Il n'y a pas que les dépenses de Lise Thibault qui sont pointées du doigt par le Vérificateur général



    QUEBEC, le 13 juin /CNW Telbec/ - Le Syndicat de la fonction publique du
Québec (SFPQ) joint sa voix au concert de réprobations que suscitent les
rapports des vérificateurs généraux du Québec et du Canada concernant les
dépenses injustifiées de l'ex-lieutenant gouverneure, Lise Thibault. Cependant
le Syndicat s'étonne de tout le boucan que provoque cette affaire de quelque
700 000 $ sur dix ans, alors qu'en décembre dernier, lorsque le Vérificateur
général du Québec a dévoilé un rapport portant sur la gestion plus ou moins
rigoureuse faite par Emploi-Québec de près d'un demi-milliard de dollars par
année, pratiquement personne ne s'en est offusqué... ni même Monique
Jérôme-Forget, qui se targue pourtant d'être la championne de la bonne gestion
des deniers publics!

    Rappel des faits

    Le président général du SFPQ, Michel Sawyer, profite de l'occasion pour
rappeler que le Vérificateur général du Québec, M. Renaud Lachance, dans le
tome II de son rapport déposé à l'Assemblée nationale le 12 décembre dernier,
pointait du doigt Emploi-Québec pour sa gestion des deniers publics en matière
d'aide à l'emploi. A cet égard, rappelons qu'Emploi-Québec accorde chaque
année des contrats de sous-traitance à plus de 550 organismes à but non
lucratif (OBNL), et ce, sans appel d'offres et sans véritable évaluation des
besoins des collectivités desservies. De plus, ces contrats, qui représentent
plus de 480 millions de dollars pour l'année 2004-2005, sont généralement
renouvelés d'année en année et comportent des clauses garantissant le plein
paiement du contrat même si les services à la population ne sont pas rendus.
    Dans son rapport, le Vérificateur général du Québec soulignait que
l'utilisation des ressources externes par Emploi-Québec "n'est pas faite avec
un souci suffisant d'économie et d'efficience", qu'Emploi-Québec "ne s'assure
pas de payer un juste prix" et que "le suivi exercé sur les ententes avec les
intervenants externes est également déficient". Par ailleurs, le Vérificateur
estime qu'Emploi-Québec "n'a pas évalué non plus s'il est moins coûteux
d'avoir recours aux ressources externes que d'offrir elle-même le service".
    Pourquoi en est-il ainsi? Le Vérificateur général apporte un certain
éclairage sur la question lorsqu'il écrit : "les ententes sont généralement
signées d'année en année avec les mêmes ressources externes et il arrive
souvent que les montants soient reconduits sans tenir compte suffisamment de
l'atteinte des résultats et sans effectuer une évaluation adéquate des
besoins. Notons que, comme bon nombre d'OBNL concernés par les mesures sont
fortement financés par le gouvernement, une révision à la baisse de leur
financement pourrait remettre en cause leur viabilité". Selon Michel Sawyer,
dans bien des cas, ce sont les besoins de la ressource externe qui dictent
l'offre de services d'Emploi-Québec et non ceux des citoyennes et des citoyens
et du marché de l'emploi.

    Multiplication des portes d'entrée

    Le SFPQ rappelle qu'en 1998, Emploi-Québec a été créé par la fusion des
services offerts par la Société québécoise du développement de la
main-d'oeuvre (SQDM), par Développement des ressources humaines Canada (DHRC)
et par les centres Travail-Québec. A l'époque, le gouvernement souhaitait, à
juste titre, doter le Québec d'un guichet unique en matière d'aide à l'emploi,
et ce, afin d'éviter aux citoyennes et aux citoyens le fardeau de frapper à
plusieurs portes pour trouver les services dont ils avaient besoin. C'est
ainsi qu'ont été mis en place les 143 centres locaux d'emploi actuellement
répartis sur l'ensemble du territoire québécois.
    "De cette façon, une personne pouvait compter sur un agent
d'Emploi-Québec pour l'accompagner tout au long de son processus de retour en
emploi. On évitait ainsi les dédoublements improductifs, notamment parce que
le recrutement et l'évaluation de l'employabilité relevaient du personnel
d'Emploi-Québec et non des ressources externes elles-mêmes, comme c'est le cas
actuellement", précise Michel Sawyer. Malheureusement, poursuit-il, près de
dix ans plus tard, les ressources externes foisonnent; elles peuvent procéder
au recrutement direct de leur clientèle, et empocher des milliers de dollars
pour offrir des services qui ne sont pas toujours rendus. A cet égard,
soulignons que pour l'année 2004-2005, en terme de services offerts, la cible
atteinte par les ressources externes est de 65,8 %.

    Où est la complémentarité?

    Le SFPQ ne s'oppose pas au recours à certaines ressources externes
oeuvrant dans le domaine de l'employabilité. Cependant, de l'avis du Syndicat,
il importe que les centres locaux d'emploi redeviennent l'unique porte
d'entrée pour avoir accès à des services d'aide à l'emploi et, par le fait
même, que le recrutement et l'évaluation de l'employabilité soient effectués
par le personnel des CLE afin d'offrir un suivi et un accompagnement adéquat
aux citoyennes et aux citoyens. Par ailleurs, les services offerts par les
ressources externes devraient être complémentaires à l'offre de services
d'Emploi-Québec, notamment pour combler les besoins spécifiques de certaines
clientèles, comme les personnes handicapées, par exemple. Ce faisant, les
ressources externes offriraient des services différents de ceux que l'on
retrouve dans un CLE. Selon Michel Sawyer, il est temps pour Emploi-Québec
d'établir son offre de services en fonction des besoins réels des
collectivités qu'elle doit desservir et non en fonction des besoins de
financement des OBNL, qui se sont multipliés au fil des ans dans le secteur de
l'aide à l'emploi, alors que le taux de chômage a plutôt diminué durant la
même période.

    Une saine gestion des deniers publics

    Pour le SFPQ, il est important que la question de la gestion des deniers
publics faite par Emploi-Québec fasse l'objet d'un débat et que le
gouvernement apporte des correctifs. D'ailleurs, à cet égard, le SFPQ a
demandé le 14 mai dernier à rencontrer le ministre responsable
d'Emploi-Québec, M. Sam Hamad. A ce jour, rien n'a été fait pour corriger la
situation et encore moins concernant la rencontre demandée.
    "Les dépenses de l'ex-lieutenant gouverneure sont certainement
choquantes, cependant l'utilisation des fonds publics pour financer des
ressources externes en employabilité se chiffre à plusieurs centaines de
millions de dollars par année. Le rapport du Vérificateur général, déposé en
décembre dernier à ce sujet ne doit pas demeurer sans réponse. Le gouvernement
et les partis de l'opposition devraient également s'y intéresser", a conclu
Michel Sawyer.




Renseignements :

Renseignements: Stéphane Caron, Agent d'information, (418) 623-2424,
poste 338, Cell.: (418) 564-4150


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