Etudes économiques Scotia: les prix records du pétrole poussent les Américains à opter pour des modèles de véhicules économes en carburant



    TORONTO, le 26 juin /CNW/ - Selon le dernier rapport sur le marché
mondial de l'automobile d'Etudes économiques Scotia publié aujourd'hui, la
flambée du prix de l'essence, qui a établi un record à quatre dollars
américains le gallon, a déclenché un changement radical sur le marché des
véhicules aux Etats-Unis, comparable aux ajustements qu'avait générés le choc
pétrolier de la fin des années 1970 et du début des années 1980.
    "Comme les Américains abandonnent leurs camionnettes et leurs VUS
gourmands en essence au profit de véhicules plus sobres, nous estimons que
l'efficacité énergétique moyenne du parc automobile a grimpé cette année de
près de 20 % comparativement à celle de l'an dernier. Cette amélioration dans
la consommation de carburant rappelle celle de 1980, alors que le prix du
pétrole ajusté en fonction de l'inflation approchait 100 $ le baril", remarque
Carlos Gomes, économiste principal à la Banque Scotia et spécialiste du
secteur de l'automobile.
    Les auteurs du rapport, se fondant sur les ventes réalisées cette année
jusqu'en mai, remarquent que le rendement énergétique des véhicules achetés
aux Etats-Unis a augmenté et atteint une moyenne de 24,4 milles au gallon,
alors qu'il était de 20,2 milles au gallon en 2007 et de 19,8 milles au gallon
en moyenne pendant la décennie précédente.
    "Comme les Américains s'intéressent maintenant de plus en plus aux
petites voitures, ce segment est devenu le plus important le mois dernier aux
Etats-Unis, surpassant celui des voitures intermédiaires et des camionnettes.
En effet, les petites voitures représentent maintenant le quart de toutes les
ventes aux Etats-Unis (voitures et camions légers), comparativement à 16 % en
2007 et à une moyenne de 14 % entre 2002 et 2006", souligne M. Gomes. "En
fait, les petites voitures et les véhicules utilitaires multisegment, qui sont
économes en carburant, représentent aujourd'hui 42 % du marché américain alors
qu'ils n'atteignaient que 30 % en 2006. Ils ont même doublé leur part du
marché depuis 2001, soit en sept ans à peine. A l'opposé, les camionnettes et
les VUS énergivores ont chuté d'un sommet de 36 % enregistré en 2001 à 19 % du
marché total américain."
    On lit toutefois dans le rapport que malgré cette évolution importante
dans les tendances d'achat de véhicules aux Etats-Unis, l'efficacité
énergétique du présent parc américain de véhicules est encore inférieure de
plus de 40 % aux exigences établies par la loi américaine sur l'énergie,
adoptée l'an dernier.
    "En vertu de la loi sur l'énergie, l'objectif d'économie moyenne de
carburant imposé aux entreprises (CAFE, pour "Corporate Average Fuel Economy")
prévoit une consommation moyenne de leur parc automobile de 35 milles au
gallon d'ici 2020, avec déjà d'importantes améliorations au chapitre de la
consommation d'ici 2015", rappelle M. Gomes. "Le respect de cet objectif exige
non seulement qu'on privilégie de plus en plus les petits véhicules, mais
aussi que les fabricants acceptent de consacrer de nouveaux investissements
assez considérables dans tous les autres types de véhicules, depuis les
hybrides aux véhicules fonctionnant au gaz et à l'électricité.
    "Attirer les investissements nécessaires à la production de véhicules qui
respectent les nouvelles normes CAFE pourrait représenter un problème pour le
Canada puisque nous fabriquons surtout de gros véhicules", ajoute M. Gomes.
"Selon le dernier Harbour Report, les usines d'assemblage canadiennes se
classent parmi les plus productives en Amérique du Nord. En effet, les usines
un et deux d'Oshawa, l'usine CAMI et l'usine de Chrysler à Brampton font
partie des dix meilleures."
    Toutefois, les auteurs du rapport remarquent aussi que 35 % de la
capacité totale d'assemblage au Canada est actuellement tournée vers les
grandes voitures, les fourgonnettes et les camionnettes, trois segments qui
ont vu leurs ventes chuter d'au moins 20 % aux Etats-Unis depuis le début de
l'année. En fait, seules les usines japonaises de Cambridge et d'Alliston, en
Ontario, produisent actuellement des petites voitures économes en carburant
qui répondent aux nouveaux objectifs CAFE fixés pour 2020. Mais ces usines ne
comptent que pour 20 % de la capacité totale d'assemblage au Canada. Le défi
est d'autant plus grand que le Canada est devenu un pays producteur à coûts
élevés, étant donné la vigueur du huard et les bonnes conventions collectives,
ce qui lui compliquera la tâche quand viendra le temps d'attirer les milliards
de dollars nécessaires à la modernisation de ses usines pour qu'elles puissent
répondre aux nouvelles normes CAFE de 2020.
    Les auteurs du rapport ajoutent qu'en plus de la préférence maintenant
accordée aux petites voitures et aux camions légers, les Américains conduisent
moins et privilégient de plus en plus les transports en commun. Selon les
estimations du département américain de l'Energie, la demande en essence a
chuté de 4 % à la mi-juin comparativement à un an plus tôt, un des décrochages
les plus importants depuis le choc pétrolier du début des années 1980. De
plus, l'American Public Transportation Association a indiqué récemment que
l'utilisation des transports en commun au premier trimestre a augmenté de
3,3 % d'une année sur l'autre. Cette augmentation est surtout perceptible du
côté des trains légers, qui ont vu leur fréquentation augmenter de plus de
10 %. Ces phénomènes traduisent l'effondrement de plus de 90 G$ du pouvoir
d'achat des ménages américains au premier trimestre en raison des prix records
de l'essence.

