Enfin un rapport qui donne espoir pour l'avenir des enfants du Nunavik - Michelle Audy, présidente du Syndicat du Centre de santé Tulattavik



    MONTREAL, le 27 juin /CNW Telbec/ - La Commission des droits de la
personne et des droits de la jeunesse a déposé un rapport sur la situation de
la protection de la jeunesse au Nunavik, qui révèle qu'un nombre important
d'enfants de la région est victime de maltraitance physique, psychologique et
sexuelle.
    "Nous sommes optimistes à la lecture du rapport parce que les choses vont
peut-être changer pour la jeunesse du Nunavik. Nous sommes heureux de voir que
nos préoccupations sont reconnues par le rapport de la Commission", a déclaré
Michelle Audy, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du
centre de santé Tulattavik de l'Ungava, affilié à la FSSS-CSN.
    Les représentants syndicaux ont d'ailleurs rencontré aujourd'hui la
vice-présidente de la Commission, Me Sylvie Godin, pour lui faire part de
leurs commentaires à la suite de la publication du rapport.

    Une situation dénoncée depuis plusieurs années

    En 1995, le syndicat informait l'établissement et la Régie régionale de
son inquiétude sur l'état des services sociaux dans la région. "Depuis ce
temps des rapports s'empilent et tous font les mêmes recommandations : plus de
supervision, plus de personnel, plus de formation, plus d'évaluations
cliniques", constate Michelle Audy.
    En 1989, le Syndicat des travailleuses et travailleurs avisait les
autorités du Tulattavik, de la Régie régionale du Nunavik, du ministère de la
Santé et des Services sociaux, de l'administration de Makivik, et ministre
délégué à la Protection de la jeunesse des manquements évidents dans
l'application de la Loi de la protection de la jeunesse en matière de services
à la jeunesse.
    "Les problèmes identifiés à l'époque sont toujours d'actualité : manque
de structure, de formation, de support, de supervision, de personnel,
isolement des travailleuses et des travailleurs dans les communautés. Le
manque de logement était déjà dénoncé il y a dix ans et, avec notre taux de
naissance record, la situation n'a fait qu'empirer", rappelle la présidente du
STTCSTU (FSSS-CSN).
    "Nous trouvons dommage que la Commission n'ait pas rencontré les
représentants syndicaux lors de sa consultation. Notre syndicat existe depuis
1982, il serait temps que l'on reconnaisse notre compétence à traiter des
problèmes qui se vivent dans la région et qu'on entende les solutions que nous
mettons de l'avant", poursuit Michelle Audy.
    "Nous espérons que ce rapport convaincra tous les dirigeants concernés
qu'il est urgent d'agir. Au premier chef, le gouvernement du Québec doit
fournir les lieux et les infrastructures pour permettre à nos travailleuses et
travailleurs d'offrir des services de qualité aux jeunes et aux familles de
toutes les communautés du Nunavik", espère la présidente syndicale.

    Le ministre Couillard doit agir

    Lors de son premier mandat, le ministre Philippe Couillard, a exprimé
devant une assemblée de ces directeurs généraux d'établissement qu'il avait
trois priorités pendant son mandat soit : les jeunes, la santé mentale et le
Nunavik. "M. Couillard a commencé son deuxième mandat et nous, les
travailleuses et travailleurs du centre de santé Tulattavik de l'Ungava,
n'avons rien vu de concret sur le terrain", déplore Michelle Audy.
    Selon Michelle Audy, les décideurs doivent se concerter, se regrouper
pour trouver des solutions applicables et durables. "Le manque de logement au
Nunavik engendre bien des problèmes de société : plusieurs générations doivent
cohabiter, les maisons sont surpeuplées. Comment trouver des familles
d'accueil dans des conditions pareilles ? Les places en garderies sont
insuffisantes et celles déjà existantes sont souvent fermées à cause d'un
manque de personnel. Nos travailleuses et travailleurs ont besoin de ces
services pour qu'ils soient en mesure d'assurer les leurs à la communauté. Il
est difficile de travailler avec un enfant sur les genoux !"

    Des conditions de travail difficiles

    Plusieurs positions sont vacantes à la Protection de la jeunesse dans le
Nunavik. "Qui voudraient travailler dans des conditions pareilles ? Stress,
manque de valorisation, pas de documentation ou très peu, peu de formation,
pas d'encadrement, pas ou peu de supervision clinique. Et sous-payés si on se
compare aux autres titres d'emploi au Nunavik", explique la présidente.
    Les travailleuses et travailleurs représentés par la Fédération de la
santé et des services sociaux CSN sont les seuls à ne pas recevoir de primes
d'installation et de rétention dans les secteurs de la santé au Nunavik.
    Les intervenantes et intervenants sociaux dans les communautés ne
souffrent-ils pas de l'éloignement des ressources au même titre que les
infirmières de ces mêmes communautés ?
    Lors de la dernière négociation avec le gouvernement, le syndicat a
déposé des demandes telles que :

    
    - la possibilité pour les intervenantes et intervenants sociaux recrutés
      localement de sortir de la communauté pour se ressourcer, pour prendre
      un répit (un billet d'avion par année pour elle ou lui ainsi que sa
      famille nous semble une demande légitime);
    - la mise en place d'un programme d'aide aux employés;
    - l'ajout d'une prime de rétention et d'installation;
    - et d'autres demandes tout aussi légitimes.
    

    "Malheureusement, M. Charest nous a décrétés. Finie la négociation !"
    "Nous sommes heureux de constater que la Commission indique que nos
travailleuses et travailleurs continuent pendant ce temps à faire de leur
mieux avec le peu de ressources disponibles pour offrir un minimum de services
à nos usagers. Nous avons indiqué à la vice-présidente de la Commission que
nous apprécierions participer à l'évaluation du suivi du rapport qui aura lieu
dans un an en tant que représentants élus par nos pairs pour les représenter",
conclut Michelle Audy.




Renseignements :

Renseignements: Michelle Audy, Présidente, STTCSTU (FSSS-CSN), (819)
964-0348


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