Journée mondiale pour le travail décent - Les centrales syndicales québécoises s'unissent



    MONTREAL, le 7 oct. /CNW Telbec/ - Comme des milliers d'organisations
syndicales à travers le monde, les centrales syndicales québécoises (FTQ, CSN,
CSD) se joignent à la Journée mondiale pour le travail décent qui se tient le
7 octobre à l'initiative de la Confédération syndicale internationale (CSI).
Adoptée en 1999 par l'Organisation internationale du travail, la revendication
d'un travail décent signifie que "chaque homme et chaque femme dans le monde
devrait avoir la possibilité d'obtenir un emploi productif dans des conditions
de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité". Elle repose sur quatre
piliers : la promotion de l'emploi, les droits du travail, la protection
sociale et le dialogue social.
    Les centrales syndicales québécoises considèrent que l'accès à un travail
décent commence par la pleine reconnaissance du droit d'association et de
négociation. Alors que l'on assiste présentement à des attaques de plus en
plus nombreuses contre le mouvement syndical, souvent à coup de sondages
commandités par des organisations de droite fortement anti-syndicales, cette
journée est l'occasion de rappeler l'importance de la syndicalisation. Loin
d'être un frein au développement économique et à la liberté individuelle, la
présence de syndicats forts soutient la productivité, favorise un meilleur
partage de la richesse et une plus grande équité sociale. Les syndicats
offrent une voix et une force aux milliers de travailleuses et travailleurs
qui veulent améliorer leurs conditions de vie et de travail. Ils sont des
acteurs indispensables du dialogue social, tant dans l'entreprise que dans la
société.
    A cet égard, on ne peut que dénoncer, une nouvelle fois, les gestes posés
par le gouvernement Charest. En décembre 2003, avec les lois 7 et 8, il a
bafoué le droit d'association de milliers de travailleuses oeuvrant dans les
services sociaux et de santé et les services de garde. Deux ans plus tard, il
a retiré le droit à la négociation des travailleuses et travailleurs du
secteur public québécois avec le projet de loi 142 (devenu loi 43) fixant par
décret leurs conditions de travail. Dans les trois cas, le Bureau
international du travail (BIT) a condamné le gouvernement du Québec et fait
une série de recommandations. Or, le gouvernement refuse toujours de les
mettre en application, faisant fi de ses obligations de respecter les normes
internationales en matière de droit du travail.

    Une mondialisation qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres

    La Journée mondiale pour le travail décent sert aussi à souligner que,
face à une mondialisation qui élimine ou précarise un nombre élevé d'emplois,
notamment dans le secteur manufacturier, et qui met à mal nos services
publics, les gouvernements doivent agir pour assurer la protection de l'emploi
et la sécurité du revenu des travailleuses et travailleurs. Elle permet aussi
de rappeler que la pauvreté, la précarité et les mauvaises conditions de
travail ne sont pas des réalités disparues au Québec et au Canada, au
contraire. Alors que le chômage demeure important, notamment dans certaines
régions, un travailleur sur trois occupe un emploi atypique (temps partiel,
occasionnel, temporaire, etc.). Souvent précaires, ces emplois sont surtout le
lot des femmes et des jeunes. Au Québec, en raison de lois du travail qui
permettent la discrimination sur la base des statuts d'emplois, ceux-ci se
retrouvent souvent avec de moins bonnes conditions de travail que leurs
collègues du seul fait qu'ils ou elles travaillent moins d'heures. Ceci est
sans compter le fait que le niveau actuel du salaire minimum est insuffisant
pour sortir de la pauvreté, même lorsqu'on occupe un emploi à temps plein. Ces
situations doivent être corrigées.

    Les conservateurs méprisent les chômeurs

    Les centrales syndicales québécoises profitent de la campagne électorale
fédérale pour exiger de l'ensemble des partis politiques des engagements
fermes à l'égard des chômeuses et chômeurs. Avec la crise qui sévit
présentement dans le secteur manufacturier et qui risque fort de se propager à
d'autres secteurs d'activités en raison de la crise financière qui secoue
présentement les Etats-Unis, on ne cesse de mesurer les injustices causées par
un programme qui protège moins d'un chômeur sur deux. Le programme d'assurance
emploi a un urgent besoin de bonifications. Les normes d'admissibilité doivent
être assouplies, la durée de la période de prestations doit être allongée, le
calcul du taux de prestations doit être plus équitable et un plan d'aide aux
travailleuses et travailleurs âgés doit être mis en place. Avec des surplus
accumulés de plus de 57 milliards de dollars, l'inaction est inadmissible et
injustifiable. Rappelons que le gouvernement Harper a sabordé un projet de loi
bonifiant l'assurance emploi qui faisait consensus chez les trois partis
d'opposition et les grandes organisations syndicales du Québec et du Canada.

    La francophonie syndicale réunie à Montréal

    Les centrales syndicales tiennent aussi à signaler que, dans le cadre de
la tenue du XIIe Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la francophonie
du 17 au 19 octobre prochain, la Francophonie syndicale de la Confédération
syndicale internationale (CSI), organise un forum syndical sur le thème :
"Contribution du mouvement syndical à la promotion de la démocratie, de la
bonne gouvernance, la protection de l'environnement et le dialogue
interculturel", les 14, 15 et 16 octobre à Montréal.
    Cette rencontre qui réunira des représentants syndicaux d'Afrique,
d'Europe et d'Amérique permettra notamment d'élaborer une stratégie visant à
sensibiliser les Etats ayant le français en partage pour la ratification et
l'application correcte des instruments internationaux relatifs aux droits
humains et au travail décent, à la protection de l'environnement et à
l'intégration des peuples. Elle vise également une intensification de la
coopération en vue d'un renforcement des capacités syndicales dans les pays du
Sud.

    La Confédération syndicale internationale (CSI) représente 168 millions
de travailleuses et travailleurs dans 155 pays à travers le monde. La FTQ, la
CSN et la CSD y sont affiliées.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Filteau, CSN, (514) 894-1326; Jean Laverdière,
FTQ, (514) 893-7809; Jacques Désy, CSD, (514) 231-1273


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