Jean Dorion invoque le précédent de Charles Aznavour... et aborde démographie, immigration et accommodements



    MONTREAL, le 16 mars /CNW Telbec/ - La 174e assemblée générale annuelle
de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a pris fin vendredi soir. Au
début de l'assemblée, le président général Jean Dorion avait confirmé à la
centaine de délégués la rumeur voulant qu'il aspire à être candidat du Bloc
Québécois dans la circonscription de Longueuil-Pierre-Boucher. "Pour
l'instant, je ne suis que postulant à cette candidature, a dit Jean Dorion. Si
toutes les personnes qui en font autant -cinq jusqu'ici- devaient quitter
leurs emplois, on augmenterait inutilement le taux de chômage. Il revient aux
militants du Bloc de choisir le candidat. Si leur choix se porte sur moi, je
quitterai la présidence de la Société".
    En principe, le mandat actuel de Jean Dorion à la tête de la SSJBM prend
fin en mars 2009. Quoi qu'il arrive, il n'en demandera pas un nouveau, a-t-il
dit, ayant jusqu'ici présidé l'organisme pendant dix ans et sept mois, soit
plus longtemps que quiconque depuis la fondation de la Société en 1834. Il
vient par ailleurs tout juste de faire la tournée des seize sections locales
de la Société, à l'occasion de chacune de leurs assemblées générales. "Il
appartiendra aux militants du Bloc de fixer la date de l'assemblée
d'investiture (ce pourrait être n'importe quand d'ici octobre 2009). Il leur
revient aussi de choisir le candidat. Il n'est donc pas impossible que je sois
toujours président en mars prochain ; vous auriez alors droit à une deuxième
tournée d'adieu", d'affirmer Jean Dorion, en invoquant le précédent de Charles
Aznavour...
    Le président général est revenu sur certains thèmes qu'il a souvent
abordés depuis son arrivée au Conseil d'administration de la SSJB en 1988 :
nécessité et inévitabilité de l'immigration compte tenu de la situation
démographique et économique au Québec, urgence de faire plus pour la
francisation des immigrants et nécessité d'agir avec sensibilité et
compréhension face aux défis que présente la coexistence des cultures et des
croyances et incroyances en matière de religion.
    Sur la démographie québécoise, il a invité ses auditeurs à comparer la
pyramide des âges québécoise à celle d'autres nations : très rétrécie à sa
base, la nôtre annonce que le vieillissement des bébéboumeurs entraînera un
poids gigantesque pour les générations plus jeunes et moins nombreuses, qui
devront payer une partie des pensions et assumer les soins de santé et autres
services publics dispensés à ces innombrables retraités. Le fardeau fiscal
risque d'inciter plus d'un jeune à aller faire sa vie ailleurs.
    Il faut se méfier des thèses voulant que l'immigration ne puisse
améliorer que très peu cette situation : en 2006, par exemple, 92 000 nouveaux
enfants se sont ajoutés à la population du Québec; or, 18 000 étaient des
enfants nés au Québec de mères immigrées; environ 10 000 autres étaient des
enfants immigrés au Québec cette année-là. C'est dire que sans l'immigration
de première génération, le nombre de nouveaux enfants cette année-là aurait
été inférieur de 28 000, soit 30 %. Et quelles que soient les politiques
familiales à venir, les enfants que nous n'avons pas eus il y a 10, 20 ou 30
ans ne seront pas là pour en faire d'autres, a souligné Jean Dorion.
    Sur la nécessité de franciser davantage les immigrants, il a repris les
demandes de la Société , dont l'esprit se retrouvait d'ailleurs dans plusieurs
résolutions adoptées par l'assemblée :

    
        1-  l'extension au cégep des conditions d'accès à l'école anglaise
            prévues par la loi 101.
        2-  l'abaissement du nombre d'employés (50, présentement) au-delà
            duquel une entreprise doit se soumettre à un processus de
            francisation.
        3-  les crédits nécessaires pour  que tous ceux qui souhaitent
            apprendre le français soient en mesure de le faire, sur les lieux
            de travail au besoin.
        4-  l'abandon du projet insensé de confier la moitié des nouvelles
            infrastructures hospitalières du Grand  Montréal à  des gens qui
            vont les gérer en anglais, langue maternelle de 12% de sa
            population, avec des conséquences évidentes pour la langue de
            travail, puisque le secteur de la santé sera de plus en plus l'un
            des plus gros employeurs au Québec.
    

    La situation actuelle, à Montréal en particulier, exige aussi des
attitudes qui favorisent le rapprochement et les alliances avec les
immigrants. L'insécurité culturelle dans laquelle le système canadien
entretient les Québécois ne nous a pas toujours inspiré les réflexes les plus
adéquats envers les minorités religieuses, a affirmé Jean Dorion, en citant
quelques exemples historiques malheureux. De nos jours, il n'y a pas de raison
de présumer a priori que tous ceux et celles qui manifestent des croyances que
notre majorité ne partage pas, que ce soit dans leur vêtement ou leur
alimentation, par exemple, le font dans le but de nous provoquer ou de nous
insulter, pas plus que nos parents ou nos grands-parents, qui s'abstenaient de
manger gras le vendredi ou exigeaient deux heures pour se rendre à la messe
s'ils travaillaient le dimanche, le faisaient pour insulter les Anglais ou,
comme on dit, "faire du trouble".
    Il ne faudrait pas répéter les mêmes erreurs, en version catholique ou
laique, à chaque génération, a-t-il affirmé. On peut obliger les gens à
fréquenter nos écoles, mais on ne peut pas les obliger à nous aimer; pour être
aimé, il faut être aimable, c'est-à-dire sensible et capable de compromis.
    C'est dans cet esprit, a-t-il expliqué, que le Conseil général unanime a
entériné, après l'avoir examiné à deux reprises, le mémoire que j'ai présenté,
au nom de la Société, à la Commission Bouchard-Taylor. Notre action a donné
des résultats : une campagne médiatique sensationnaliste et stérile a cessé et
j'ai tout lieu de croire que nous y sommes pour quelque chose. Chaque fois que
la Société a choisi dans son histoire la cause du progrès humain plutôt que
celle de la peur du nouveau et celle du conservatisme à tout prix, elle a fait
le bon choix, a-t-il ajouté, évoquant la prise de position de la Fédération
nationale Saint-Jean-Baptiste, notre aile féminine, pour le droit de vote des
femmes, en 1919, l'année même ou Henri Bourassa amorçait une triste croisade
dans le sens contraire.
    Jean Dorion a terminé en répétant sa déclaration faite au Conseil général
en 1994, alors qu'il quittait la présidence de la Société pour devenir délégué
général du Québec à Tokyo : "quoi qu'il m'arrive, la vie ne m'apportera jamais
de plus grand honneur que celui d'avoir servi la Société Saint-Jean-Baptiste
de Montréal". Les délégués l'ont longuement ovationné.
    Parmi les nombreuses résolutions adoptées par l'assemblée, notons une
résolution d'urgence condamnant la position de l'exécutif de l'ADQ, qui
sacrifiait le facteur linguistique au profit du facteur économique dans le
choix des futurs immigrants.
    L'assemblée générale a élu un nouveau membre Jean-Pierre Durand, au
Conseil général. Elle a reconduit dans leurs fonctions Elaine Des Lauriers,
Pierre Serré et l'ancien président François Lemieux.




Renseignements :

Renseignements: Sébastien L. Pageon, Communications SSJB, (514)
830-5161

Profil de l'entreprise

Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.