énoncé de principes et valeurs,
        voire d'élaborer un encadrement législatif;

    -   qu'il doit être demandé au gouvernement du Québec de mettre en place
        des moyens tenant compte du rôle des établissements scolaires dans
        l'accueil et l'intégration des immigrants;

    -   que les pratiques d'harmonisation et d'accommodement raisonnables
        doivent s'inscrire dans une dynamique de négociation raisonnée;

    -   que le gouvernement du Québec doit prendre les moyens législatifs
        afin de faire reconnaître, sur son territoire et auprès de ses
        citoyens, l'interculturalisme comme base d'analyse des droits
        fondamentaux;

    -   que les accommodements à caractère religieux doivent se fonder, dans
        un esprit d'objectivité, sur une lecture des éléments liés à la
        pratique revendiquée et à la sincérité de celui qui la revendique;

    -   que l'évaluation du caractère raisonnable d'un accommodement doit
        tenir compte de la vulnérabilité des enfants et de leur
        socialisation;

    -   que la recherche de consensus doit reconnaître le nécessaire
        équilibre entre les droits individuels et les valeurs de la société;

    -   qu'un relevé des pratiques d'accommodement et mesures d'harmonisation
        réussies servirait à enrichir la réflexion tout en informant à partir
        de faits et non de perceptions.

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    -   Cinquante-quatre p. cent des élèves des écoles primaires et
        secondaires de la CSMB ont un parent né hors Canada et 26 % le sont
        eux-mêmes.

    -   Cinquante-et-un p. cent de cette clientèle indique également avoir
        une langue maternelle autre que le français, de même que 38 % des
        élèves des centres de formation professionnelle et 60 % de ceux des
        centres d'éducation des adultes.

    -   Dans plus de la moitié des écoles, la moitié des jeunes ont ainsi une
        langue maternelle autre; dans certains établissements, c'est plus de
        90 % des élèves dont un parent est né à l'étranger.

    -   Le nombre de classes d'accueil où sont dirigés des élèves nouveaux
        arrivants y est passé de 89 en 1999 à 134 en 2006, une progression de
        50 %.
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Renseignements :

Renseignements: Bureau des communications, (514) 855-4500, poste 4656 ou
4648

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Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys

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