IRAN - La répression s'intensifie contre la presse, nationale et étrangère



    MONTREAL, le 18 juin /CNW Telbec/ - Reporters sans frontières condamne
fermement l'intensification de la répression envers les journalistes iraniens
et étrangers indépendants qui veulent relayer la voix de la rue, et faire
connaître au monde la situation à Téhéran et dans les autres provinces d'Iran.
    Cinq jours après les résultats de l'élection présidentielle, dix ont été
arrêtés.
    " Les arrestations se multiplient. Nous sommes sans nouvelles de nombreux
journalistes. La pression sur les journalistes étrangers dépasse toute mesure.
Les autorités ont la claire intention de chasser ces témoins indésirables. Le
régime espère-t-il vraiment dissimuler au monde un événement de cette ampleur
?", a déclaré l'organisation.
    Depuis le 15 juin, une dizaine d'activistes d'opposition ainsi que des
personnalités politiques et de la société civile ont été arrêtés dans les
grandes villes du pays : Téhéran, Tabriz, Ispahan, et Chiraz. Reporters sans
frontières a été informée de nombreux cas de mauvais traitements sur les
personnes arrêtées et détenues.
    Mohamad Atryanfar, directeur de plusieurs publications comme Hamshary,
Shargh, Shahrvand Emrouz, est détenu depuis le 15 juin. Il aurait été
transféré à la section de sécurité de la prison d'Evin.
    Bien qu'il soit handicapé, Said Hajarian, ancien directeur du journal
Sobh-e-Emrouz, a été arrêté par les forces de l'ordre dans la nuit du 15 au 16
juin à son domicile de Téhéran. Quotidien réformateur fondé en juin 1997, au
lendemain de l'élection de Mohammad Khatami, Sobh-e-Emrouz s'est notamment
illustré par ses révélations sur l'implication de certains cercles du pouvoir
dans la série de crimes contre des journalistes et intellectuels à la fin de
1998. En mars 2000, Said Hajarian, considéré comme l'un des théoriciens des
réformateurs iraniens, avait été victime d'une tentative d'assassinat à
Téhéran.
    Mohammad Ali Abtahi, surnommé "Mollah blogueur", a subi le même sort dans
la matinée du 16 juin, à son domicile de Téhéran. Cet ancien vice-ministre de
Khatami était également le conseiller de Mehdi Karoubi, candidat d'opposition.
L'annonce de son arrestation a été postée sur son blog webneveshta
(http://www.webneveshteha.com/). Mohammad Ali Abtahi est le deuxième blogueur
arrêté depuis le 13 juin, après la cyberdissidente Somaieh Tohidlou
(http://smto.ir) le 14 juin 2009.
    Toujours le 16 juin Aldolfatah Soltani, avocat de plusieurs journalistes
emprisonnés et membre du Cercle des défenseurs des droits de l'homme, a été
placé sous mandat de dépôt, sur ordre du tribunal de la révolution de Téhéran.
Il aurait été, lui aussi, transféré à la section de sécurité de la prison
d'Evin.
    Saide Lylaz, journaliste au journal Sarmayeh, a été arrêté le 17 juin, à
son domicile de la capitale. Ce spécialiste des questions économiques s'est
montré très critique envers la politique d'Ahmadinejad. Contactée, sa femme
ignorait où il avait été emmené. Rohollah Shassavar, journaliste de la ville
de Mashad, est détenu depuis la même date.
    Reporters sans frontières rappelle que les arrestations, le 14 juin, des
journalistes Somaieh Tohidlou, Ahmad Zeydabadi, Kivan Samimi Behbani,
Abdolreza Tajik, Mahssa Amrabadi. Arrêtés le même jour, Said Shariti et Hoda
Sabaer ont depuis été libérés.
    Depuis le 13 juin, les journalistes étrangers présents sur place se sont
vus empêchés de couvrir les manifestations qui ont suivi l'annonce de la
"victoire" de Mahmoud Ahmadinedjad. Certains ont été physiquement agressés,
comme l'envoyé spécial de France 3, celui de la RAI, ou le reporter de
Reuters. D'autres ont été arrêtés avant d'être expulsés, comme l'équipe
espagnole de la RTVE, les Belges de la RTBF, les Allemands de l'ARD et de ZDF
ou encore les Néerlandais de Neerland2.
    Le 16 juin, les médias étrangers ont reçu l'interdiction de Mohammad Sfar
Harandi, ministre de la Culture et l'Orientation islamique, "de participer ou
de couvrir les rassemblements organisés sans autorisation du ministère de
l'Intérieur". "Nous sommes des témoins gênants (...), ils veulent éliminer
toute présence de la presse étrangère (...). Les rues hier soir étaient
totalement occupées par les troupes anti-émeutes", a déclaré Yolanda Alvarez,
de la RTVE, expulsée d'Iran avec toute son équipe le 15 juin.
    Le 17 juin 2009, le Centre de surveillance des délits organisés des
Gardiens de la révolution a sommé, par écrit, tous les directeurs des sites de
supprimer "les contenus invitant la population aux émeutes, propageant menaces
et rumeurs". Le communiqué ajoute qu'ont été relevés sur Internet "plusieurs
cas de sites et blogs personnels publiant des articles incitant au trouble à
l'ordre public, et invitant la population à se rebeller. Ces sites, créés avec
l'aide de sociétés américaines et canadiennes, bénéficient du soutien de
médias protégés par les services de sécurité américains et britanniques, tels
que la BBC, Radio Farda (Free Europe) et Radio Zamaneh". Le Centre de
surveillance prétend faire des révélations importantes, dans les prochains
jours, sur ces réseaux qualifiés de "destructeurs".
    Par ailleurs, les autorités iraniennes continuent la diabolisation des
médias étrangers, surtout occidentaux, les accusant d'être les "porte-parole
des émeutiers". Dans un communiqué du 17 juin, le ministre de Affaires
étrangères les qualifie d' "ennemis", les avertissant qu'ils seraient bientôt
mis "échec et mat".

    Lire la tribune de Jean-François Julliard, Secrétaire général de
Reporters sans frontières, sur le site du Monde :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/17/pas-de-victoire-sans-une-pre
sse-libre-par-jean-francois-julliard-et-reza-moini_1207875_3232.html

    Voir aussi l'interview sur France 24 :
http://observers.france24.com/en/content/20090617-direct-tehran-despite-crackd
own-information-war-authorities-censorship




Renseignements :

Renseignements: Katherine Borlongan, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4188, Télécopieur: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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