Faire repousser un membre amputé - Biologie: la régénération des tissus et des organes - Des chercheurs de l'UdeM publient dans PLoS ONE



    MONTREAL, le 28 nov. /CNW Telbec/ - Mathieu Lévesque, étudiant au
doctorat en biochimie, et Stéphane Roy, professeur à la Faculté de médecine
dentaire de l'Université de Montréal, ont identifié une voie de signalisation
cellulaire(1) impliquée dans la régénération de membres amputés chez
l'axolotl, une salamandre vivant dans les lacs du Mexique qui a la capacité de
régénérer des organes endommagés ou détruits. Plus précisément, ces chercheurs
ont démontré que TGF-beta1 est impliqué dans la phase de préparation de la
régénération d'un membre chez l'axolotl. Ce gène contrôle la multiplication et
migration des cellules afin de permettre à l'axolotl de régénérer des
structures complexes comme ses pattes, sa queue, sa mâchoire, sa moelle
épinière et la partie antérieure de son cerveau. Le TGF-beta1 est aussi
présent chez l'humain, mais son rôle est différent : il permet la guérison des
plaies et la formation de cicatrices.
    Chez l'axolotl, la régénération ne donne jamais lieu à l'apparition de
cicatrice entre le moignon et la partie régénérée. A l'opposé, les mammifères
forment habituellement une cicatrice à la suite d'une blessure et ne peuvent
régénérer un membre amputé. En étudiant des gènes ayant un rôle lors des
processus de guérison chez l'humain, le Dr Roy et son équipe visent à
comprendre comment l'axolotl peut guérir parfaitement ses plaies et régénérer
ses membres en ne formant jamais de cicatrice.
    "A plus long terme, les recherches sur l'axolotl pourrait mener au
développement de nouveaux traitements médicaux en médecine régénératrice. Des
personnes ayant subi une amputation, des brûlures au troisième degré, des
lésions de la moelle épinière ou en attente d'un organe pourraient bénéficier
grandement de ces nouveaux traitements", explique Stéphane Roy.
    L'équipe du Dr Roy fait partie des quelques groupes de recherche dans le
monde qui étudient la régénération tissulaire en utilisant la patte de
l'axolotl comme modèle expérimental, car elle est facile à manipuler, les
stades de régénération sont bien définis et faciles à identifier visuellement
et on peut suivre la régénération du membre selon trois axes.

    Description de l'expérience menée en laboratoire

    Le gène TGF-beta1 fait partie de la famille des transforming growth
factor-beta (famille des TGF-betas) et est un joueur important dans la
régulation des processus de guérison des plaies et de formation de cicatrices
chez les mammifères. Il est aussi responsable de la régénération des membres
amputés chez l'axolotl, régénération qui se fait en deux temps : la phase de
préparation et la phase de redéveloppement. Mathieu Lévesque et son directeur
de recherche, Stéphane Roy, ont montré que le niveau d'expression du TGF-beta1
est très élevé lors de la phase de préparation de la régénération du membre de
l'axolotl. Ce résultat supporte l'idée que TGF-beta1 et la voie de
signalisation des transforming growth factor-beta (TGF-betas) seraient
impliqués dans la régulation de la migration et de la prolifération cellulaire
lors de la phase de préparation.
    Pour vérifier leur hypothèse, les chercheurs ont traité des axolotls en
régénération avec un inhibiteur pharmacologique de la voie des TGF-betas, le
SB-431542. Les données obtenues à la suite de l'expérience sont concluantes :
le SB-431542 inhibe complètement la régénération du membre chez l'axolotl.
Ceci démontre clairement que la voie de signalisation des transforming growth
factor-beta (TGF-betas) est essentielle à la régénération du membre chez
l'axolotl. Chez les mammifères, TGF-beta1 est reconnu comme étant un gène
pro-fibrose parce qu'il favorise la fermeture rapide de la plaie, ce qui mène
souvent à la formation d'une cicatrice. Les résultats de Mathieu Lévesque et
Stéphane Roy amènent donc une nouvelle vision dans l'étude de la régénération
tissulaire, car ils montrent qu'une voie de signalisation menant à la
formation de cicatrices chez les mammifères est essentielle à la régénération
chez l'axolotl, un processus ne présentant aucune fibrose ou cicatrice. Ces
travaux supportent les efforts de recherche menés sur l'axolotl dans le but
ultime de transposer les capacités de régénération de cette salamandre à
l'humain.

    Pour accéder gratuitement à l'article (en anglais) sur le site internet
de PLoS ONE : www.plosone.org/doi/pone.0001227

    
    (1) Voie de signalisation cellulaire : processus par lesquels des
        facteurs externes aux cellules, par exemple des hormones, envoient
        des signaux à celles-ci leur indiquant d'augmenter en nombre, de se
        différencier ou de se suicider.
    




Renseignements :

Renseignements: ou obtenir un exemplaire de l'étude: Julie Gazaille,
Attachée de presse, Université de Montréal, (514) 343-6796;
www.umontreal.ca/medias

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