Infirmières d'agences privées dans le secteur public - La CSQ, la FSQ et le SIIIACQ questionnent la bonne foi du ministre Philippe Couillard



    TROIS-RIVIERES, QC, le 23 nov. /CNW Telbec/ - "L'engagement du ministre
de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, voulant que
l'utilisation d'infirmières d'agences privées ne doive être qu'un recours
exceptionnel est pertinent, mais insuffisant. Quoi qu'il en dise, cette
tendance, bien qu'encore marginale, est à la hausse et elle est encouragée par
son propre gouvernement dont l'imposition et le maintien de la loi 142
contribuent à la détérioration des conditions de travail et poussent les
infirmières vers le secteur privé."
    De passage à Trois-Rivières dans le cadre de l'assemblée régionale du
Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires du
Coeur-du-Québec (SIIIACQ-CSQ), la vice-présidente de la CSQ, Mme Louise
Chabot, a profité de l'occasion pour questionner sérieusement la bonne foi du
ministre Philippe Couillard lorsqu'il prétend vouloir freiner le recours
croissant aux infirmières d'agences privées.
    "Il y a quelque chose d'irréel d'entendre le ministre de la Santé et des
Services sociaux dire aujourd'hui que la solution pour enrayer l'exode des
infirmières du public vers le privé passe par l'offre de meilleures conditions
de travail afin de retenir le personnel. Ces conditions de travail, qui font
fuir le personnel infirmier, sont justement l'héritage de l'imposition sauvage
de la loi 142 en décembre 2005 par son gouvernement, à laquelle il a donné
pleinement son aval à l'époque", tient à lui rappeler Mme Chabot.

    Une solution simple pour enrayer le glissement vers le privé

    La vice-présidente de la CSQ soutient que si le ministre est sincère dans
sa volonté de tuer dans l'oeuf le glissement de notre système de santé public
vers le secteur privé, comme il le prétend, la solution est bien simple.
    "Les infirmières délaissent le secteur public au profit du secteur privé
justement pour aller chercher de meilleures conditions salariales et de
travail qui leur ont été refusées en 2005. Si M. Couillard veut corriger la
situation, il n'a qu'à interdire dès maintenant le recours à des infirmières
du secteur privé, à lever la loi 142 qui a été condamnée par le Bureau
international du travail et à rouvrir les négociations pour améliorer
concrètement les conditions de travail du personnel, de même que les
salaires", le met au défi Mme Louise Chabot.

    Des propositions de changements ignorées par le ministre Couillard

    La vice-présidente de la CSQ se dit également surprise que Philippe
Couillard reconnaisse aujourd'hui qu'il faille apporter "des modifications
assez radicales" à l'organisation du travail alors qu'il a obstinément refusé
de discuter des changements proposés lors des dernières négociations.
    "En 2005, le seul radicalisme dont voulait entendre parler le ministre,
c'était l'imposition d'une loi massue aux travailleuses et aux travailleurs
des établissements de santé. Pourtant, nous avions des propositions concrètes
justement pour revoir l'organisation du travail afin de diminuer la surcharge.
Il était également question du versement de primes d'inconvénients et d'autres
mesures semblables auxquelles souhaite maintenant recourir M. Couillard.
Quelque part, le discours actuel du ministre ressemble à un aveu indirect des
torts de son gouvernement lors de la dernière négociation", interprète
Mme Chabot.

    Un discours non crédible

    Renchérissant dans le même sens, la présidente de la Fédération de la
santé du Québec (FSQ-CSQ), Mme Monique Bélanger, soutient qu'il y a une autre
grosse lacune dans le discours du ministre de la Santé et des Services sociaux
qui affecte d'autant sa crédibilité et celle de son gouvernement.
    "En décembre 2005, la présidente du Conseil du trésor, Mme Monique
Jérôme-Forget, affirmait le plus sérieusement du monde qu'elle cherchait
l'argent sous la table pour justifier le refus de son gouvernement de négocier
sérieusement avec les travailleuses et les travailleurs du secteur public.
Depuis ce temps-là, ce même gouvernement a trouvé près de 1,3 milliard de
dollars pour les médecins spécialistes, 500 millions $ pour les omnipraticiens
et plus de 100 millions $ au cours de la dernière année pour rémunérer les
infirmières d'agences privées. Sans compter qu'il retournera, en janvier
prochain 900 millions $ en baisse d'impôt aux contribuables québécois. Le
moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas pire pour un gouvernement qui
n'avait pas d'argent", ironise Mme Bélanger.

