Kirghizstan - Un an après la mort du journaliste Alisher Saipov: Reporters sans frontieres dénonce une absence de progrès dans l'enquête, "honteuse"



    MONTREAL, le 24 oct. /CNW Telbec/ - "Un an jour pour jour après
l'assassinat d'Alisher Saipov, nous appelons les autorités kirghizes à
relancer l'enquête. L'absence de progrès substantiel dans l'investigation, qui
a été suspendue à deux reprises, est honteuse. Pour l'heure, ni les auteurs ni
les commanditaires n'ont été identifiés. Cet état de fait entretient une
impunité scandaleuse", a déclaré Reporters sans frontières.
    "La piste professionnelle doit être prise au sérieux et ne pas être
négligée au profit d'explications ayant trait uniquement aux orientations
politiques d'Alisher Saipov - qui soutenait le parti d'opposition ouzbek en
exil, "Erk" - ou aux contacts qu'ils auraient pu avoir avec des représentants
de mouvements religieux interdits. De plus, les soupçons qui pèsent sur
l'implication de membres des services secrets ouzbeks, Tachkent et Bichkek
doivent collaborer pour élucider les circonstances du meurtre de ce
journaliste réputé", a poursuivi l'organisation de défense de la liberté de la
presse.
    "Enfin, nous nous joignons aux proches et aux collègues d'Alisher Saipov
qui lui rendront hommage aujourd'hui à Osh, pour rappeler que nous ne
l'oublions pas", a conclu Reporters sans frontières.
    Le 24 octobre 2007, vers 19 heures, Alisher Saipov a été abattu de trois
balles, dont une tirée à bout portant qui l'a atteint à la tête, alors qu'il
sortait des bureaux de Radio Free Europe, dans le centre d'Osh, deuxième ville
du pays. Le journaliste âgé de 26 ans contribuait à ce média ainsi qu'à Voice
of America. Il écrivait également pour des sites d'informations comme Uznews
et Ferghana ainsi que pour l'organisation Institute for War and Peace
Reporting, basée à Londres. Il publiait un hebdomadaire en ouzbek, Siyosat,
consacré à l'actualité politique kirghize et ouzbèke, qu'il distribuait en
Ouzbékistan. Un mois avant son assassinat, il avait été qualifié de "complice
des forces cherchant à déstabiliser le pays" par une télévision régionale de
Namagan, en Ouzbékistan.
    Les premiers jours suivant la mort du journaliste, les autorités ont
déclaré explorer activement la piste professionnelle et ne pas exclure la
possibilité de l'implication des services secrets ouzbeks. Le président de la
République lui-même, Kourmanbek Bakiev, a déclaré s'impliquer personnellement
dans ce dossier. Mais les déclarations contradictoires se sont rapidement
multipliées, écartant la piste professionnelle et laissant entendre que le
journaliste auraient entretenu des liens avec des groupes islamistes interdits
en Ouzbékistan - Hizb ut-Tahir notamment - qui auraient une relation avec sa
mort.
    En février 2008, l'enquête a été suspendue pour "faute de preuves" selon
le responsable de la direction de la lutte contre le crime organisé et "en
raison de l'expiration du délai de l'enquête préliminaire", selon le nouveau
ministre de l'Intérieur.
    Relancée, l'enquête a été stoppée une deuxième fois à la fin du mois de
mars 2008, officiellement en raison de l'incapacité de la police à identifier
un suspect. Les parents d'Alisher Saipov ont d'ailleurs été informés de cette
décision de manière fortuite, alors qu'ils s'étaient rendu au commissariat
pour réclamer l'ordinateur de leur fils saisi pour les besoins de l'enquête.
    En juin, le père du journaliste, Avas Saipov, a adressé une lettre au
président kirghize dans laquelle il accusait les autorités ouzbèkes d'être
responsables de l'assassinat et celles du Kirghizstan d'avoir été incapables
d'assurer la sécurité du journaliste.
    En juin, le ministère de l'Intérieur a réagi en déclarant que l'examen de
l'affaire se poursuivait et que le groupe d'enquêteurs avait réalisé un
travail considérable, sans pour autant révéler le moindre contenu. Le
porte-parole du ministère a affirmé que dans le cas où des preuves impliquant
les services secrets ouzbeks seraient découvertes, il n'hésiterait pas à en
faire part directement aux autorités de Tachkent. Depuis, l'enquête n'a pas
porté ses fruits.
    En février, l'organisation International Crisis Group avait publié un
rapport d'enquête concluant au caractère politique de la mort du journaliste
et à l'implication probable des services secrets ouzbeks.




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières Canada, (514) 521-4111, rsfcanada@rsf.org

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