Etude d'AGECO sur les impacts de la mondialisation des marchés des produits agricoles sur la base de cas réels: "La mondialisation n'a bénéficié ni aux producteurs ni aux consommateurs" affirment les auteurs



    QUEBEC, le 8 nov. /CNW Telbec/ - "On ne peut pas affirmer objectivement
que la libéralisation des échanges en matière agricole (...) bénéficie aux
producteurs des pays en développement, ce qui demeure pourtant l'objectif
principal du cycle de Doha. La libéralisation des échanges ne bénéficie pas
forcément non plus aux consommateurs, car les secteurs du négoce, de la
transformation et de la distribution alimentaire sont très concentrés". Voilà
une des principales conclusions d'une étude du groupe AGECO, produite sous la
direction de Daniel-Mercier Gouin, vice-président d'AGECO, Directeur du groupe
de recherche en économie et politiques agricoles et professeur au département
d'économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l'Université
Laval.
    L'étude porte sur l'impact de la mondialisation des marchés des produits
agricoles sur la base des cas réels de deux produits de base, le café et le
cacao, ainsi que sur deux filières vivrières ayant subi un choc de
libéralisation, le mais au Mexique et la volaille au Sénégal. Elle a été
rendue publique par la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ)
dans le cadre de son assemblée générale spéciale.
    Dans chacun de ces cas, l'étude conclut que la libéralisation des marchés
s'est réalisée au détriment des producteurs et des consommateurs. "Tant que le
processus de libéralisation des échanges ne s'attaquera qu'à l'intervention
des Etats, dans le sens de la diminuer, mais continuera à être aveugle quant
au pouvoir de marché détenu par les grands groupes privés de plus en plus
concentrés à l'échelle internationale et à tous les niveaux de la filière
agroalimentaire, il en résultera un jeu tout à fait inégal pour les
producteurs agricoles des pays en développement et, pourrait-on ajouter, fort
probablement aussi pour ceux des pays développés" peut-on lire dans les
conclusions.
    Cette étude révèle notamment que les producteurs de café sont les plus
grands perdants de l'abandon des mécanismes de régulation du marché et des
institutions publiques encadrant la production dans les pays producteurs. Ils
ont notamment été affectés par une diminution des prix mondiaux. Les auteurs
font aussi valoir que les pertes des pays exportateurs de café ne se sont pas
traduites en gain pour les consommateurs des pays développés et que la
libéralisation du commerce du café a eu un effet néfaste pour les pays
exportateurs. "La libéralisation du marché du café a aussi vu le déclin des
pays d'Afrique, déjà marginalisés au niveau du commerce mondial. En tout état
de cause, ces résultats ne plaident pas en faveur d'une influence positive de
la libéralisation des échanges de café au bénéfice des pays en développement"
nous apprend AGECO.
    Par ailleurs, l'analyse de la situation de la filière volaille
sénégalaise fait ressortir clairement une importante montée des importations
de volaille dans ce pays à la suite d'une diminution des barrières tarifaires.
"La hausse des importations a entraîné une réduction des effectifs dans le
secteur moderne de la production de volaille, partiellement atténuée par la
reconversion vers la production d'oeufs". Pour les chercheurs, le déficit
alimentaire du Sénégal s'est considérablement accru suite à la libéralisation
de ce secteur. "Il ne s'agit certes pas d'une solution durable apportée à la
problématique de la souveraineté alimentaire" poursuivent-t-ils.
    Pour le cacao, les chercheurs établissent que les prix mondiaux ont été
globalement plus faibles après l'abolition des mécanismes de stabilisation et
qu'il n'y a pas, à ce jour, de hausse durable du prix aux producteurs. Ils
notent toutefois que ceux-ci sont plus vulnérables aux variations de prix
suite à l'abolition de ces mécanismes. Les auteurs relèvent aussi des travaux
qui démontrent que la part du producteur dans le prix de détail n'a cessé de
se détériorer à la suite de la libéralisation du secteur.
    Finalement, l'analyse du cas de la filière mais au Mexique montre que "là
aussi, la déréglementation du secteur ne semble pas avoir profité ni aux
consommateurs ni aux producteurs. Par contre, les intermédiaires entre les
producteurs de mais blanc et les consommateurs de tortillas bénéficient depuis
ce temps d'une marge en forte croissance".
    Pour le président de la FPLQ, ces résultats démontrent que la
déréglementation et l'ouverture des marchés que préconise l'Organisation
mondiale du commerce (OMC) ne sont pas la voie à suivre pour sortir
l'agriculture mondiale de la crise et aider les pays les plus pauvres à
nourrir leur monde. "L'intervention de l'Etat pour donner aux agriculteurs
plus de pouvoir dans le marché et la reconnaissance du droit des peuples à la
souveraineté alimentaire sont les solutions d'avenir" a conclu M. Groleau.

    La Fédération des producteurs de lait du Québec représente les 14 000
producteurs et productrices de lait et les 7000 fermes laitières de la
province. Les producteurs québécois livrent annuellement 2,8 milliards de
litres de lait dont la vente totalise des recettes à la ferme de près de
2 milliards de dollars. La production laitière génère au Québec quelque 61 000
emplois et plus de 3,6 milliards de dollars d'activité économique.

    Il est possible de consulter l'étude à l'adresse suivante :
http://www.go5quebec.ca/fr/etude.php




Renseignements :

Renseignements: François Dumontier, Conseiller, Relations publiques et
gouvernementales, (450) 679-0530 poste 8704, Cellulaire: (514) 713-0530;
Source: Jean Vigneault, Directeur, Communications et vie syndicale

Profil de l'entreprise

Fédération des producteurs de lait du Québec

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