Journée internationale des femmes : Reporters sans frontières s'inquiète d'une augmentation des violences envers les femmes journalistes



    MONTREAL, le 6 mars /CNW Telbec/ - La Journée internationale des femmes
fête ses 30 ans, le 8 mars. A cette occasion, Reporters sans frontières
s'inquiète d'une montée des violences commises envers les femmes journalistes
dans le monde.
    "De plus en plus de femmes journalistes sont victimes d'assassinats,
d'arrestations, de menaces ou d'intimidations. Cette augmentation est liée au
fait que les femmes sont de plus en plus nombreuses à exercer la profession de
journaliste, à occuper des postes plus exposés au sein de médias et à mener
des enquêtes dérangeantes", a déclaré Reporters sans frontières.
    "L'exemple le plus frappant est celui du récent assassinat d'Anna
Politkovskaia, à Moscou. Cette mère de deux enfants a payé de sa vie son
combat contre la politique menée par les autorités russes en Tchétchénie. Nous
lui rendons hommage, à elle et à toutes les autres qui, au-delà de leur
travail journalistique, se battent pour défendre leur liberté d'expression et
celle de leurs concitoyens", a ajouté l'organisation.

    De plus en plus de femmes journalistes assassinées

    Parmi les 82 journalistes tués dans le monde en 2006, figuraient neuf
femmes, soit 11 %. En 2005, près de 13 % des journalistes morts dans
l'exercice de leur fonction étaient des femmes. La proportion des femmes
journalistes tuées n'a jamais été aussi importante. En 2004, elles
représentaient 7,5 % du total des professionnels des médias tués et, en 2003,
2,5 %. Seule bonne nouvelle au milieu de ce décompte macabre : en 2007, à ce
jour, aucune femme journaliste n'a été tuée.
    L'espace post-soviétique a été particulièrement dur pour les femmes
journalistes, en 2006. Ogoulsapar Mouradova, correspondante de Radio Free
Europe au Turkménistan, est morte en prison, en septembre, vraisemblablement
en raison de coups qu'elle avait reçus à la tête. Elle avait été arrêtée en
juin, après avoir réalisé plusieurs reportages critiques envers les autorités
et aidé une journaliste française qui tournait un documentaire dans le pays.
Dans le pays voisin, l'Ouzbékistan, une journaliste et militante des droits de
l'homme, Umida Niazova, est emprisonnée depuis le 22 janvier. Elle risque de
cinq à dix ans de prison pour avoir fait circuler des témoignages de victimes
de la répression des événements d'Andijan, en 2005.
    En Irak également, des femmes reporters sont victimes de la violence des
groupes armés. Atwar Bahjat, de la chaîne de télévision Al-Arabiya, a été tuée
à Samarra, en février 2006, alors qu'elle couvrait la destruction partielle
d'un mausolée chiite. La journaliste avait été enlevée avec son équipe. Fait
rare dans le pays, son assassin a été retrouvé et condamné à la peine capitale
quelques mois plus tard.
    Rim Zeid, journaliste de la chaîne de télévision irakienne Sumariya TV,
a, elle aussi, été enlevée avec son collègue Marouane Khazaal, il y a plus
d'un an, le 1er février 2006. Depuis, nous sommes sans nouvelles d'eux. En
tout, huit femmes, dont six envoyées spéciales étrangères, ont été prises en
otages en Irak depuis le début de la guerre, en mars 2003. Une seule - Raeda
Wazzan, de nationalité irakienne - a été exécutée par ses ravisseurs.
    Au Liban, May Chidiac, présentatrice vedette de la chaîne LBC, a été
victime d'un attentat en septembre 2005. Grièvement blessée et mutilée, elle a
repris son travail après dix mois de soins et de rééducation.

    Sept femmes derrière les barreaux

    Sept femmes journalistes sont emprisonnées en ce moment dans le monde.
Elles s'appellent Munusamy Parameshawary (Sri Lanka), Saidia Ahmed (Erythrée),
Serkalem Fassil (Ethiopie), Rabiaa Abdoul Wahab (Irak), Umida Niazova
(Ouzbekistan), Agnès Uwimana Nkusi (Rwanda) et Tatiana Mukakibibi (Rwanda).
Toutes sont détenues en raison de leur activité professionnelle.
    Serkalem Fassil, directrice de publication de trois hebdomadaires, a été
arrêtée en novembre 2005 avec son mari, également journaliste. Elle était
alors enceinte. Elle a donné naissance à un petit garçon, dans sa cellule, au
mois de juin dernier. Après l'avoir gardé avec elle pendant six mois, elle l'a
confié à un membre de sa famille et ne le voit plus que rarement.
    Tatiana Mukakibibi est celle qui est détenue depuis le plus longtemps.
Arrêtée en 1996, elle est toujours dans l'attente de son jugement. Gardée à
Gitarama, au sud de la capitale rwandaise, dans une prison communale, elle ne
cesse de clamer son innocence et de réclamer justice.

    Des militantes de la liberté d'expression

    Reporters sans frontières souhaite également saluer le courage de celles
qui s'engagent pour défendre la liberté d'expression. Sihem Bensedrine en
Tunisie, Tadjigul Begmedova au Turkménistan, Rozlana Taukina au Kazakhstan,
Zhanna Litvina au Bélarus et Saida Kilani en Jordanie, sont quelques-unes de
ces femmes qui dirigent une organisation non gouvernementale dédiée à la
défense de la liberté de la presse.
    Elle mènent ce combat dans des conditions particulièrement difficiles,
devant faire face aux pressions de l'Etat et aux intimidations de groupes
privés qui s'en prennent régulièrement aux journalistes et à leurs défenseurs.
Pour éviter des représailles, elles sont parfois contraintes de se réfugier à
l'étranger.
    Enfin, ce tour d'horizon ne serait pas complet sans aborder le cas des
blogueuses, ces nouvelles militantes de la liberté d'expression qui utilisent
le Net pour tenter d'échapper à la censure. Elles sont nombreuses en Iran. Une
vingtaine d'entre elles ont récemment été interpellées à Téhéran alors
qu'elles manifestaient pour leurs droits de femmes. Le gouvernement de Mahmoud
Ahmadinejad réprime sévèrement les mouvements de revendications féministes. En
Arabie saoudite, le blog de Saudi Eve, une jeune femme qui, sous couvert
d'anonymat, raconte sa vie amoureuse et parle librement de religion, est
bloqué par les autorités.
    Sans oublier la situation en Afghanistan, où le camp des conservateurs
estime que les femmes sont trop nombreuses sur les écrans des télévisions
locales et souhaite faire adopter une loi demandant, entre autres, aux femmes
journalistes de respecter "les codes vestimentaires religieux".

    Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la
    liberté de la presse dans le monde. L'organisation compte neuf sections
    nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France,
    Italie, Suède et Suisse), des représentations à Bangkok, Londres,
    New York, Tokyo et Washington, et plus de 120 correspondants dans le
    monde.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Responsable de la section canadienne,
Reporters sans frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Fax:
(514)521-7771, rsfcanada@rsf.org

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