Ingérence politique et gestion partisane de l'éducation - La FSE et l'APEQ remettent une pétition de plus de 20 000 noms pour témoigner du ras-le-bol des enseignants



    QUEBEC, le 7 déc. /CNW Telbec/ - Réunis devant l'Assemblée nationale ce
matin, une centaine de représentantes et représentants des syndicats membres
de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) et de l'Association
provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ) y ont déposé sur
le parvis une pétition comptant plus de 20 000 signatures d'enseignantes et
d'enseignants, recueillies en seulement deux semaines, témoignant notamment de
leur insatisfaction au regard de l'ingérence politique dans les décisions
pédagogiques.
    En effet, les enseignantes et enseignants déplorent à coup sûr le
caractère partisan des décisions qui se prennent en éducation depuis un
certain temps. "Il est certain que l'éducation est un enjeu politique de
taille, mais les orientations données au système doivent l'être pour des
considérations pédagogiques, visant la réussite du plus grand nombre et le
respect de son personnel, et non pour des raisons partisanes et
électoralistes", a déclaré Mme Maureen Morris, présidente de l'APEQ.
    Ainsi, le retour unilatéral et sans nuance du bulletin chiffré dans les
écoles primaires a grandement irrité les enseignants qui ont vite constaté que
le ministère de l'Education, du Loisir et du Sport (MELS) et les dirigeants
locaux donnaient des consignes contradictoires en ne donnant pas les moyens
pour effectuer les changements dans les délais impartis. Dans le même ordre
d'idées, le fameux "retour en force de la dictée" annoncé par le premier
ministre n'a pas non plus été bien accueilli par les enseignantes et
enseignants pour plusieurs raisons, notamment parce qu'elle se donne déjà
régulièrement dans les salles de classe, mais aussi parce qu'il relève de
l'expertise du personnel enseignant et non des politiciens de déterminer les
outils pédagogiques qui doivent être utilisés. De plus, les nombreux ratés de
la réforme, desquels le MELS ne semble jamais tirer de leçon et que la FSE
dénonce régulièrement, se répètent cette année lors de l'implantation de la
réforme à l'éducation des adultes, mais dans un contexte d'organisation
scolaire qui la rend tout simplement irréalisable.
    "Les enseignants se sentent ballotés par des annonces improvisées à des
fins électoralistes alors qu'ils mettent de l'avant des solutions au plan
pédagogique. Pourtant, ils sont les mieux placés pour signaler les changements
nécessaires au système d'éducation et, sur cette base, méritent d'être
entendus au premier chef", a déclaré Mme Johanne Fortier, présidente de la
FSE.
    Les enseignants de la FSE et de l'APEQ attendent principalement que le
MELS respecte leur expertise professionnelle dans les décisions pédagogiques à
prendre, qu'il respecte leur autonomie professionnelle dans le choix des
outils d'enseignement et d'évaluation. Ils souhaitent également que le MELS
reporte l'implantation de la réforme à l'éducation des adultes tant et aussi
longtemps qu'il n'aura pas procédé à une réelle évaluation de sa faisabilité
et de sa pertinence et qu'il n'aura pas, en conséquence, apporté les
changements requis.

    La FSE a choisi de déposer sa pétition sur le parvis de l'Assemblée
nationale et non en son sein justement pour s'assurer que le message livré
aujourd'hui aux élus québécois se situe au-delà de toute partisannerie
politique.




Renseignements :

Renseignements: Sylvie Lemieux, Attachée de presse de la FSE-CSQ, (418)
563-7193; Alan Lombard, Directeur général de l'APEQ, (514) 894-9585


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