Emploi-Québec - Près d'un demi-milliard de dollars par année en sous-traitance, sans appel d'offres!



    QUEBEC, le 13 mars /CNW Telbec/ - Le Syndicat de la fonction publique du
Québec (SFPQ) dénonce la mauvaise gestion des deniers publics en matière
d'aide à l'emploi. A cet égard, le président général du SFPQ, Michel Sawyer,
souligne qu'Emploi-Québec accorde chaque année des contrats de sous-traitance
à plus de 550 organismes à but non lucratif (OBNL), et ce, sans appel d'offres
et sans véritable évaluation des besoins des collectivités desservies. De
plus, ces contrats, qui représentent plus de 480 millions de dollars pour
l'année 2004-2005, sont généralement renouvelés d'année en année et comportent
des clauses garantissant le plein paiement du contrat même si les services à
la population ne sont pas rendus.

    Le Vérificateur général s'en mêle

    Plusieurs des inquiétudes soulevées par le SFPQ à ce sujet sont
d'ailleurs partagées par le Vérificateur général du Québec, M. Renaud
Lachance, qui, dans le tome II de son rapport déposé à l'Assemblée nationale
le 12 décembre dernier, soulignait que l'utilisation des ressources externes
par Emploi-Québec "n'est pas faite avec un souci suffisant d'économie et
d'efficience", qu'Emploi-Québec "ne s'assure pas de payer un juste prix" et
que "le suivi exercé sur les ententes avec les intervenants externes est
également déficient". Par ailleurs, le Vérificateur estime qu'Emploi-Québec
"n'a pas évalué non plus s'il est moins coûteux d'avoir recours aux ressources
externes que d'offrir elle-même le service".
    Pourquoi en est-il ainsi? Le Vérificateur général apporte un certain
éclairage sur la question lorsqu'il écrit "les ententes sont généralement
signées d'année en année avec les mêmes ressources externes et il arrive
souvent que les montants sont reconduits sans tenir compte suffisamment de
l'atteinte des résultats et sans effectuer une évaluation adéquate des
besoins. Notons que, comme bon nombre d'OBNL concernés par les mesures sont
fortement financés par le gouvernement, une révision à la baisse de leur
financement pourrait remettre en cause leur viabilité". Selon Michel Sawyer,
dans bien des cas, ce sont les besoins de la ressource externe qui dictent
l'offre de services d'Emploi-Québec et non ceux des citoyennes et des citoyens
et du marché de l'emploi.

    Multiplication des portes d'entrée

    Le SFPQ rappelle qu'en 1998, Emploi-Québec a été créé par la fusion des
services offerts par la Société québécoise du développement de la
main-d'oeuvre (SQDM), par la Direction des ressources humaines du Canada
(DHRC) et par les centres Travail-Québec. A l'époque, le gouvernement
souhaitait, à juste titre, doter le Québec d'un guichet unique en matière
d'aide à l'emploi, et ce, afin d'éviter aux citoyennes et aux citoyens le
fardeau de frapper à plusieurs portes pour trouver les services dont ils
avaient besoin. C'est ainsi qu'ont été mis en place les 143 centres locaux
d'emploi actuellement répartis sur l'ensemble du territoire québécois.
    "De cette façon, une personne pouvait compter sur un agent
d'Emploi-Québec pour l'accompagner tout au long de son processus de retour en
emploi. On évitait ainsi les dédoublements improductifs, notamment parce que
le recrutement et l'évaluation de l'employabilité relevaient du personnel
d'Emploi-Québec et non des ressources externes elles-mêmes, comme c'est le cas
actuellement", précise Michel Sawyer. Malheureusement, poursuit-il, près de
dix ans plus tard, les ressources externes foisonnent; elles peuvent procéder
au recrutement direct de leur clientèle, et empocher des milliers de dollars
pour offrir des services qui ne sont pas toujours rendus. A cet égard,
soulignons que pour l'année 2004-2005, en terme de services offerts, la cible
atteinte par les ressources externes est de 65,8 %.

    Où est la complémentarité?

    Le SFPQ ne s'oppose pas au recours à certaines ressources externes
oeuvrant dans le domaine de l'employabilité. Cependant, de l'avis du Syndicat,
il importe que les centres locaux d'emploi redeviennent l'unique porte
d'entrée pour avoir accès à des services d'aide à l'emploi et, par le fait
même, que le recrutement et l'évaluation de l'employabilité soient effectués
par le personnel des CLE afin d'offrir un suivi et un accompagnement adéquat
aux citoyennes et aux citoyens. Par ailleurs, les services offerts par les
ressources externes devraient être complémentaires à l'offre de services
d'Emploi-Québec, notamment pour combler les besoins spécifiques de certaines
clientèles, comme les personnes handicapées, par exemple. Ce faisant, les
ressources externes offriraient des services différents de ceux que l'on
retrouve dans un CLE. Selon Michel Sawyer, il est temps pour Emploi-Québec
d'établir son offre de services en fonction des besoins réels des
collectivités qu'elle doit desservir et non en fonction des besoins de
financement des OBNL, qui se sont multipliés au fil des ans dans le secteur de
l'aide à l'emploi, alors que le taux de chômage a plutôt diminué durant la
même période.
    Enfin, le SFPQ réclame des partis politiques qu'ils s'engagent
formellement à revoir les règles d'attribution des contrats d'aide à l'emploi
confiés à des ressources externes par Emploi-Québec afin de les rendre
conformes à de saines pratiques de gestion des deniers publics.




Renseignements :

Renseignements: Stéphane Caron, Agent d'information, (418) 623-2424,
poste 338, Cell. : (418) 564-4150

Profil de l'entreprise

Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec

Renseignements sur cet organisme


FORFAITS PERSONNALISÉS

Jetez un coup d’œil sur nos forfaits personnalisés ou créez le vôtre selon vos besoins de communication particuliers.

Commencez dès aujourd'hui .

ADHÉSION À CNW

Remplissez un formulaire d'adhésion à CNW ou communiquez avec nous au 1-877-269-7890.

RENSEIGNEZ-VOUS SUR LES SERVICES DE CNW

Demandez plus d'informations sur les produits et services de CNW ou communiquez avec nous au 1‑877-269-7890.