Il est temps que le Canada adopte une attitude "adulte" face aux drogues



    
    Des chercheurs, avocats et activistes expliqueront aux participants à un
    symposium les besoins du Canada en matière de politiques sur les drogues
    

    TORONTO, le 12 juin /CNW/ - Le principal organisme de plaidoyer au Canada
sur les questions juridiques liées au VIH demande au gouvernement fédéral
d'adopter des politiques nationales sur les drogues qui sont fondées sur des
données probantes. Il s'agit d'un des thèmes clés qui seront abordés par un
groupe d'experts ce samedi dans le cadre d'un symposium national, à Toronto.
    "Il est grand temps que le Canada adopte une attitude plus adulte par
rapport aux drogues", affirme Richard Elliott, directeur général du Réseau
juridique canadien VIH/sida. "Il existe un vaste bassin de données probantes
sur la façon d'accroître la sécurité des particuliers et des collectivités, y
compris la protection de la santé publique en prévenant la propagation du VIH
par l'utilisation risquée de drogues. Pourtant, sur de nombreux fronts, le
gouvernement ignore ou refuse d'accepter les preuves et gaspille plutôt des
sommes considérables sur des approches qui ont été discréditées. Tragiquement,
ces efforts mal avisés contribuent à la maladie et à la détresse."
    M. Elliott souligne plusieurs erreurs dans l'approche du gouvernement du
Canada, par exemple : son insistance de faire adopter par le Parlement le
projet de loi C-15, qui imposerait des sentences minimums obligatoires, alors
que cette politique s'est révélée catastrophique aux Etats-Unis; son
opposition à des sites d'injection communautaires et supervisés, alors que le
programme a fait ses preuves, et la dépense de fonds pour combattre ces sites
devant les tribunaux; et son refus d'adopter des programmes éprouvés de
réduction des préjudices dans les prisons.
    Ces questions et bien d'autres encore seront examinées par des experts
lors de l'événement ce samedi. Parmi les conférenciers, on compte Dean Wilson
et Shelly Tomic, demandeurs dans l'affaire qui vise à garder le site
d'injection supervisé de Vancouver (Insite) ouvert. M. Wilson, ancien
président du Vancouver Area Network of Drug Users (VANDU), et l'histoire
d'Insite ont fait l'objet du documentaire Fix: The Story of an Addicted City.
La professeure Carol Strike, une chercheure reconnue en santé publique de
l'Université de Toronto, fera le point sur l'état de la recherche sur les
méthodes efficaces de prévention du VIH et de promotion de la santé pour les
personnes qui utilisent des drogues, et M. Elliott offrira une analyse des
arguments juridiques présentés dans l'affaire Insite.
    La façon de gérer la toxicomanie dans les prisons constitue un autre
thème important du symposium. James Motherall et Greg Simmons, activistes de
longue date pour les droits des détenus, partageront leurs points de vue en
puisant dans leur expérience personnelle des années qu'ils ont passées en
prison. Ralf Jurgens, un expert qui a récemment réalisé un examen complet -
publié par l'Organisation mondiale de la santé - des programmes efficaces de
prévention du VIH dans les prisons, donnera un aperçu des preuves qui incitent
à l'action. L'avocate Sandra Chu explorera les arguments juridiques favorables
à l'adoption de programmes d'échange de seringues dans les prisons fédérales
du Canada, tandis que Giselle Dias soulignera ce qui doit être fait pour
aborder la question du VIH. Le Comité permanent de la sécurité publique et
nationale de la Chambre des communes a récemment soulevé la question des
échanges de seringues dans les prisons dans le cadre de son étude sur la façon
dont le Service correctionnel du Canada aborde les enjeux de santé mentale et
de toxicomanie dans les pénitenciers fédéraux.
    Le sénateur Pierre Nolin clôturera le symposium avec des observations au
sujet des lois du Canada en matière de drogues. Le sénateur Nolin a présidé en
2002 le Comité spécial du Sénat chargé de l'examen des drogues illicites, qui
avait recommandé la décriminalisation de la marijuana au Canada.

