Élections fédérales: Les Premières Nations veulent un débat sur le
sous-financement de leur éducation

GATINEAU, QC, le 12 sept. /CNW Telbec/ - Près de 300 parents, jeunes et chefs de différentes communautés des Premières Nations du Québec manifestent aujourd'hui devant les bureaux du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) pour dénoncer le scandale du sous-financement chronique de leur éducation. Ils demandent que le financement de leur éducation devienne un enjeu de la campagne électorale fédérale.

Soulignons que l'éducation des Premières Nations est financée selon une vieille formule fédérale établie en 1988 qui n'a subi aucune indexation au coût de la vie depuis 1996. Les écoles des Premières Nations ne sont donc pas en mesure d'offrir des services ni des conditions salariales comparables à ceux des autres écoles canadiennes. De plus, cette formule n'a jamais été révisée en fonction des nouveaux développements et des coûts en éducation, contrairement aux écoles des réseaux provinciaux. Cette formule ne tient aucunement compte des coûts aussi importants que ceux permettant de faire fonctionner des bibliothèques, d'offrir des programmes de formation professionnelle, d'organiser des activités de sports et de loisirs ou de suivre les développements technologiques.

Il y a cinq ans, sous la pression croissante des Premières Nations, AINC s'engageait à réviser cette formule de financement désuète. Or, cela n'a toujours pas été fait. Voilà pourquoi des parents et des jeunes accompagnés de leurs chefs sont venus aujourd'hui à l'administration centrale d'AINC pour dire que cette situation scandaleuse a assez duré, d'autant plus que des études illustrent le sous-financement, non seulement de leurs écoles, mais aussi pour ceux qui souhaitent poursuivre des études postsecondaires.

Gilbert Whiteduck, chef de la communauté algonquine de Kitigan Zibi, est catégorique : "La démonstration du sous-financement de l'éducation des Premières Nations n'est plus à faire. Les Premières Nations se sont prêtées à un grand nombre d'études et de consultations qui ont toutes confirmé ce sous-financement et l'importance d'investir en éducation. Malgré cela, le gouvernement fédéral, qui est responsable de l'éducation des Premières Nations, a toujours refusé d'augmenter le financement sur la base de ces études et consultations." Pour le chef Whiteduck, il est plus que temps que le gouvernement fédéral respecte enfin ses engagements et ses responsabilités.

Lise Bastien, directrice du Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), a tenu à rappeler qu'"à deux reprises, le ministre des Affaires indiennes a menacé de s'attaquer au financement d'organisations des Premières Nations qui manifesteraient pour dénoncer la situation. Les chefs des communautés membres du CEPN ne prennent pas à la légère une telle menace. Ils refusent de se taire et d'accepter des conditions qui compromettent un droit aussi fondamental que celui de recevoir une éducation de qualité comparable à celle offerte aux autres citoyens canadiens."

Le CEPN a lancé une campagne (www.avenir-future.com), il y a un peu plus d'un an, pour sensibiliser la population au sous-financement chronique de l'éducation des Premières Nations. Depuis, d'autres voix ont également dénoncé cette situation, dont celle du ministre des Affaires indiennes du gouvernement provincial de l'Ontario et celle du premier ministre du Québec.

Réf. : McGuinty gets credit for making native people a priority - Nov. 30, 2007 04:30 AM - Ian Urquhart (extrait du ministre des Affaires indiennes Bryant - Traduction libre)

"La province pourrait, par exemple, accepter de prendre la relève pour la

responsabilité des écoles dans les réserves, la façon de faire d'Ottawa

demeurant incompréhensible en ce domaine. Cependant, les écoles dans les

réserves reçoivent un montant substantiellement moindre par élève que le

reste des écoles de la province. Ainsi, la province voudrait qu'Ottawa

nivelle le financement avant d'envisager un tel transfert."

Réf. : Les provinces prient Ottawa de rencontrer les autochtones - La Presse canadienne, Édition du jeudi 17 juillet 2008

M. Charest a affirmé que le financement de l'éducation, dans les

communautés autochtones, serait l'une des priorités à discuter lors d'une

éventuelle rencontre. Au Canada, a-t-il rappelé, les dépenses dans

l'éducation des enfants issus des Premières Nations sont deux fois moins

élevées que pour ceux provenant des autres communautés. "En soi, ce

chiffre parle beaucoup, a-t-il dit. Il y a plusieurs priorités. On ne

veut pas fermer la porte, d'ailleurs."

La grand chef de la Nation Atikamekw, Éva Ottawa, a qualifié de scandale la situation du maintien du sous-financement chronique de l'éducation des Premières Nations. "Cette situation inacceptable est un véritable scandale. Cela est d'autant plus inexcusable qu'au nom du Canada, le premier ministre Harper, en date du 11 juin 2008, formulait des excuses pour le scandale des pensionnats. Le déclenchement des élections fédérales sera certes l'occasion pour nous, les chefs, de demander à tous les partis politiques de nous indiquer clairement s'ils entendent poursuivre cette politique de sous-financement chronique de l'éducation des Premières Nations ou y mettre fin sans tarder."

Le CEPN est un organisme qui représente vingt-deux communautés du Québec depuis plus de vingt ans. Sa mission principale est de défendre les intérêts des communautés des Premières Nations en vue d'améliorer les services éducatifs offerts à tous les élèves et étudiants des Premières Nations.

Pour obtenir plus d'information sur le CEPN ainsi que sur sa campagne de sensibilisation, vous pouvez visiter son site Internet, au www.cepn-fnec.com.

SOURCE Conseil en éducation des Premières Nations

Renseignements : Renseignements: Thanissa Lainé, agente de communication, CEPN, Cell.: (418) 932-4351; Raymond Sioui, directeur adjoint, CEPN, Cell.: (418) 932-4328

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