IRIS-menaces de délocalisations d'emplois : vers des concessions salariales pour les travailleuses et travailleurs



    MONTREAL, le 16 avr. /CNW Telbec/ - Alors que sévit la crise économique,
la menace du transfert des emplois vers les pays à bas salaires sert le plus
souvent de prétexte pour niveler vers le bas les conditions de travail au
Québec et au Canada. C'est ce qu'établit une étude de l'Institut de recherche
et d'informations socio-économiques (IRIS) dévoilée aujourd'hui, réalisée par
le chercheur Philippe Hurteau en partenariat avec le Centre international de
solidarité ouvrière (CISO).
    "L'étude porte sur les délocalisations d'emploi entre 2005 et 2008. On
remarque que la plupart des emplois dans les secteurs manufacturier et du
textile qui pouvaient être facilement délocalisables à l'étranger l'ont été
durant les années 1990. Ce qui fait qu'aujourd'hui, les délocalisations
touchent davantage les emplois liés à ce qu'on appelle "l'économie du savoir".
Contrairement à la croyance populaire, ce ne sont plus aujourd'hui les emplois
bas de gamme qu'on envoie ailleurs. Ce sont les emplois de qualité qu'on
menace de délocaliser afin d'obtenir des concessions au niveau des conditions
de travail et des conditions salariales des travailleuses et travailleurs",
explique Philippe Hurteau.
    Ainsi, 17,5% des emplois sont directement menacés de délocalisation, un
chiffre qui monte à 20% dans le secteur des services, c'est-à-dire, un employé
sur cinq. Les emplois les mieux rémunérés et exigeant un haut niveau de
scolarisation, de même que ceux occupés en majorité par des femmes, sont les
plus touchés par cette menace. La possibilité directe d'employer cette menace
s'étend aussi à plusieurs autres types d'emploi où elle peut être, au même
titre que la concurrence internationale, invoquée pour légitimer des
réductions de salaire ou des concessions sur l'organisation du travail. On
assiste donc de plus en plus à une flexibilisation du travail.
    En effet, depuis la fin des années 1980, le double-emploi est en hausse,
c'est-à-dire qu'un même travailleur allie plus souvent deux emplois. Depuis
1997, le taux d'emplois temporaires, c'est-à-dire des emplois sans sécurité ni
permanence, a augmenté de 11,5%. La part de l'emploi à temps-partiel dans
l'emploi total a augmenté de 25% par rapport aux années 1990. La menace de
délocalisation participe ainsi d'un processus de
déstructuration-réorganisation du travail où les conditions des salariés
reculent.
    "Cette flexibilisation du travail n'est pas le fruit d'un développement
naturel de l'économie, mais plutôt le résultat d'un processus de
libéralisation et de déréglementation des flux de capitaux mis en place par
les décideurs politiques et l'élite économique qui en tire bénéfice.
L'autonomie de mouvement des capitaux permet à leurs détenteurs de faire jouer
la concurrence à leur avantage entre pays à hauts et bas salaires, le tout
pour exercer une pression à la baisse sur les conditions salariales et
l'organisation du travail.", résume Philippe Hurteau.
    Pour Francine Néméh, coordonatrice du CISO, "cette étude est très utile
puisqu'elle permet de mieux comprendre ce phénomène qui met en concurrence les
travailleuses et travailleurs du Nord et du Sud. Dans notre monde globalisé,
aucune lutte pour les droits sociaux ne peut se faire en vase clos. Seule la
solidarité internationale peut nous permettre de faire face à ces menaces et
pressions à la baisse sur nos conditions de vie et de travail".




Renseignements :

Renseignements: Bertrand Schepper, chercheur à l'IRIS, (cellulaire)
(514) 206-6733, (514) 789-2409


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.