Exporter l'eau : une source d'enrichissement pour le Québec



    MONTREAL, le 27 août /CNW Telbec/ - L'exportation d'eau douce à grande
échelle constituerait une idée créatrice de richesse pour le Québec et le
Canada. A l'heure où l'eau se fait rare dans plusieurs parties du monde, son
développement économique suscite pourtant de l'opposition. Tandis que certains
craignent une exploitation abusive, voire l'assèchement de nos ressources
hydriques, l'auteur, Marcel Boyer, vice-président et économiste en chef de
l'Institut économique de Montréal (IEDM), dans un Cahier de recherche publié
par l'Institut, estime qu'il est urgent de s'intéresser sérieusement à la
valorisation de notre or bleu. Il soutient que "le développement et la mise en
marché de cette expertise nécessitent un plan stratégique afin de permettre au
Québec de devenir un chef de file dans la gestion de l'eau. Le succès de ces
marchés repose sur la capacité du gouvernement d'établir des droits
d'utilisation de l'eau bien définis, transférables et incitatifs à la
conservation de la ressource".
    Le gouvernement pourrait définir le cadre réglementaire du commerce de
l'eau, afin de sensibiliser les propriétaires ou les concessionnaires aux
bénéfices et aux coûts associés aux différents usages de l'eau sous leur
gouverne.
    Ces restrictions devraient être accompagnées d'une tarification réaliste
qui inciterait les consommateurs et les autres utilisateurs à utiliser la
ressource de manière responsable et les producteurs entrepreneurs à assurer un
approvisionnement stable. L'absence de prix et de marchés encourage le
gaspillage, contribue au développement d'une économie moins efficace et
maintient la population dans l'ignorance quant à la valeur de l'eau. Un
premier pas pour renseigner la population serait d'établir précisément la
quantité et la qualité de la ressource sur le territoire québécois, ce qui
pourrait être réalisé par le Bureau québécois des connaissances sur l'eau,
dont la création a été annoncée par la ministre Line Beauchamp il y a quelques
mois.

    Place privilégiée du Québec et du Canada

    Le Canada possède la plus grande réserve d'eau douce du monde, soit 8 %
du stock mondial. Quant au Québec, il possède sur son territoire 3 % de l'eau
douce du globe, soit 13 fois plus d'eau douce renouvelable par habitant qu'aux
Etats-Unis. Le Québec n'utilise que 0,5 % de son eau douce renouvelable
disponible, comparativement à 18,9 % aux Etats-Unis. Une utilisation adéquate
de ces ressources renouvelables n'aurait pas d'impact sur la réserve d'eau du
Québec.
    La quantité d'eau que nous pourrions exporter, sans mettre en danger
l'environnement, permettrait de remplir près de 300 000 stades olympiques par
an. Selon le ministère de l'Environnement, si le Québec fournissait à lui seul
toute la production mondiale d'eau en bouteille - 154 milliards de litres en
2004, cela représenterait 1 % des précipitations qui rechargent les nappes
d'eau souterraines des zones habitées du Québec. Pourtant, 97 % de la recharge
naturelle des zones habitées n'est pas utilisée et se déverse donc dans les
fleuves puis dans l'océan.
    La valeur commerciale de l'eau et la rentabilité des investissements dans
les infrastructures nécessaires à cette commercialisation seront ultimement
déterminées par le coût de dessalement de l'eau de mer qu'on évalue
actuellement à 0,65 $/m3. Le dessalement est une technologie polluante et
coûteuse en énergie mais elle représente à terme la solution de rechange la
plus probable à l'importation sur de longues distances.
    Différents scénarios d'exportation d'eau font apparaître des possibilités
de revenus beaucoup plus importants que ceux provenant de l'exportation
d'énergie. Si le Québec exportait 10 % de ses 1000 milliards de m3 d'eau douce
renouvelable par an à un prix égal au coût actuel de dessalement de l'eau de
mer, soit 0,65 $/m3, et si le gouvernement percevait 10 % de cette somme en
redevances, cela générerait des revenus de 6,5 milliards $ par an pour le
gouvernement, soit 5 fois plus que le dividende versé par Hydro-Québec.

    Le Cahier de recherche intitulé L'exportation d'eau douce pour le
développement de l'or bleu québécois a été préparé par Marcel Boyer,
vice-président et économiste en chef de l'IEDM, professeur titulaire de la
Chaire Bell Canada en économie industrielle de l'Université de Montréal et
Fellow du CIRANO.

    Le texte intégral est disponible gratuitement à www.iedm.org

    L'Institut économique de Montréal (IEDM) est un organisme de recherche et
d'éducation économique indépendant, non partisan et sans but lucratif. Par ses
études et ses conférences, l'IEDM alimente les débats sur les politiques
publiques au Québec et au Canada en proposant des réformes créatrices de
richesse sur, notamment, des questions de fiscalité, de réglementation, de
santé et d'éducation.




Renseignements :

Renseignements: et demandes d'entrevues: André Valiquette, Directeur des
communications, Institut économique de Montréal, (514) 273-0969 p. 2225,
Cell.: (514) 574-0969, avaliquette@iedm.org


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.