    Un ministre de la Santé et des Services sociaux qui s'illusionne

    La présidente de la FSQ rappelle au ministre Philippe Couillard que si
son gouvernement avait accepté d'ouvrir de la même manière les goussets en
décembre 2005, pour accorder aux travailleuses et aux travailleurs du secteur
de la santé les augmentations de salaire qui leur revenaient de droit, il ne
serait pas obligé aujourd'hui de faire autant de rattrapage pour essayer de
retenir les infirmières dans le réseau public.
    "Ce qui est scandaleux, c'est que ce gouvernement, qui se plaignait de ne
pas avoir d'argent pour rémunérer convenablement les infirmières du secteur
public, a puisé au cours de la dernière année seulement 100 millions $ dans
les fonds publics pour rémunérer des infirmières d'agences privées qui sont
déjà nettement avantagées au point de vue des salaires. Pendant ce temps, les
infirmières du secteur public doivent continuer à travailler dans des
conditions de travail difficiles en acceptant des salaires moindres. Si
M. Couillard croit qu'il va réussir à endiguer l'érosion enclenchée de notre
système de santé public vers le privé, sans corriger les iniquités créées par
son propre gouvernement, il s'illusionne", fait valoir Mme Monique Bélanger.

    Le recours au privé en Mauricie

    Pour sa part, la présidente du SIIIACQ-CSQ, Mme Claire Montour, dit
constater que la tendance de recourir à des infirmières d'agences privées est
également devenue une réalité dans la région de la Mauricie.
    "La pénurie d'infirmières oblige, il est devenu difficile de combler les
postes devenus vacants, ce qui a pour conséquence que les infirmières se
retrouvent en situation de surcharge de travail ou l'on embauche des
infirmières d'agences privées. C'est le cas, entre autres, au Centre de santé
et de services sociaux de Maskinongé où l'on recourt à une infirmière du privé
pour pourvoir à un poste à temps partiel devenu vacant. Et ce n'est pas le
seul établissement de santé dans la région de la Mauricie où l'on fait face à
un manque sérieux de personnel", raconte Mme Montour.

    Un attrait du privé inquiétant

    La présidente du SIIIACQ-CSQ ne cache pas, comme c'est le cas partout
ailleurs au Québec, s'inquiéter de l'attrait qu'exercent les agences privées
sur les infirmières de la Mauricie oeuvrant dans le secteur public.
    "Si l'on veut empêcher les infirmières de se tourner vers le secteur
privé et intéresser à nouveau les jeunes à envisager une carrière
d'infirmière, le ministre de la Santé et des Services sociaux doit prendre les
mesures qui s'imposent pour revaloriser la profession d'infirmière dans le
secteur public en améliorant à la fois les conditions de travail et les
salaires. Ce n'est certainement pas en continuant à utiliser les fonds publics
pour rémunérer à plus haut salaire des infirmières provenant du secteur privé
qu'on va renverser la tendance qui se pointe. Au contraire, en agissant ainsi,
le gouvernement se fait complice de la démolition de notre service public de
santé à même l'utilisation des fonds publics", conclut Mme Claire Montour.

    Profil de la CSQ et de la FSQ-CSQ

    La Centrale des syndicats du Québec représente quelque 155 000 membres,
dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité dans le
secteur de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des
services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la
culture, du communautaire et des communications. La FSQ-CSQ représente près de
7000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et puéricultrices
travaillant dans des établissements de tous les secteurs de la santé : CHSLD,
CH, CLSC, centres de réadaptation, dispensaires, régies régionales,
établissements privés conventionnés et Héma-Québec.




Renseignements :

Renseignements: Claude Girard, Agent d'information CSQ, cell.: (514)
237-4432


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