Iran - Mehrnoushe Solouki : "Pourquoi suis-je encore retenue ici?"



    MONTREAL, le 21 juin /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières a adressé
deux courriers au ministère français des Affaires étrangères afin
d'interpeller les autorités sur l'interdiction de sortie du territoire iranien
dont est frappée Mehrnoushe Solouki, documentariste franco-iranienne.
    "Mehrnoushe Solouki vit une situation très difficile. Elle fait
aujourd'hui face au silence des autorités iraniennes. Si aucune charge n'a été
retenue contre elle, au terme d'un mois passé en détention, le parquet de
Téhéran attend les directives du ministère des Renseignements pour l'autoriser
à quitter le pays. La caution très lourde payée par sa famille, l'obligeant à
hypothéquer leur domicile, constitue un moyen supplémentaire de pression sur
la jeune femme qui a dû répondre, depuis sa sortie de prison, à de nombreuses
convocations", a déclaré l'organisation.
    Jointe par Reporters sans frontières, Mehrnoushe Solouki a affirmé ne pas
comprendre le silence des autorités iraniennes. "Pourquoi suis-je encore
retenue en Iran. N'avais-je pas les consentements des fonctionnaires iraniens
et plus encore leurs sacro-saintes autorisations pour me rendre en Iran. Pour
y séjourner et filmer. Ai-je dérogé à une règle, une seule, prescrite par la
République islamique. Aux yeux de la justice iranienne et après instruction,
non. Alors, pourquoi suis-je retenue encore en Iran. Suis-je coupable de ma
nationalité française. De ma résidence au Canada. De ma condition de cinéaste
indépendante. Le mutisme du ministère de l'Intérieur ne laisse rien augurer de
bon", s'est interrogée la journaliste.
    Mehrnoushe Solouki s'était rendue en Iran en décembre 2006 pour réaliser
un documentaire sur les événements qui ont suivi l'accord de cessez-le-feu, en
1988, entre l'Irak et l'Iran. Elle a été arrêtée le 17 février 2007 et placée
en détention à la prison d'Evin. Elle a été libérée le 19 mars après avoir
payé une caution de cent millions de toumen, l'équivalent de 80 000 euros.
Grâce à l'intervention de l'ambassade de France à Téhéran, son passeport lui a
été restitué, mais ses documents de travail et notamment son disque dur
externe, qui contient 70% du montage de son documentaire, sont toujours aux
mains des autorités iraniennes.
    Dans une affaire similaire, la journaliste irano-américaine de Radio Free
Europe, Parnaz Azima, n'a pas été autorisée à quitter l'Iran. Accusée de faire
la "propagande contre la République islamique" et de travailler pour une radio
"contre-révolutionnaire", la journaliste a dû payer une caution d'environ
411 000 euros pour rester en liberté jusqu'à l'ouverture de son procès.
Résidant en République tchèque, Parnaz Azima s'était rendue en Iran en janvier
2007 pour rendre visite à sa mère malade. Les autorités iraniennes lui avaient
alors confisqué son passeport. Elle est tenue de rester en Iran jusqu'au
jugement de son affaire.

    Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la
liberté de la presse dans le monde. L'organisation compte neuf sections
nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Italie,
Suède et Suisse), des représentations à Bangkok, Londres, New York, Tokyo et
Washington, et plus de 120 correspondants dans le monde.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Fax: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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