Immigration et professions réglementées - L'accès à la formation d'appoint : un enjeu crucial pour l'intégration réussie des personnes immigrantes



    MONTREAL, le 26 sept. /CNW Telbec/ - Le Conseil interprofessionnel du
Québec (CIQ), qui regroupe les 45 ordres professionnels, demande aux
établissements d'enseignement, particulièrement les universités, qu'ils
s'impliquent davantage et rapidement dans la résolution des difficultés
d'accès des personnes immigrantes à la formation d'appoint.
    Telle est l'une des recommandations formulées par le CIQ dans son mémoire
sur la planification de l'immigration pour la période 2008-2010, présenté
aujourd'hui à la Commission de la culture de l'Assemblée nationale du Québec.
    Selon les données du Conseil, les demandes de reconnaissance d'une
équivalence de diplôme ou de formation acquise hors du Québec reçues par les
ordres professionnels ont augmenté de plus de 500%, passant de 800 demandes en
2001 à près de 4 000 demandes en 2006. La moitié des demandeurs obtiennent une
reconnaissance partielle et doivent, par le fait même, compléter une formation
d'appoint en vue d'une reconnaissance complète. Les demandeurs qui reçoivent
une reconnaissance complète constituent 33% de l'ensemble et ceux qui voient
leur demande refusée représentent 16%.
    "L'accès à la formation d'appoint, précise le président du CIQ, M. Louis
Beaulieu, est donc un enjeu crucial pour l'intégration réussie des personnes
immigrantes, particulièrement celles qui projettent d'exercer une profession
réglementée".
    A cette fin, "l'offre de formation d'appoint par les établissements
d'enseignement doit être suffisante et adaptée, ce qui est loin d'être le cas
actuellement, particulièrement en santé", précise M. Beaulieu.
    Conscient des réalités structurelles et financières que vivent les
établissements d'enseignement, le président du CIQ considère que le
gouvernement doit soutenir les cégeps et les universités dans l'exploration et
la mise en oeuvre de formules novatrices et adaptées.
    Par ailleurs, le mémoire du CIQ rappelle que la contribution des
employeurs en matière de reconnaissance des acquis est essentielle à la
réussite du parcours d'intégration des personnes immigrantes.

    Francisation

    Le CIQ considère qu'il faut aider davantage les personnes immigrantes à
mieux satisfaire aux exigences relatives à une connaissance suffisante de la
langue française en vue de l'exercice d'une profession réglementée. Il y a
pertinence, à cet égard, d'offrir davantage des formations linguistiques
adaptées à la réalité d'une pratique professionnelle.
    Le CIQ observe également que les ressources dont dispose l'Office
québécois de la langue française pour administrer l'examen requis par la
Charte de la langue française, ne lui permettent pas de répondre, dans des
délais raisonnables, à la demande. Il en résulte une augmentation importante
du nombre de personnes candidates à un ordre en attente de passer l'examen de
l'OQLF, occasionnant ainsi le prolongement des délais d'obtention d'un permis
professionnel. "Cette situation est préoccupante, déclare M. Beaulieu, et le
gouvernement devrait enfin considérer une augmentation des ressources
octroyées à l'OQLF".

    Contribution des ordres professionnels

    Rappelons que l'Etat a confié aux ordres professionnels la responsabilité
de vérifier la compétence de tous les candidats à une profession et de veiller
au maintien de celle-ci tout au long de la vie professionnelle d'un membre. A
cette fin, les ordres établissent les normes relatives à l'admission à la
pratique qui sont approuvées par le gouvernement.
    Dans son mémoire, le CIQ et les ordres s'engagent à poursuivre leurs
actions et leur collaboration avec les intervenants concernés par la question
de l'accès des personnes immigrantes aux professions réglementées. Il rappelle
également les nombreuses mesures prises au cours des dernières années afin de
faciliter l'admission des personnes immigrantes aux ordres professionnels. En
outre, les ordres ont adopté en 2006 des Principes en matière de
reconnaissance d'une équivalence et procédé à l'évaluation de l'ensemble de
leurs pratiques en matière de reconnaissance d'une équivalence. Les ordres
prévoient accentuer leurs travaux sur divers aspects de la reconnaissance
d'une équivalence :

    
    - en améliorant leur dispositif administratif de traitement des demandes,
      par exemple en réorganisant le mode de gestion des dossiers, en
      embauchant ou en formant du personnel;

    - en améliorant leurs méthodes d'évaluation des demandes, par exemple en
      développant des outils adaptés de manière à mieux prendre en compte
      l'expérience de travail des candidats;

    - en améliorant leurs procédures de traitement des demandes, par exemple
      en développant l'évaluation en ligne afin de réduire les délais;

    - en faisant appel à des expertises externes afin de réaliser l'une ou
      l'autre des actions identifiées précédemment.
    

    A l'heure actuelle, le Ministère de l'Immigration et des Communautés
culturelles a financé une vingtaine de projets d'ordres professionnels visant
à faciliter l'accès des personnes immigrantes aux professions réglementées.

    Poursuivre les efforts, étendre les partenariats

    Le Conseil souhaite, de la part du gouvernement, une plus grande
cohérence des interventions de ses composantes, entre autres le MICC, le
Ministère de l'Education, du Loisir et du Sport, le Ministère de l'Emploi et
de la Solidarité sociale et Emploi-Québec.
    Il s'attend, de la part des cégeps et des universités mais aussi des
employeurs, à un plus grand engagement "car ces acteurs sont, avec les ordres,
des partenaires essentiels pour faciliter la reconnaissance des acquis des
personnes immigrantes", conclut M. Beaulieu.

    Le Conseil interprofessionnel du Québec (CIQ) regroupe aujourd'hui les
45 ordres professionnels qui comptent collectivement plus de 318 000 membres
exerçant 51 professions réglementées. Le CIQ est le forum d'échange et de
concertation des ordres professionnels de même qu'un lieu de mobilisation sur
des sujets d'intérêt commun. Le Code des professions lui octroie un mandat
d'organisme conseil auprès de l'autorité publique.
    Dans sa planification stratégique intitulée Vision 2015, le Conseil et
ses membres entendent agir en tant que catalyseurs de solutions aux
problématiques des effectifs professionnels. Ils veulent promouvoir et
soutenir les interventions destinées à favoriser la disponibilité d'une
main-d'oeuvre professionnelle qualifiée, de manière à assurer l'accessibilité
à des services professionnels de qualité et la protection du public.




Renseignements :

Renseignements: Jean-François Thuot, Conseil interprofessionnel du
Québec,  directeur général, (514) 288-3574


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