Intervention de la Fédération des professionnèles de la CSN devant le groupe de travail sur le financement du système de santé cet après-midi - Les problèmes de santé psychologique liés au travail augmentent les coûts d'absentéisme : une facture de plus de 250 millions de dollars par année



    Améliorer la qualité de vie au travail pour diminuer les coûts du réseau,
    propose la FP-CSN

    MONTREAL, le 16 oct. /CNW Telbec/ - Rejetant une plus grande contribution
du secteur privé dans les soins de santé et les services sociaux comme
solution aux problèmes que traverse le réseau public québécois, la Fédération
des professionnèles (FP-CSN) plaide plutôt pour s'attaquer aux causes de
l'absentéisme découlant notamment des problèmes de santé psychologique liés au
travail, une facture s'élevant à plus de 1,5 milliard de dollars pour la durée
de la convention collective.
    Devant le groupe de travail sur le financement du système de santé, cet
après-midi, le président de la FP-CSN, Michel Tremblay, fera valoir l'urgence
d'impliquer les travailleuses et les travailleurs dans des démarches
d'organisation du travail au niveau local de façon à améliorer le climat et
les conditions de travail du personnel, principales sources de l'absentéisme
dans le réseau.
    "Une partie de la solution à l'augmentation des coûts du réseau public
est dans la cour du ministère de la Santé et des Services sociaux, a indiqué
le porte-parole syndical. Les données provenant de différents groupes de
travail du ministère sont éloquentes : l'absentéisme lié aux problèmes de
santé psychologique, découlant entre autres des surcharges de travail, de la
démotivation et d'une mauvaise gestion, prive le réseau public de plus de
10 000 travailleuses et travailleurs par année. La facture d'indemnisation des
absences s'élève à plus de 250 millions de dollars annuellement, un non-sens
qui ajoute à la spirale de la dégradation des conditions de travail et qui
prolonge les listes d'attente."
    Cette réalité n'est pas sans avoir un impact significatif sur la pénurie
de main-d'oeuvre qui frappe en particulier les professionnèles et les
techniciennes. Le Conseil interprofessionnel du Québec a fait état de
34 professions, sur 51, en situation de pénurie. L'organisme note que plus de
5200 postes de travailleurs sociaux, 1377 d'orthophonistes, 3200 de
technologistes médicaux, 3292 d'ergothérapeutes, pour ne citer que ces
professions, devront être comblés au cours des prochaines années.
    "En outre, poursuit Michel Tremblay, le gouvernement n'a rien fait, bien
au contraire, pour s'attaquer aux causes de l'absentéisme, refusant d'inciter
de façon concrète les administrations locales pour qu'elles impliquent les
syndicats dans une révision de l'organisation du travail. Après avoir obtenu
une lettre d'entente dans la convention collective au cours des années 90,
nous avons lancé en 2001 une large opération pour inviter les employeurs à
amorcer un processus local, mais rares furent les directions d'établissement
qui ont cru bon d'entreprendre une démarche sérieuse. Conséquemment, la boucle
est bouclée : la facture continue de s'alourdir, l'absentéisme grimpe
toujours, les surcharges de travail croissent et les conditions de travail se
dégradent davantage, tous des facteurs qui augmentent la pénurie dénoncée. Les
pressions sur le système public n'en sont que plus fortes."
    Intervenant devant le groupe de travail présidé par M. Claude Castonguay,
la FP-CSN démontrera, en citant les études du ministère, que des changements
dans l'organisation du travail qui impliquent les travailleuses et les
travailleurs, notamment au niveau de l'utilisation de leurs compétences,
peuvent affecter positivement la santé du personnel et réduire les absences au
travail.

    Non au privé

    La FP rejette toute idée de recourir davantage au secteur privé, un moyen
qui ferait encore grimper la facture des soins de santé et des services
sociaux. Selon la fédération affiliée à la CSN, l'exemple des soins de
réadaptation physique est probant. Depuis plus d'une quinzaine d'années, les
deux tiers du financement des traitements de physiothérapie et d'ergothérapie
dans les centres de réadaptation proviennent principalement de la CSST et de
la SAAQ qui privilégient des services privés.
    Ce mode de financement a contribué à créer une iniquité dans
l'accessibilité selon qu'il y ait ou non un agent payeur autre que le
ministère. Si le réseau des cliniques privées prend une place de plus en plus
importante dans les soins de réadaptation physique, il ne rend pas les
services plus accessibles aux personnes qui ne sont pas indemnisées par la
SAAQ ou la CSST et qui ne possèdent aucune assurance privée. Ces dernières
deviennent les victimes d'un régime à deux vitesses causé par le financement
privé des services de réadaptation.
    Ce qui est encore plus éloquent, c'est qu'au lieu de favoriser l'accès
aux services publics aux populations dans le besoin, ce transfert au privé a
allongé considérablement les listes d'attente. Il semble qu'il soit
préférable, en 2007, de se blesser au travail ou dans un accident d'auto,
plutôt qu'à la maison, pour être soigné plus rapidement.
    Cette façon de faire a entraîné au Québec la plus importante hausse des
coûts, en comparaison avec les autres provinces canadiennes. De sorte que la
facture québécoise de physiothérapie et d'ergothérapie dépasse celle de toutes
les autres provinces.
    De plus, le recours au secteur privé en ce domaine a accru les problèmes
de pénurie au sein même du secteur public en opérant un exode des
professionnels concernés.
    Selon la FP-CSN, une meilleure contribution des médecines alternatives au
réseau public réduirait également les coûts du système. L'impact d'une
surmédicamentation est considérable et une utilisation adéquate de soins
prodigués par les professionnèles des médecines alternatives intégrées au
réseau public, aurait des effets bénéfiques sur les coûts des médicaments et
les coûts totaux du système de santé actuel.

    La Fédération des professionnèles de la CSN représente plus de
8000 professionnèles, techniciennes et techniciens regroupés dans une
quarantaine de syndicats partout au Québec.




Renseignements :

Renseignements: Louis-Serge Houle, Service de l'information de la CSN,
(514) 792-0795; Source: Fédération des professionnèles de la CSN


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