Interpellation de la ministre du Travail sur la modernisation de la CSST - Même dialogue de sourds qu'au « Comité Camiré » et qu'au conseil d'administration de la CSST

MONTRÉAL, le 6 mai 2011 /CNW Telbec/ - À l'occasion de l'interpellation ce matin à l'Assemblée nationale de la ministre du Travail, Mme Lise Thériault, sur la modernisation de la CSST, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) constate et dénonce le même immobilisme gouvernemental que celui qui prévaut au conseil d'administration (C. A.) de la CSST.

« En raison des intérêts fondamentalement opposés des associations d'employeurs et des organisations syndicales qui siègent au C. A., celui-ci se retrouve incapable de proposer des améliorations au régime de santé et de sécurité du travail qui iraient dans le sens d'une meilleure protection des travailleuses et travailleurs québécois », souligne Sylvie Simoneau, vice-présidente de la CSQ et responsable du dossier de la santé et sécurité du travail.

Moins de 20 % des travailleurs sont couverts

Ainsi, si on peut se réjouir de la conclusion prochaine d'une entente avec la communauté Mohawk pour mieux protéger ses membres qui travaillent sur le chantier du Pont Mercier, la CSQ rappelle que moins de 20 % des travailleuses et travailleurs du Québec sont couverts par l'ensemble des dispositions de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST). Les comités paritaires de santé et sécurité, les représentantes et représentants à la prévention, les programmes de prévention et les programmes de santé ne visent en effet qu'une minorité d'employeurs qui se retrouvent dans les premiers groupes « prioritaires » déterminés par la CSST en … 1980 !

« Plus de trente ans après l'entrée en vigueur de la LSST, il est temps que tous les travailleurs du Québec bénéficient d'un même régime de prévention des lésions professionnelles », déclare Mme Simoneau.

Diminution des lésions professionnelles : des nuances, s.v.p.

La CSST fait grand cas de la diminution du nombre des lésions professionnelles qu'elle constate depuis les dix dernières années. La CSQ tient à nuancer ces chiffres en signalant que ceux-ci ne font état que des réclamations acceptées par la CSST. Or, moins de la moitié des réclamations pour maladie professionnelle sont acceptées par la CSST. Au regard des accidents du travail, les réclamations pour des lésions psychologiques liées au stress en milieu de travail ne représentent qu'une infime minorité des réclamations acceptées.

« Il y a une nette sous-déclaration des problèmes attribuables au travail parce que les travailleuses et travailleurs ne se sentent pas la force d'affronter la machine de la CSST lorsqu'ils sont à terre », ajoute Mme Simoneau. La CSQ réclame pour cette raison une « modernisation » de la définition légale de ce qui constitue un accident du travail pour que cette réalité reconnue par tous les experts dans le domaine de la santé mentale au travail soit également reconnue par le régime d'indemnisation des lésions professionnelles.

Sauver de l'argent sur le dos des travailleuses enceintes

Autant au sein du Comité Camiré qu'au C. A. de la CSST, les employeurs cherchent d'abord et avant tout à réduire leurs coûts, que ce soit en s'en prenant au niveau d'indemnisation des victimes de lésions professionnelles ou au programme « Pour une maternité sans danger » visant la protection des travailleuses enceintes ou qui allaitent contre les dangers inhérents à leurs conditions de travail.

La CSQ demande donc à la ministre de procéder à une véritable modernisation du régime qui aille dans le sens des intérêts des travailleuses et travailleurs, notamment par l'abolition de la notion de « groupes prioritaires » qui ne veut plus rien dire en 2011, par l'application des mécanismes de prévention inclus dans la LSST à l'ensemble des travailleuses et travailleurs québécois, ainsi que par l'application de la LSST et de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles (LATMP) aux travailleuses domestiques, comme le demandait la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse dans un avis soumis en décembre 2009.

Le gouvernement doit aussi refuser de céder devant les demandes du patronat qui ne cherche qu'à diminuer les coûts reliés à l'indemnisation des lésions professionnelles sans pour autant être prêt à consentir tous les efforts requis au plan de la prévention.

« Le régime créé en 1979 était révolutionnaire à l'époque en reconnaissant la place des travailleuses et travailleurs et en instaurant des protections inédites en Amérique du Nord comme le retrait préventif de la travailleuse enceinte ou qui allaite. Nous devons constater aujourd'hui que le Québec a été largement dépassé par d'autres provinces et bon nombre d'états américains en matière de prévention. Nous aurions aussi avantage à nous inspirer de certaines initiatives européennes, par exemple celles visant la prévention des risques psychosociaux et du stress au travail », conclut Mme Simoneau.

Profil de la CSQ

La CSQ représente près de 180 000 membres, dont près de 100 000 font partie du personnel de l'éducation. Elle représente des membres en formation professionnelle et technique dans toutes les régions du Québec. La CSQ est également présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications.

csq.qc.net
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SOURCE CSQ

Renseignements :

Marjolaine Perreault
Attachée de presse, CSQ
Cell. : 514 235-5082
perreault.marjolaine@csq.qc.net


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