    Ventes de voitures au Canada et aux Etats-Unis

    Le mois dernier, les ventes de voitures de tourisme aux Etats-Unis ont
accusé une autre baisse de plus de 10 %, les consommateurs, échaudés par la
flambée du prix de l'essence, ayant abandonné en plus grand nombre les camions
énergivores. Chez les trois Grands, les ventes de camions légers ont essuyé un
recul de 27 % d'une année sur l'autre, ce qui a eu comme effet de réduire leur
part de marché à 45,3 %, un creux record, et de réduire les volumes annualisés
de ce secteur à 14,3 millions d'unités, soit bien moins que la moyenne de 15
millions d'unités enregistrée au cours des quatre mois précédents. Ce niveau
est le plus faible que ce secteur ait connu depuis les moments les plus
sombres de la crise monétaire en Asie, il y a dix ans. Des données provenant
d'observations empiriques laissent entrevoir une importante détérioration des
ventes en juin.
    "A l'opposé, le marché des véhicules est resté vigoureux le mois dernier
au Canada. Les volumes ont presque atteint le record établi l'an dernier pour
un mois de mai", a déclaré M. Gomes. "Nous estimons que le total annualisé des
ventes a atteint 1,7 million d'unités, soit plus que le total de l'ensemble de
2007, qui était de 1,65 million d'unités, mais légèrement en baisse par
rapport à la moyenne de 1,76 million d'unités établie entre janvier et avril.
Les ventes des marques importées non seulement conservent la tête, mais ont
établi un record de tous les temps le mois dernier, plusieurs fabricants ayant
affiché des gains à deux chiffres en glissement annuel."
    Les volumes de ventes des trois Grands ont concédé 9 % comparativement à
il y a un an et ne représentent plus que 47 % du marché, leur plus faible
niveau jamais enregistré. Ce sont les camions légers et les camionnettes qui
ont connu le recul le plus net d'une année sur l'autre, leurs ventes ayant
chuté de 14 % et 23 %, respectivement. Exception faite des ventes de VUS et de
camionnettes, véhicules énergivores, les volumes de ventes des trois Grands
paraissent en moins mauvais état, avec un déclin modeste de 4,5 % en
glissement annuel.

    Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondie
des facteurs qui façonnent les perspectives du Canada et de l'économie
mondiale, notamment l'évolution macroéconomique, les tendances des marchés de
change et des capitaux, le rendement des produits de base et de l'industrie
ainsi que les enjeux relatifs aux politiques monétaires, fiscales et
gouvernementales.




Renseignements :

Renseignements: Carlos Gomes, Etudes économiques Scotia, (416) 866-4735,
carlos_gomes@scotiacapital.com; Paula Cufre, relations publiques, Banque
Scotia, (416) 933-1093, paula_cufre@scotiacapital.com

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