    
    Les drogues et les prisons ne sont que deux des enjeux controversés qui
feront l'objet de discussions lors du symposium cette fin de semaine. Les
autres séances aborderont les thèmes suivants :

    -   La criminalisation des personnes qui ont exposé d'autres personnes au
        VIH sera le thème d'une conférence publique offerte par le juge Edwin
        Cameron de la Cour constitutionnelle de l'Afrique du Sud. Le juge
        Cameron, qui est le seul représentant gouvernemental ouvertement
        séropositif dans toute l'Afrique, dirigera en outre une discussion
        d'experts intitulée "Contester des accusations criminelles
        d'exposition au VIH et de sa transmission". Les participants à la
        discussion sont les illustres avocates de la défense en matière
        pénale Marlys Edwardh et Lucie Joncas, l'avocate Michaela Clayton de
        la Namibie, Angel Parks du AIDS Committee of Toronto, ainsi que le
        professeur Barry Adam de l'Université de Windsor, qui dirige la
        première étude canadienne sur l'impact de ces poursuites criminelles.

    -   La loi canadienne sur l'accès mondial aux médicaments abordables :
        Tandis que le Parlement débat de la rationalisation du "Régime
        canadien d'accès aux médicaments" (projet de loi C-393 dans la
        Chambre des communes et projet de loi S-232 au Sénat), des experts
        évalueront les propositions visant à accroître l'accès aux
        médicaments pour les personnes qui en ont désespérément besoin dans
        les pays en développement. L'avocat Tenu Avafia du Programme des
        Nations Unies pour le développement (PNUD) présentera les paramètres
        du débat mondial, tandis que les panélistes suivants discuteront des
        questions en jeu dans la réforme des lois canadiennes : le Dr Philip
        Berger (chef du département de médecine familiale et communautaire à
        l'Hôpital St. Michael) parlera de son expérience sur le terrain au
        Lesotho; Bruce Clark (vice-président des Affaires réglementaires chez
        Apotex, le plus grand fabricant de médicaments génériques au Canada
        et la seule compagnie qui exporte des médicaments peu coûteux en
        vertu de la loi canadienne); la professeure Jillian Clare Kohler
        (Faculté de pharmacie à l'Université de Toronto); et Cailin Morrison
        (conseillère juridique en droit commercial et en droit de la
        propriété intellectuelle qui a travaillé dans des pays en
        développement).
    

    Quelque 200 chercheurs, décideurs, avocats, activistes et organismes
communautaires participeront au 1er Symposium annuel sur le VIH, le droit et
les droits de la personne organisé par le Réseau juridique.

    Au sujet du Réseau juridique canadien VIH/sida et de ce symposium

    Le Réseau juridique canadien VIH/sida fait valoir les droits humains des
personnes vivant avec le VIH/sida et vulnérables à l'épidémie, au Canada et
dans le monde. Il accomplit ce travail à l'aide de recherches, d'analyse des
lois et politiques, d'éducation, de défense et de promotion des droits et
intérêts ainsi que de mobilisation communautaire. En réponse au besoin de plus
d'information et d'un débat approfondi, le Réseau juridique a mis sur pied un
forum annuel à l'intention des décideurs, des professionnels du droit, des
chercheurs en santé, des activistes et des personnes qui vivent avec le
VIH/sida ou qui y sont vulnérables. L'événement d'un jour comprendra des
discussions d'experts et des ateliers de formation sur l'élaboration au Canada
de lois et politiques fondées sur des données scientifiques et respectueuses
des principes des droits humains (http://www.aidslaw.ca/FR/AGA2009/index.htm).

    
    Détails :

    Samedi 13 juin 2009 - 9 h à 17 h 15
    Hôtel Courtyard by Marriott
    475, rue Yonge (entre les rues Wood et Alexander), à Toronto
    Pour consulter le programme et la liste des conférenciers, veuillez
    visiter le site suivant : http://www.aidslaw.ca/FR/AGA2009/index.htm.
    




Renseignements :

Renseignements: y compris une biographie détaillée et de l'information
sur les entrevues: Gilles Marchildon, Réseau juridique canadien VIH/sida,
Tél.: (416) 595-1666, p. 228, Cell.: (647) 248-2400, gmarchildon@aidslaw.ca

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RESEAU JURIDIQUE CANADIEN VIH/SIDA

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