Etats-Unis - Le cameraman soudanais Sami Al-Haj entame sa sixième année de détention à Guantanamo



    MONTREAL, le 12 juin /CNW Telbec/ - Le 13 juin 2007, le cameraman
soudanais d'Al-Jazira, Sami Al-Haj, aura passé cinq ans de détention, sans
charges ni procès, sur la base militaire américaine de Guantanamo (Cuba).
Reporters sans frontières, qui a rencontré la famille du journaliste au
Soudan, le 19 mars dernier (cf. communiqué du 28 mars 2007 incluant une vidéo
de l'entretien), rappelle que cette détention est inconstitutionnelle et
contraire au droit international. L'organisation plaide une nouvelle fois pour
la fermeture du camp de Guantanamo, qui représente l'un des plus grands
scandales juridiques et humanitaires de ces dernières années.
    "Comment le gouvernement des Etats-Unis ose-t-il faire la leçon à
d'autres pays sur les droits de l'homme quand lui-même ne les respecte pas et
bafoue ses propres principes constitutionnels ? Par deux fois, la Cour suprême
a déclaré inconstitutionnelle la détention des présumés 'ennemis combattants'
à Guantanamo. Le 7 juin dernier, le Comité judiciaire du Sénat s'est prononcé
en faveur d'une 'restauration' de l'Habeas Corpus, applicable à ces
prisonniers et impliquant leur comparution devant des juridictions civiles et
non pas militaires. Enfin, le 11 juin, une cour d'appel fédérale, statuant sur
le cas d'un individu détenu en Caroline du Sud, a rappelé que le Président
n'avait pas le pouvoir d'ordonner à l'armée de l'arrêter et de le détenir
indéfiniment. Les textes et la jurisprudence imposent la libération de
Sami Al-Haj", a déclaré Reporters sans frontières.
    Assistant cameraman de la chaîne qatarie Al-Jazira, père d'un petit
garçon, Sami Al-Haj a été arrêté à la frontière de l'Afghanistan et du
Pakistan par les forces de sécurité pakistanaises en décembre 2001. Accusé
sans la moindre preuve d'être à la solde d'Al-Qaida alors qu'il effectuait son
travail, le journaliste a été livré le 7 juin 2002 à l'armée américaine, qui
l'a transféré le 13 juin suivant à Guantanamo. Il n'a jamais fait l'objet de
la moindre inculpation depuis.
    Mauvais traitements, sévices et privation de contact avec sa famille ont
été le lot quotidien de Sami Al-Haj pendant cinq ans. Selon les dernières
nouvelles rapportées par son avocat, Clive Stafford-Smith - lui-même menacé à
une époque par les autorités du camp -, le journaliste a tenté de faire valoir
ses droits et entamé une grève de la faim en janvier dernier (cf. communiqué
du 6 mars 2007). En représailles, ses geôliers l'ont nourri de force.
    La Cour suprême, saisie par les avocats des 380 prisonniers du camp, a
déjà établi à deux reprises le caractère inconstitutionnel de leur détention,
ainsi que celui des tribunaux militaires chargés de les juger. Un projet de
loi garantissant l'application des droits constitutionnels aux présumés
"ennemis combattants" de Guantanamo, avalisé le 7 juin 2007 par le Comité
judiciaire du Sénat, doit à présent être débattu et voté au Congrès. Malgré
ces avancées, le gouvernement fédéral continue de prétendre que les lois des
Etats-Unis ne concernent pas des personnes emprisonnées hors du sol américain,
dont la base de Guantanamo fait partie.
    Il y a plus de 16 ans, Reporters sans frontières mettait en place le
"parrainage" et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste
emprisonné. Plus de 200 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère
en demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en
médiatisant sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l'oubli.
    Sami Al-Haj est ainsi soutenu par des médias espagnols, La Sexta,
IPS-Comunica, La Voz del Occidente, Colexio de Xornalistas de Galicia, et
canadiens, Corriere Canadese, Atlas media, Magazine de Saint-Lambert, Mouton
Noir, CIBL, Radio Canada Sudbury.

    Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la
liberté de la presse dans le monde. L'organisation compte neuf sections
nationales (Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Espagne, France, Italie,
Suède et Suisse), des représentations à Bangkok, Londres, New York, Tokyo et
Washington, et plus de 120 correspondants dans le monde.




Renseignements :

Renseignements: Emily Jacquard, Directrice générale, Reporters sans
frontières, (514) 521-4111, Cell: (514) 258-4208, Fax: (514) 521-7771,
rsfcanada@rsf.org

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