Etat lamentable des bibliothèques scolaires - Une belle démonstration du laisser-aller du ministère de l'Education



    MONTREAL, le 28 janv. /CNW Telbec/ - Réagissant à l'article dans Le
Devoir de ce matin concernant l'état lamentable des bibliothèques scolaires et
le manque criant de bibliothécaires dans les écoles primaires et secondaires
du Québec, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et ses deux fédérations
représentant le personnel de bibliothèques scolaires, soit la Fédération des
professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE) et la
Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), interpellent la
ministre de l'Education et lui demandent de prendre les mesures nécessaires
pour redonner aux écoles des bibliothèques de qualité et du personnel qualifié
pour s'en occuper.
    "Nous sonnons l'alarme depuis des années et pourtant les ministres de
l'Education qui se sont succédé ont joué à l'autruche dans le dossier des
bibliothèques scolaires. Ils n'ont pas vu les conséquences néfastes de la
détérioration constante de ce secteur névralgique de l'école. La ministre
Michelle Courchesne semble vouloir s'occuper de ce dossier, mais au-delà des
mots, nous souhaitons des actions. Il est urgent qu'un plan de redressement
soit présenté", de dire le président de la CSQ, Réjean Parent.

    Un sous-financement chronique

    Le manque de financement explique en partie ce laisser-aller généralisé.
Malgré l'investissement de 75 millions de dollars depuis les quatre dernières
années pour l'achat de livres, aucune somme n'a été prévue pour l'embauche et
le maintien des postes de bibliothécaires. La très grande majorité des
bibliothèques scolaires n'a d'ailleurs pas de personnel qualifié pour
s'occuper des nouvelles collections et dans les écoles primaires c'est souvent
à des bénévoles non qualifiés que les commissions scolaires confient la
responsabilité et c'est selon leur disponibilité qu'ils en font le traitement
de façon très aléatoire. "Pire, certains nous rapportent que des livres
dorment dans des caisses faute d'avoir le personnel nécessaire pour les
traiter et les rendre accessibles aux élèves et au personnel enseignant. Il
faut redresser la situation des bibliothèques scolaires en établissant des
mesures gouvernementales convaincantes qui viendront combler le déficit de
ressources humaines constaté depuis de nombreuses années. La situation
actuelle est un non-sens et est inacceptable", d'affirmer Diane Cinq-Mars,
présidente de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ).

    Prioriser les milieux défavorisés

    Toutes les recherches démontrent les liens intrinsèques entre la lecture
et la réussite éducative. De plus, la CSQ et ses fédérations considèrent qu'il
y a là un enjeu important en ce qui concerne les écoles des milieux
défavorisés. "C'est une condition incontournable pour favoriser la réussite de
ces jeunes qui ne trouvent pas souvent dans leur milieu familial des
incitatifs à la lecture et un accès aux livres nécessaires au développement
des compétences en lecture. C'est aussi une question de justice sociale pour
ces élèves confrontés aux inégalités sociales et scolaires. Si l'on veut
réduire les écarts entre les élèves provenant de milieux aisés socialement et
ceux de milieux défavorisés, il faudra résolument prendre le parti des
seconds", soutient Réjean Parent, le président de la CSQ.

    Un manque criant de personnel

    Depuis la réforme, le travail du personnel des bibliothèques a dû
s'ajuster davantage à celui des enseignantes et des enseignants. D'ailleurs,
la complexité du travail des bibliothécaires et des techniciennes et des
techniciens en documentation s'est accentuée afin de répondre aux besoins de
chaque programme et aux visées interdisciplinaires de cette réforme. D'autre
part, le personnel des bibliothèques multiplie les initiatives pour les animer
et inciter les jeunes à des activités de lecture, malgré les moyens
restreints. "Il faut s'assurer que les sommes dévolues aux bibliothèques se
rendent bel et bien dans celles-ci. Les bibliothèques scolaires doivent
pouvoir bénéficier non seulement d'investissements matériels, entre autres,
pour l'achat de livres, mais également pour l'embauche et le maintien du
personnel qualifié pour favoriser l'animation des bibliothèques et
l'amélioration des services rendus aux élèves", de dire Jean Falardeau,
président de la Fédération des professionnelles et professionnels de
l'éducation du Québec (FPPE).
    Selon les données du ministère de l'Education, du Loisir et du Sport,
entre 1999-2000 et 2004-2005, le nombre de postes de bibliothécaires en
équivalent temps plein (ETP) a chuté de 40,9 %, passant de 31,8 à 18,8 pour
l'ensemble des 70 commissions scolaires francophones et anglophones du Québec.
Une moyenne de 0,27 bibliothécaire par commission scolaire ! Selon les données
rapportées dans Le Devoir du 28 janvier, il n'y aurait plus que 23
bibliothécaires et 30 spécialistes pour couvrir les 2770 écoles primaires et
secondaires du Québec.
    Ce manque criant de ressources comme bibliothécaires ou spécialistes en
moyens techniques d'enseignement a d'ailleurs été souligné dans le rapport
d'août 2006 de la Table de pilotage du renouveau pédagogique. Alors que la
réforme demande un meilleur arrimage entre le travail du personnel des
bibliothèques et celui des enseignants, le manque de personnel entrave
sérieusement cet aspect.

    Profil de la CSQ, de la FPPE et de la FPSS

    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) représente 155 000 membres,
dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité travaillant
dans le domaine de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la
santé et des services sociaux, des services de garde, des loisirs, de la
culture, du communautaire et des communications.
    La Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ) représente
20 000 membres et compte parmi ses membres des techniciens et des
techniciennes en documentation. Pour sa part, la Fédération des
professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ)
représente 5500 membres dont des bibliothécaires et des spécialistes en
techniques et moyens d'enseignement.




Renseignements :

Renseignements: Marjolaine Perreault, Attachée de presse CSQ, cell.:
(514) 235-5082, Perreault.marjolaine@csq.qc.net


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