Étude biaisée sur le recours aux agences privées en soins infirmiers: la
FSSS-CSN réagit

MONTRÉAL, le 3 mars /CNW Telbec/ - L'étude récente dévoilée par l'agence Urgence Médicale Code Bleu (UMCB), qui affirme que la rémunération des infirmières d'agences privées serait équivalente à celle des infirmières du réseau public, est totalement biaisée, soutient Nadine Lambert, vice-présidente responsable du personnel en soins infirmiers et cardiorespiratoires. "Alors qu'on est en pleine négociation pour notamment tenter de limiter, voire éliminer le recours aux agences privées, la publication de cette étude révèle jusqu'où des entrepreneurs peuvent aller pour maintenir leur présence dans le réseau", ajoute Mme Lambert, en réaction à la publication d'une étude comparative réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton.

L'étude comporte une série d'affirmation qui ne résistent pas à une analyse, même sommaire, de la rémunération dans le réseau public. Premièrement, à aucun moment il n'est fait mention de la part des bénéfices réalisés par les agences privées à même les deniers publics pour chaque heure facturée aux établissements publics. Pourtant, les profits sont la raison d'être de ces entreprises.

Aussi, l'étude exagère volontairement le salaire horaire versé aux infirmières du réseau public à 50,22 $ afin de conforter l'idée que le salaire facturé par les agences, au montant de 55,03 $, n'est pas très différent. En réalité, une infirmière détenant un DEC et douze années d'expérience acquises à temps complet gagne au maximum de l'échelle 31,89 $ l'heure, et une infirmière clinicienne, après quinze années d'expérience, gagne 38,53 $ ! On est très loin du soi-disant salaire horaire de 50,22 $ versé aux infirmières du secteur public comme l'affirme l'étude.

Or, les dernières données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), en date du 22 janvier 2010, montrent que les coûts assumés par le réseau à l'égard de la main-d'œuvre indépendante pour les infirmières techniciennes et cliniciennes ont largement dépassé les coûts relatifs à la rémunération dans le réseau. Ils ont été de 158 millions $ pour la seule année 2008-2009. Toujours selon le MSSS, le coût horaire moyen pour la main-d'œuvre indépendante a été de 18 % supérieur à celui relatif à la rémunération des infirmières du réseau public.

Par ailleurs, l'étude de la firme Raymond Chabot Grant Thornton mentionne que tous les coûts de gestion, directs et indirects, de la main-d'œuvre sont inclus dans les salaires facturés aux établissements, suggérant par là un avantage indéniable sur le réseau public. C'est vite passer sous silence le fait que les agences n'ont, pour seule responsabilité, que de fournir de la main-d'œuvre sans devoir assumer tout ce qu'implique la mission d'un hôpital, par exemple, dont l'obligation d'offrir en tout temps des soins et des services de qualité à la population. La gestion de la qualité et des risques, la planification du travail et la continuité des soins et des services, le contrôle des infections, la formation continue en cours d'emploi, voilà autant de domaines qui échoient aux établissements publics et non aux agences privées.

"C'est facile d'avancer l'idée que les agences privées sont une option avantageuse pour les gestionnaires du réseau de la santé quand on n'a pas d'autre obligation que de fournir du personnel, et ce, occasionnellement. Mais c'en est une autre de garantir à tous les jours à la population la prestation de soins constants et de qualité avec du personnel stable et familier. Le réseau ne peut pas continuellement être tributaire de l'offre de soins des agences privées. C'est ce que nous tentons de faire valoir dans nos négociations actuelles avec les représentants des employeurs", affirme Mme Lambert.

Favoriser l'attraction de la main-d'œuvre et la stabilité des équipes de soins, développer le sentiment d'appartenance et la satisfaction du travail et favoriser une meilleure organisation du travail dans le but d'améliorer les soins et les services, voilà certains des objectifs poursuivis dans le cadre de la présente ronde de négociation dans le secteur public. "Il s'agit d'un investissement durable pour assurer la pérennité des services publics", conclut Nadine Lambert.

La Fédération de la santé et des services sociaux-CSN compte plus 125 000 membres répartis dans plus de 330 syndicats. Dans le secteur public de la santé et des services sociaux, elle représente plus de 108 000 membres présents dans toutes les catégories d'emplois et dans toutes les régions.

SOURCE Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)

Renseignements : Renseignements: François Forget, conseiller syndical à l'information de la FSSS-CSN, (514) 949-1430; Source: Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN)


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