Energie à base de biomasse - Le Québec traîne de la patte malgré ses énormes ressources



    QUEBEC, le 10 juin /CNW Telbec/ - A une époque où le développement
durable est sur toutes les lèvres, et bien qu'il existe ici quelque
14,7 millions de mètres cubes de biomasse forestière disponible annuellement à
des fins énergétiques (selon le ministère des Ressources naturelles et de la
Faune), le Québec accuse un important retard en matière d'utilisation de cette
biomasse à des fins énergétiques par rapport aux percées spectaculaires
qu'enregistrent plusieurs pays, dont ceux d'Europe.
    C'est le constat que posent Sylvain Poirier, président de la Fédération
québécoise des coopératives forestières (FQCF) et treize autres membres du
réseau des coopératives forestières, au retour de Suède où ils participaient
au World Bioenergy 2008. Cette rencontre biannuelle a réuni près de 1 200
participants provenant de 60 pays, du 26 au 30 mai dernier.
    Le recours à la biomasse pour produire de l'énergie est un moyen efficace
de lutte contre les changements climatiques et donc une stratégie de
protection de l'environnement. Il ouvre aussi de nouvelles occasions
d'affaires pour les pays qui veulent s'épanouir dans un contexte de croissance
soutenable.
    Avec une population de 8 millions d'habitants sur une superficie quinze
fois plus petite que le Québec, l'Autriche s'appuie sur des milliers de
coopératives pour sa production d'énergie à base de biomasse.
    Or, ici, rien n'a vraiment été fait en matière de mise en valeur de la
biomasse issue des parterres de coupe québécois et les coopératives
forestières croient qu'il faut rapidement passer à l'action. Elles ont
développé une expertise valable et ont déposé un ambitieux projet, de même que
leur stratégie de déploiement aux ministères concernés, dont elles attendent
une réponse.

    Des réussites incontestables

    Depuis 1990, la Suède a réduit sa production de gaz à effet de serre de
7%. Elle y est parvenue notamment en développant une stratégie très efficace
d'utilisation de la biomasse. Aujourd'hui, près de 25 % de l'énergie
nécessaire au chauffage y est produite à partir de la biomasse. En Finlande,
en Autriche, en Suisse et en France, la part de l'énergie provenant de la
biomasse atteint des proportions importantes par rapport aux énergies
fossiles. Ces pays sont parvenus à ces résultats grâce à une vision claire du
développement qu'ils souhaitent poursuivre et avec une combinaison de
politiques (information, incitatifs financiers, obligations pour les édifices
publiques) et de moyens technologiques très efficaces.
    Dans certaines villes suédoises ou européennes, des réseaux de chaleur
(chaufferie centrale et réseau de distribution d'eau chaude), utilisant la
chaleur dégagée des procédés de cogénération (électricité verte et chaleur),
permettent de chauffer de nombreux bâtiments, et parfois des quartiers
complets.

    Tout est dans l'encadrement

    L'événement de mai dernier a été influencé par la crise alimentaire qui
affecte la planète, ce qui a permis de souligner que le développement de cette
filière doit être parfaitement encadré afin d'éviter que l'augmentation de la
production d'énergie à partir de la biomasse ne se fasse jamais au détriment
de la biodiversité ou des populations. La Hollande entre autres, au moment de
s'engager dans le développement du recours à la biomasse, a énoncé sept règles
très claires pour s'assurer que son programme ne compromette en rien la
qualité de son environnement et la qualité de vie de ses citoyens, notamment
pour leur sécurité alimentaire. C'est un excellent exemple de développement
durable.

    Pendant ce temps, chez nous...

    Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune a annoncé son
intention de favoriser le développement de cette filière, mais les gestes
concrets tardent à venir. Entre autres, le ministère tarde à confirmer
l'attribution de la ressource pour que puissent s'initier les projets que les
coopératives forestières ont soumis. "Il est très important pour le Québec de
joindre rapidement les rangs des nations qui posent des gestes concrets pour
diminuer notre dépendance aux énergies fossiles et lutter contre les
changements climatiques tout en rendant disponible d'importantes quantités
d'énergie", souligne Jocelyn Lessard, directeur général de la Fédération
québécoise des coopératives forestières.
    Au Québec, l'essentiel de la biomasse est constitué de résidus de coupes
forestières. Leur mise en valeur ne compromet en rien l'approvisionnement
alimentaire de la population. En conservant au sol une partie de la biomasse
pour assurer la biodiversité et la fertilité des sols, et en recourant à des
technologies adéquates pour la génération d'énergie, le Québec fera un pas
majeur pour la protection de l'environnement, estime la FQCF. Ce serait une
valeur ajoutée à la forêt, sans conséquence négative pour sa régénération et
sa pérennité. La FQCF propose une approche, qui poursuit deux objectifs, dont
le premier est la recherche de la plus grande efficacité énergétique et
l'autre la recherche de la valeur ajoutée pour la fibre qui peut produire de
l'énergie et bien d'autres produits.
    Les Européens ont développé des technologies de combustion
énergétiquement et environnementalement efficaces. Ces technologies sont
disponibles et à notre portée, estime la FQCF.
    Une stratégie bien articulée permettrait d'utiliser une partie de la
biomasse d'une manière durable. Elle aurait l'énorme avantage de générer une
activité structurante pour les régions forestières, qui vivent actuellement
une période très difficile.

    A propos de la FQCF

    La Fédération des coopératives forestières du Québec regroupe 40
entreprises collectives qui procurent du travail en forêt à plus de 3 000
personnes. Ces coopératives sont au coeur du développement économique de leur
région respective, souvent fondé exclusivement sur la mise en valeur de la
forêt. Elles jouent un rôle moteur en termes de développement économique, de
développement social et de protection à long terme de l'environnement où
vivent leurs membres. La FQCF préconise, depuis longtemps, une mise en valeur
intégrée des ressources forestières, fondée sur une meilleure utilisation de
la ressource.




Renseignements :

Renseignements: Jocelyn Lessard, directeur général, Fédération
québécoise des coopératives forestières, (418) 651-0388, poste 324,
j.lessard@fqcf.coop

Profil de l'entreprise

Fédération québécoise des coopératives forestières (FQCF)

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