(IRIS) - Hausses de frais de scolarité et RPR: vers la privatisation du financement universitaire et l'explosion de l'endettement étudiant



    MONTREAL, le 23 oct. /CNW Telbec/ - S'il continue de hausser les frais de
scolarité, le gouvernement du Québec se trouvera rapidement aux prises avec
une explosion de l'endettement étudiant, en plus d'accélérer la privatisation
du modèle québécois et son rapprochement avec le modèle inégalitaire qui
prévaut aux Etats-Unis. C'est ce que révèle une étude publiée par l'Institut
de recherche et d'informations socio-économiques (IRIS) consacrée à l'étude
des modèles australiens et américains.
    L'Australie est la pionnière des régimes de financement universitaire
combinant des hausses soutenues des frais de scolarité et l'utilisation du
RPR. La proportion des revenus des universités australiennes provenant des
fonds publics est passée de 65 % à 40 % en 15 ans. Les individus assument
maintenant 40 % du financement de leur éducation. Le gouvernement a haussé les
frais de scolarité en 1997 et il l'a fait de nouveau en 2005. Le dispositif
technique employé pour amortir l'endettement élevé généré par une telle
situation a été le remboursement proportionnel au revenu (RPR), permettant à
l'étudiant-e de contracter un prêt sans devoir rien verser au moment des
études, pour ensuite rembourser ce prêt lorsque son revenu dépasse un seuil
convenu. Pour suivre l'augmentation en flèche des frais de scolarité, le
programme a été poussé bien au-delà des prévisions initiales de ses
concepteurs.
    "Plus les étudiants paient et s'endettent, et plus l'Etat se désengage.
La dette totale des étudiant-e-s atteint aujourd'hui 13 milliards de dollars
australiens. Ce déchargement des coûts sur les individus, en plus de causer
une explosion de l'endettement, représente une privatisation du financement
universitaire. Est-ce vraiment la direction que doit prendre le Québec? Alors
que les signaux d'alarme commencent à retentir en Australie, il vaudrait mieux
prendre le temps de regarder ce qui a échoué ailleurs avant de l'importer au
Québec", relève Eric Martin, chercheur à l'IRIS.
    "L'aboutissement d'une telle logique se trouve dans le modèle américain,
exemple le plus avancé d'une transition en cours vers une privatisation
quasi-totale des services éducatifs. La pression croissante en faveur de
hausses de frais de scolarité indique que le Québec s'engage de plus en plus
dans cette direction. Un Québec qui aurait, dans l'avenir, converti son
système d'éducation publique subventionnée en régime à contribution étudiante
élevée, en utilisant le RPR comme mécanisme de transition, aurait, au final,
un système privatisé et élitiste, où des pauvres pourraient tout de même
entrer, à condition de le faire à crédit, en s'endettant à vie", explique le
chercheur Philippe Hurteau.

    L'IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, indépendant et
progressiste, a été fondé à l'automne 2000. L'institut produit des recherches,
des brochures et des dépliants sur les grands enjeux socio-économiques de
l'heure (fiscalité, pauvreté, mondialisation, privatisations, etc.) afin
d'offrir un contre-discours à la perspective néolibérale. De plus, les
chercheurs offrent leurs services aux groupes communautaires, groupes
écologistes et syndicats pour des projets de recherche spécifiques ou pour la
rédaction de mémoires.




Renseignements :

Renseignements: Guillaume Hébert, (514) 206-6733


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